L’apport des musulmans pour l’Humanité

Comme nous l’avions déjà montré, les musulmans, ont, tout au long de l’histoire, enrichi considérablement les mathématiques, la physique, la chimie, la médecine, l’astronomie, l’optique, la philosophie, l’art, la musique, la littérature, la métaphysique, l’éthique, la spiritualité la cryptographie, la psychologie, l’histoire, la sociologie, les religions comparées, l’épistémologie, l’éducation, les sciences économiques et politiques, l’informatique, les neurosciences, et d’autres domaines encore.

    Mais à en croire les médias, les seules choses à retenir de la communauté musulmane, seraient le « terrorisme islamiste » et la « délinquance ». Or, l’immense majorité des musulmans à travers le monde, est engagée dans des projets et des associations humanitaires, dans la recherche scientifique, dans le soutien scolaire aux jeunes ou aux défavorisés, dans les services sociaux, dans l’aide aux réfugiés, etc.

   En Grande-Bretagne, les pakistanais sont ceux qui sont les plus généreux en termes de donation. Ils sont aussi très bien organisés, généralement très actifs professionnellement, et très bien cultivés (beaucoup ont des diplômes universitaires).

    A l’échelle étatique, la Turquie est le premier pays au monde en termes d’aides humanitaires et de combat contre l’oppression (malgré les difficultés internes du pays), et c’est aussi le pays qui compte le plus de réfugiés ces dernières années (environ 4 millions de réfugiés, dont environ 3,5 millions de syriens). Ce que l’on pourrait reprocher à certains turcs, c’est le fait de rabaisser parfois un peu les autres ethnies, quand ils prétendent que « les autres ne font rien », ce qui est faux. Mais beaucoup de turcs ne sont pas racistes ni nombrilistes. Dans les zones syriennes libérées des organisations terroristes marxistes et daeshites, tout comme des terroristes loyalistes fidèles au régime syrien, la Turquie y construit des cliniques, des écoles, des universités, des plaines de jeux, des boulangeries, des usines et des centrales électriques, là où les organisations terroristes et le régime syrien se contentent de tout détruire et de semer la terreur auprès de la population civile.

   En France et en Belgique, les maghrébins sont très actifs et généraux également, malgré une mauvaise organisation interne et un manque de ponctualité. Les nouvelles générations fréquentent en masse les facultés, les hautes écoles et les universités (en histoire, médecine, sociologie, neuropsychologie, physique, sciences-po, etc.).

   Au Royaume-Uni, la communauté la plus généreuse est celle des musulmans selon plusieurs sondages[1]. En 2014, David Cameron, alors Premier ministre, qui s’était souvent attiré des critiques pour ses occasionnels commentaires abrasifs sur les musulmans et leurs institutions, a reconnu les efforts de la communauté musulmane : « La charité est l’une des choses essentielles dans l’islam. Ici, en Grande-Bretagne, les musulmans sont nos principaux donateurs – ils donnent plus aux associations que tout autre groupe confessionnel »[2].

   Au niveau des pays, la Turquie est devenue en 2018, le premier pays en termes d’aides humanitaires. En effet, selon le rapport 2018 des Aides humanitaires mondiales dressé par l’Organisation des initiatives de développement, implantée en Angleterre, la Turquie est devenue en 2017, le pays réalisant le plus d’aides humanitaires avec un montant de 8,07 milliards $, et cela, que pour l’étranger, car le bilan ne prend pas en compte toutes les aides fournies par la Turquie à environ 4 millions de réfugiés (environ 43 milliards d’euro déboursés en 10 ans rien que pour les réfugiés en Turquie)[3]. Les Etats-Unis viennent juste après, mais sachant qu’ils détournent une partie des aides (ou imposent des conditions parfois injustes) et qu’ils pillent aussi les ressources d’autres pays, et que cela ne représente presque rien par rapport à son revenu national (0, 04%), contre 0,85% pour la Turquie. En 2018, les agences de l’Union Européenne se plaçaient seulement au 4e rang avec 2,24 milliards de dollars.

   Les 23 et 24 mais 2016, la Turquie avait accueilli le 1er Sommet Mondial de l’Aide Humanitaire. Dans sa volonté d’assurer la stabilité, la justice et l’ordre dans l’ensemble de la planète, la Turquie est devenue aujourd’hui un des principaux acteurs dans le domaine de la diplomatie humanitaire grâce à ses multiples efforts et ses actions[4].

   « La Turquie est le seul pays à avoir offert en 2016 des aides au Myanmar, en Irak, en Palestine, en Ethiopie, en Macédoine, en Equateur et à Haïti.  Dans son entreprise visant à assurer la stabilité, la justice et l’ordre dans l’ensemble de la planète, la Turquie est devenue aujourd’hui un des principaux acteurs dans le domaine de la diplomatie humanitaire grâce à ses efforts inlassables et ses multiples actions. Selon un Rapport sur l’aide humanitaire internationale 2015, la Turquie s‘est placée deuxième derrière les Etats-Unis dans le classement des pays donateurs, avec 3,2 milliards de dollars d’aides en 2015. De plus la Turquie a offert une enveloppe de 3,9 milliards de dollars pour les aides au développement. Par ailleurs, en réservant 0,37% de son PIB national aux aides humanitaires, la Turquie a été choisie comme étant « le pays le plus généreux du monde ». Le Royaume-Uni, les institutions de l’Union européenne et l’Allemagne ont été précédés par la Turquie dans ce classement. Parmi les principales aides humanitaires de la Turquie, figurent notamment les opérations d’aides acheminées après le séisme de 2004 en Asie du Sud-est, le séisme de 2005 au Pakistan, la crise humanitaire de 2006 au Liban, la crise de Gaza qui s’est intensifiée en 2008, les séismes qui ont secoué Haïti et le Chili en 2010, les inondations du Pakistan la même année, le séisme de 2011 au Japon, le cyclone de 2013 aux Philippines et les crises humanitaires survenues en Libye et en Somalie.

En 2016, des aides humanitaires ont été acheminées au Myanmar, en Irak, à Gaza, en Ethiopie pour lutter contre la sécheresse, en Macédoine et au Sri Lanka pour lutter contre les inondations, à Haïti, frappé par un ouragan, et en Equateur qui a été secoué par un puissant séisme.

Par ailleurs, la Turquie est l’un des pays qui déploie le plus d’efforts pour alléger les effets de la crise humanitaire syrienne. (…) Les activités intensives dans le domaine des aides humanitaires de la Turquie sont dispensées principalement à travers l’agence de Coopération et de Coordination de la Turquie (TIKA), la Direction turque des Catastrophes Naturelles et des situations d’urgences (AFAD), le Croissant Rouge turc (Kizilay), ainsi que d’autres organisations non-gouvernementales.

La TIKA intervient dans les programmes de développement dans plus de 140 pays grâce à ses 52 bureaux de coordination installés à travers le monde (…) »[5].

    Avec la crise du Covid-19 en 2020, alors que la France avait volé les masques et autres matériels médicaux destinés à la Suède, à l’Espagne et à l’Italie. Lors d’un entretien sur une plateforme sociale, le 14 avril 2020, Yavuz Selim Kiran, vice-ministre turc des Affaires étrangères, a déclaré qu’au total 104 pays avaient sollicité l’aide d’Ankara. Ainsi, dès le mois de février, la Turquie a envoyé 200 000 masques, lunette de protections, combinaisons, désinfectants et des gants à la Chine qui était durement touchée à cette période : « Par la suite, son voisin, l’Iran qui a vu se multiplier les cas positifs a fait appel à la Turquie pour recevoir des kits de tests, des combinaisons, lunettes et masques. Le 24 mars, un avion-cargo a livré tout le matériel demandé. Lors d’une conférence de presse tenue le 21 mars, le ministre turc de la Santé, Fahrettin Koca, a déclaré que la Turquie avait fourni aux États-Unis 500 mille kits de test de coronavirus. Ainsi, dès le mois de février, la Turquie a envoyé 200 000 masques, lunette de protections, combinaisons, désinfectants et des gants à la Chine qui était durement touché à cette période. Par la suite, son voisin, l’Iran qui a vu se multiplier les cas positifs a fait appel à la Turquie pour recevoir des kits de tests, des combinaisons, lunettes et masques. Le 24 mars, un avion-cargo a livré tout le matériel demandé. (…) Lors d’une conférence de presse tenue le 21 mars, le ministre turc de la Santé, Fahrettin Koca, a déclaré que la Turquie avait fourni aux États-Unis 500 000 kits de test de coronavirus. Après l’Italie, l’Espagne, les Balkans, Palestine, Israël, etc., c’est l’Angleterre qui est aidé par la Turquie. (…). Depuis, le début du mois d’avril, la Turquie enchaîne les aides médicales. Ainsi, le 1er avril, l’avion-cargo des Forces turques de type A-400M chargé de l’aide médicale a atterri à la base aérienne Torrejon en Espagne puis vers la base aérienne Pratica di Mare en Italie. La cargaison comptait notamment des masques de protection, des combinaisons de protection, des solutions de désinfection et des milliers d’autres produits fabriqués et confectionnés en Turquie. Une semaine plus tard, une nouvelle cargaison partait pour des pays proches de la Turquie. Ainsi, le pays en envoyé le 8 avril du matériel et des équipements médicaux à 5 pays des Balkans : la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro et la Macédoine du Nord. Deux jours plus tard, deux nouveaux pays ont reçu de l’aide médicale : la Libye et le Royaume-Uni. Encore une fois, c’est un avion-cargo militaire A400M des Forces armées turques qui a livré le matériel à Londres. Comme pour l’Espagne et l’Italie, le même message de solidarité se trouvait sur les colis. (…) Par ailleurs, malgré des relations tendues, Ankara a approuvé la vente de matériel médical à Israël pour des raisons humanitaires et que Tel-Aviv ferait la même chose en autorisant une aide turque similaire aux Palestiniens. Selon le porte-parole de la Présidence Turque, Ibrahim Kalin, l’Arménie avait aussi demandé de l’aide. Cette affirmation a été démenti par l’Arménie. Mais d’après le site d’information Straturka qui a analysé les données de vols, un avion de cargo arménien a bien atterri en Turquie sans plus de détails. Par ailleurs, l’Azerbaïdjan, la Bulgarie, la Colombie, l’Allemagne, la Hongrie, l’Indonésie, l’Irak, Chypre du Nord, le Pakistan, les Philippines, la Pologne, la Tunisie, le Yémen, le Kirghizistan, la Géorgie, Koweït et l’Irlande ont également bénéficié de diverses aides médicales de la part de la Turquie »[6].

    La Turquie est devenue le pays qui dépensait le plus d’argent en aide humanitaire depuis ces dernières années selon le rapport du Development Initiative’s (DI) Global Humanitarian Assistance. La Turquie a dépensé 7,6 milliards de $ pour l’étranger en aide humanitaire en 2018, – sans compter les milliards de $ dépensés pour les réfugiés syriens (arabes, kurdes, turkmènes, assyriens, …) et irakiens sur son propre sol -, tandis que l’aide humanitaire mondiale totalisait 29,6 milliards de $ en 2019, contre 31,2 milliards de $ en 2018. Après la Turquie, on trouve dans ce rapport, les États-Unis avec 7 milliards de $, l’Allemagne avec 3,3 milliards de $, le Royaume-Uni avec 3,1 milliards de $ et l’Arabie saoudite avec 1,4 milliard de $. Les dépenses d’aide humanitaire de la Turquie représentaient près de 0,84% du produit intérieur brut (PIB), tandis que les États-Unis ont fourni 0,03%, l’Allemagne 0,08%, le Royaume-Uni 0,11% et l’Arabie saoudite 0,18%. La Turquie, à elle seule, assurait ainsi 26% du budget mondial total pour l’aide humanitaire en 2019[7].

   Le Qatar aussi, finance de nombreux projets humanitaires, notamment avec Qatar Charity, qui a multiplié aussi les partenariats avec les agences des Nations Unies depuis 2011, et qui a fourni d’importantes aides aussi aux palestiniens victimes de l’oppression et des sanctions israéliennes. Au Sierra Leone, Qatar Charity a équipé l’un des centres de traitement de la maladie d’Ebola dans la ville de Lunsar[8]. L’association a aussi distribué de la nourriture ainsi que d’autres produits de première nécessité tels que des couvertures et des matelas d’une valeur de plus de $100 000 USD aux victimes du tremblement de terre au Népal en mai 2015[9]. Au Niger, l’association mène des projets de lutte contre la désertification. Elle y distribue des vivres aux personnes en situation de précarité alimentaire16. En parallèle, l’organisation investit fortement dans la modernisation du secteur agroalimentaire. Au Mali, Qatar Charity a construit un centre d’accueil pour les enfants déplacés par les conflits entre les forces de l’état et les rebelles. À l’été 2011, lors du mois de Ramadan, elle a, en partenariat avec d’autres organisations caritatives originaires de l’émirat dont le Croissant Rouge Qatari, débloqué près de 100 millions de dollars afin de répondre à la catastrophe humanitaire qui frappait la Corne de l’Afrique. Beaucoup d’autres actions de bienfaisance ont été menées par cette association. Mais comme il fallait s’y attendre, quand des musulmans engagés politiquement en faveur des opprimés et des résistants luttant contre la tyrannie et l’injustice dans des pays en guerre, sont rapidement suspectés de financer le terrorisme, mais que ce soit pour Qatar Charity ou pour BarakaCity, aucune preuve d’un soutien au terrorisme n’a pu être établie, malgré de nombreuses enquêtes et surveillances, – alors qu’ils travaillent dans plusieurs pays avec les Nations Unies ! -, tandis que les mêmes gouvernements les suspectant de financer le terrorisme, n’ont pas hésité à vendre des armes à des dictatures sanglantes et à soutenir financièrement et logistiquement des organisations terroristes marxistes dans plusieurs pays.

   Cependant, étant donné que certaines zones où des populations civiles dans le besoin vivent, sont dominées par des groupes armés divers, certaines concessions ont dû être faites afin qu’ils les distribuent aux civils dans le besoin, que ce soit dans les pays africains ou dans des pays du Moyen-Orient. Par ailleurs, même l’ONU a été soumis aux mêmes critiques, et pire même, puisque plusieurs responsables dans le domaine humanitaire, travaillant pour l’ONU, ont été dénoncés pour les agressions sexuelles envers des mineurs dans les pays où ils étaient envoyés[10]. Par ailleurs, en juillet 2019, l’ONU avait signé un accord avec l’organisation terroriste marxiste en Syrie, les FDS, en lien avec le PKK, et coupables de nombreux crimes de guerre. La Turquie avait fermement réagi contre la signature d’un accord entre l’ONU et les FDS qui est une organisation servant de paravent au groupe terroriste PKK. Le président turc Erdogan avait fait savoir que « le fait que l’ONU prenne une organisation terroriste comme interlocuteur, qu’elle s’assoie avec elle autour de la même table et signe un accord avec elle comme si elle reconnaissait un statut officiel, est, pour le moins que l’on puisse dire, un scandale »[11].

    Plus généralement, par rapport au Qatar : « Un responsable qatari a indiqué que l’année dernière, Doha a offert 577 millions de dollars, d’aides humanitaires à 55 pays étrangers, en plus de 4 milliards 450 millions de dollars de subventions, dans des projets de collaboration avec les Nations unies. L’agence de presse turque, Anadolu, a rapporté que Khalifa ben Jassim al-Kouari, le directeur général du fonds public qatari du développement, a signalé mardi soir lors d’une vidéoconférence : « Ces projets ont été répartis sur plusieurs principaux secteurs, comme ceux de l’aide humanitaire, de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure. (…) En fonction des consignes données par l’émir du pays, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le fonds a offert un soutien à certains pays en nécessité, pour faire face au coronavirus », avait-il ajouté. Il expliqua également que « le fonds qatari accordait une importance primordiale aux collaborations avec les Nations unies », notant que sa contribution dans le secteur de l’éducation était estimée à 728 millions de dollars, dans celui de la santé à 740 millions, et dans des buts de développement économique à 3 milliards de dollars »[12].

   Aux Etats-Unis, des médecins musulmans ouvrent une clinique pour les pauvres de toutes confessions : « La bien nommée Halim Clinic, appelée ainsi en hommage au Prophète Muhammad (saws), alias Al-Halîm, le Sérénissime, le plus aimable et le plus doux d’entre les hommes, a ouvert ses portes à Toledo, dans l’Ohio, en 2017, grâce à des médecins musulmans qui ont pour seul modèle le grand Homme de l’islam. Dans un comté où plus de 6% des habitants n’ont pas de couverture sociale, des praticiens musulmans ont uni leurs compétences pour soigner gratuitement  les êtres les plus vulnérables, de toutes confessions. « Nous prodiguons des soins de qualité aux patients pauvres, en nous inspirant de la bonté du Prophète » – Dr Mahmood Moosa, endocrinologue.

Après avoir soigné bénévolement des sans-abris dans la mosquée locale, l’idée de fournir une aide médicale gratuite dans un lieu dédié a germé. La clinique Halim a accueilli ses premiers patients en 2017 et ne désemplit pas depuis. « Nous faisons partie de la société américaine. Nous nous soucions de la santé nos concitoyens (…) » »[13].

   L’urologue marocain Karim Touijer a été élu meilleur médecin 2018 à New York par le Top Doctor Awards (Prix des meilleurs médecins) qui vise à sélectionner et à honorer les professionnels de la santé ayant démontré leur excellence tout en respectant les normes les plus élevées en matière de soins aux patients. Karim Touijer est un médecin spécialiste en uro-oncologie. Il pratique depuis plus de 26 ans. Sa carrière en médecine a débuté en 1992 lorsqu’il a été diplômé de la faculté de médecine de Casablanca. Après avoir émigré aux Etats-Unis, Karim Touijer a effectué un stage puis une résidence à l’École de médecine de l’Université du Kansas à Kansas City. Il a ensuite décroché une bourse en uro-oncologie au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York avant de faire une maîtrise en santé publique de la prestigieuse Chan School of Public Health (école de santé publique de l’Université de Harvard)[14].

   Mohammad Reza Shajarian (né le 23 septembre 1940 à Mashhad) nous a  quitté le 8 octobre 2020 (à Téhéran). Il était l’un des chanteurs et des musiciens de musique persane classique parmi les plus appréciés du pays. Ostad Mohammad Reza Shajarian apprend le chant spirituel dès ses 5 ans avec son père. À 12 ans il étudie le répertoire classique persan (radif) avec Esmaeil Mehrtash, Ahmad Ebadi, Reza Gholi Mirza Zelli, Ghamar Molouk Vaziri, Eghbal Azar, Gholam Hossein Banan et surtout Abdollah Davami. Il donne son premier concert à la radio à 19 ans. Il s’initie également au santûr sous la férule de Djalal Akhbari, puis de Faramarz Payvar. D’abord instituteur, il devient professeur à l’université de Téhéran, et travaille à la radio et télévision nationale où il a chanté avec les meilleurs instrumentistes persans : Parviz Meshkatian, Mohammad Reza Lotfi, Hossein Alizadeh et Faramarz Payvar. C’est aussi un calligraphe instruit par les maîtres Ebrahim Buzari et Hossein Mirkhani. Musulman et abreuvé à la spiritualité, – dont son art en était une émanation -, il était aussi très engagé, ne craignant pas la foudre de certaines autorités politiques corrompues. Son père était un qari et un hafiz ul Qur’ân. Lorsque son père décéda, il récita magnifiquement le Qur’ân pour l’enterrement de son père à la mosquée.

   3 femmes musulmanes (et voilées) d’origine égyptienne, scientifiques de profession, ont remporté le prix 2018 L’Oréal-Unesco pour les femmes dans la recherche scientifique, il s’agit de Marwa Balaha, de Noha Mostafa et de Amira El-Yazbi[15].

   Le gagnant du Prix UNESCO Avicenne d’éthique scientifique 2015 est le Professeur pakistanais spécialisé en biotechnologie et bioéthicien, Zabta Khan Shinwari.

   Le Professeur Zabta Khan Shinwari a été désigné le lauréat du Prix par Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, sur les recommandations d’un jury international indépendant de scientifiques et d’éthiciens. Le jury a souligné que le Professeur Shinwari pourrait être « un modèle » dans le domaine de l’éthique des sciences parce qu’il conjugue un engagement personnel remarquable à la fois à la recherche innovatrice, respectueuse de l’éthique, et à une science responsable basée sur des normes académiques élevées en matière de recherche, d’éducation et de gestion scientifiques[16].

   Ce sont aussi des Ce sont aussi de nombreux jeunes impliqués dans les développements informatiques, notamment en lien avec le monde des jeuxvidéos, notamment à travers des startups comme DreamNode ou WeRPlay.[17]

    Une femme musulmane voilée d’origine égyptienne, Heba Khamis, remporte le prix 2018 du World Press Photo Award[18]. Shirin Ebadi, née le 21 juin 1947 à Hamadan en Iran, est une avocate iranienne. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2003. Elle est la première Iranienne à recevoir ce prix. Elle obtient sa licence d’avocate en 1999 et défend différentes personnes victimes d’oppression.

    Tout au long de l’histoire aussi, des musulmans ont porté secours à des populations non-musulmanes en danger, ou en venant les libérer des régimes qui les persécutaient. Les populations en Syrie, en Irak, en Egypte et en Andalousie, – majoritairement des chrétiens -, appelèrent les musulmans (à l’époque des Compagnons et de leurs disciples) à venir les aider afin de les libérer des persécutions et des exactions commises par les autorités byzantines (Syrie, Irak, Egypte notamment) et les Wizigoths en Espagne. Ainsi, le Calife ‘Umar ibn al-Khattâb libéra de nombreux peuples en Syrie, au Liban, en Irak, en Egypte, dans les provinces perses, et protégea aussi bien les chrétiens et les juifs, notamment en Palestine, dans la péninsule arabique et dans d’autres provinces devenant musulmanes. Les autres communautés, comme les Sabéens, les Zoroastriens, les Berbères et les idolâtres, avaient aussi reçu sa protection.

    Au 11e siècle, les chevaliers du continent européen obéirent aux ordres du Pape Urbain II afin de s’emparer de Jérusalem, après que les Turcs empêchèrent certaines caravanes d’accéder à certaines routes en raison des violations des accords conclus, – rompus par les « Croisés ». Le 15 juillet 1099, depuis plus d’un mois, 1500 chevaliers assiègent Jérusalem mais sans succès, mais ils tenteront une nouvelle percée dans la ville sainte, grâce à 3 machines de siège nouvellement arrivées. Manquant de temps, les croisés sont pressés, car n’ayant ni eau ni nourriture, et craignant l’arrivée des troupes musulmanes se dirigeant contre eux, ils s’activent. Godefroy de Bouillon commande l’une des tours mobiles acheminées et son armée réussira alors à investir la cité, sonnant la chute de Jérusalem. Il aura fallu 3 ans aux Croisés pour reprendre temporairement Jérusalem aux mains des musulmans, depuis l’appel lancé à tous les Chrétiens, le 27 novembre 1095, à Clermont, par le Pape Urbain II : « Les prédicateurs relaient l’appel et galvanisent les hommes qui prennent la route de l’Orient avant même la date officielle. Ils sont 12 000 guerriers à participer à cette croisade populaire, qui multipliera les exactions avant d’être massacrée par les Turcs à Constantinople. Il faut dire qu’Urbain II leur a promis la rémission de leurs péchés ! Il tente ensuite de calmer leur ardeur en interdisant aux clercs de partir sans l’accord de leur supérieur ou aux jeunes époux sans celui de leur femme. Car en réalité, c’est avant tout aux preux chevaliers que son message s’adresse. Comme un seul homme, ceux-ci répondent présents. Pour eux, cet appel tombe à pic : l’heure est à la paix en Europe et les occasions de guerroyer sont rares. Délivrer Jérusalem leur offre une opportunité unique de combattre les ennemis du Christ et de se couvrir de gloire tout en faisant main basse sur un riche butin. (…) Après un périple de trois ans, émaillé de batailles difficiles et de maladies, les croisés arrivent aux portes de Jérusalem le 7 juin 1099. Ils ont perdu 90% de leurs effectifs au cours du voyage. Certains ont « oublié » leur mission, préférant le pouvoir au service de Dieu. Tel Bohémond de Tarente qui se proclame prince d’Antioche après la conquête de la ville. A leur arrivée, Jérusalem n’est plus aux mains des Turcs, mais des Fatimides. Ces derniers ont beau n’avoir jamais empêché les chrétiens d’y venir en pèlerinage, les croisés passent à l’attaque et conquièrent la ville. Raimond de Toulouse permet aux défenseurs de la citadelle de fuir. Les habitants réfugiés dans les mosquées ou les synagogues de l’esplanade du Temple, eux, sont tués. Lors du siège d’Antioche, en 1098, les croisés, menacés par la famine, vont carrément se faire cannibales et manger des Turcs. « Les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés », raconte le chroniqueur Raoul de Caen. Les croisés se livrent aussi régulièrement à des pillages, comme on peut le lire dans ce récit anonyme de la première croisade: « Nous nous emparions des bœufs, des chevaux, des ânes, et de tout ce que nous pouvions trouver. » Le plus important pillage est celui de Constantinople, en 1204. Pendant trois jours, les croisés ont volé de nombreuses œuvres grecques et romaines. On estime le montant du « butin » à 900000 marcs d’argent, une fortune à l’époque »[19].

   Une fois les croisés entrés dans la ville, presque tous les musulmans, les juifs et les chrétiens jugés trop favorables aux musulmans, et qui n’avaient pas fui furent massacrés ou exécutés sauvagement. Des récits indiquent que les juifs furent brûlés dans leurs synagogues, et tout cela se déroula en l’espace de 2 jours. Le bilan fait état de 10 000 morts pour les chrétiens, et de 70 000 pour les musulmans[20], estimation volontairement exagérée pour les besoins de la propagande (ici des Croisés, pour montrer leur puissance et effrayer leurs rivaux ou leurs ennemis), comme cela était la coutume lors des guerres entre puissances rivales, – exagération encore présente aujourd’hui dans certains conflits -.

  Plus tard, à l’époque de Salâhuddîn al-Ayyûbî, en 1183, Renaud de Châtillon conçut une expédition particulièrement audacieuse pour prendre La Mecque. Sa flotte partira au début de l’année 1183 et se dirigera vers les abords de Médine et de La Mecque. Mais Al-Adel, qui gouverne alors l’Égypte pour son frère Salâhuddîn, envoie une escadre qui détruit la flotte franque, et les membres armés de l’expédition seront capturés ou décapités. En 1187, Renaud de Châtillon rompt une nouvelle fois les trêves en attaquant et en pillant au début de l’an 1187 une caravane dans laquelle se serait trouvée la sœur de Salâhuddîn[21]. Ce dernier demanda alors réparation à Renaud qui refusera, puis à Guy de Lusignan mais qui se révèlera incapable de faire obéir son vassal[22]. Face aux violations répétées des trêves par Renaud de Châtillon, Salâhuddîn choisira d’abord la voie de la diplomatie, lui laissant une autre chance, le sommant de respecter la trêve, de relâcher les prisonniers et de restituer les biens saisis illégalement, mais Renaud répondit avec mépris et refusa les conditions légitimes posées par Salâhuddîn. Ce dernier réunit alors plus de 12 000 soldats et combattants à Damas, puis dès le mois de mars assiège la citadelle d’Al-Karak puis la citadelle de Shaubak, avant de se diriger vers Banias près de Tibériade.  L’appel de Salâhudîn dans le monde musulman, afin de mener le Jihâd militaire pour libérer Jérusalem eut un certain succès, à tel point que de grands savants musulmans (comme Ibn ‘Asâkir, Ibn Qudama Al-Maqdisî et d’autres) ainsi que des Saints sûfis (comme le célèbre Shaykh Abû Madyân[23]), abandonnèrent temporairement leurs travaux, recherches et fonctions d’enseignement, pour répondre à son appel.

   Les 4 et 5 juillet 1187, les troupes de Salâhuddîn remportent une victoire écrasante contre les Croisés dirigés par Guy de Lusignan, lors de la bataille de Hattîn, qui vit la mort de la plupart des combattants croisés, laissant ainsi les défenses de Jérusalem considérablement affaiblies. Cette victoire lui ouvre alors l’accès à la Palestine, et donc la voie pour libérer Jérusalem. Le 2 octobre 1187, les Croisés se rendent, – Salâhuddîn voulant éviter des bains de sang inutiles -. Elle n’est pas pillée, et les habitants sont réduits en esclavage ; seuls ceux qui peuvent se racheter sont libérés. Les Templiers négocient leur sortie. Salâhuddîn conclut ainsi un marché avec notamment Balian d’Ibelin préservant les lieux saints musulmans en échange de la sauvegarde des lieux saints chrétiens. Saladin en tenant sa promesse a évité de verser du sang. De même qu’il avait permis aux chevaliers de Saint-Jean d’Acre et d’Ascalon de s’exiler à Tyr, ceux de Jérusalem rejoignent aussi Tyr, dernier bastion de la résistance franque. En 1187, il reprend et libère Jérusalem de la domination des Croisés. Il permet aux chrétiens étrangers de quitter les villes libérées et de regagner sains et saufs la côte avec une partie de leurs biens, ce qui lui vaudra l’estime de ses adversaires. À Jérusalem, il rend à l’islâm l’église du Temple (mosquée al-Aqsa) mais laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre et rend aux juifs leurs synagogues, s’opposant ainsi à la politique inique et discriminatoire des Croisés. Pour autant, il ne faut pas diaboliser tous les « Croisés », puisque certains rois et commandants ont scellé des alliances solides ou circonstancielles avec des chefs musulmans également, qu’il y a eu aussi des périodes de paix[24], et que la chevalerie spirituelle musulmane inspira aussi de nombreux chevaliers chrétiens, formés ainsi à l’éthique et à « l’esprit chevaleresque ». Le sultan Malik al-Kâmil (« le Parfait »), avec qui des liens d’amitié s’étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa (le 11 février 1229), à cause duquel le Pape réaffiirme l’excommunication impériale en mars 1227[25].  Le traité est signé le 11 février 1229 par l’Empereur Frédéric II et le Sultan Al-Kâmil. Excommunié en 1227 pour ne pas avoir tenu sa promesse de mener la « guerre sainte » contre les musulmans, la signature d’un accord avec les musulmans ne pouvait satisfaire l’attitude belliqueuse du Saint Siège. Les chroniques d’époque laissent penser que les 2 hommes, qui se sont déjà bien entendus avant, ont simulé une bataille imminente évitée de justesse par la signature du traité de Jaffa. Cette possibilité est d’autant plus recevable que les 2 hommes qui sont amis ne souhaitaient certainement pas prendre les armes l’un contre l’autre alors qu’il était possible de l’éviter et de satisfaire malgré tout les 2 parties[26]. Frédéric II, par ce traité de paix évitant un massacre mutuel inutile, a donc dressé contre lui le Pape et les Ordres militaires, subissant les injures et la haine des « fanatiques » parmi les « Croisés ». Sa victoire est reçue par le peuple chrétien comme « la visite du « sultan d’Italie » à son ami, le sultan d’Égypte »[27].  C’est ce que l’on demande aux chefs dignes de ce nom, c’est-à-dire de privilégier la paix autant que possible tant que cela ne nuit pas à la sécurité de leur propre nation, même si cela contrarie le fanatisme d’une partie de la foule, et l’avidité des industries militaires ou de certains politiciens ou chefs militaires en manque d’opérations militaires et de gloire personnelle.

   Quelques siècles après, les Juifs d’Europe étaient menacés et persécutés, notamment en Espagne. Le Sultan ottoman Beyazid II avait ordonné la protection des juifs en 1492 car l’Espagne comptait expulser tous les juifs. Il enjoignit ainsi de ne pas repousser les juifs ni de leur créer des difficultés, mais de les accueillir convenablement. C’est ainsi que de nombreux juifs fuyant l’Espagne se virent ainsi protégés sous l’empire Ottoman, à l’abri des persécutions religieuses. En mars 1556, après que le pape Paul IV eut fait périr sur le bûcher 25 marranes (des juifs baptisés de force), le Sultan Sulaymân adressa au pape un message par lequel il exprimait son désir de voir la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers juifs, que le Sultan considérait dorénavant comme citoyens ottoman. Le souverain pontife dut céder devant l’insistance du Sultan : « La tolérance envers les autres communautés sous l’ère Ottomane était la norme, tandis que les tensions étaient l’exception » pour reprendre l’expression de nombreux historiens. Cette attitude envers les Juifs persécutés sera encore une nouvelle fois observée pendant la Seconde Guerre mondiale, où des diplomates turcs sauvèrent des milliers de Juifs en leur donnant des passeports avec lesquels ils se sont réfugiés en Turquie. Parmi les diplomates, Behic Erkin, ambassadeur à Paris de 1940 à 1943, Saffet Arikan, ambassadeur à Vichy (1942-44), et Kudret Erbey, consul général à Hambourg (1940-45). Certaines sources font état ainsi de plus de 20 000 juifs qui furent sauvés de cette manière.

   Né en 1902 (1320 H) en Algérie, Abdelkader Mesli est, après avoir été docker, charpentier puis employé des mines, nommé imam de la Mosquée de Paris à ses 28 ans. Au départ de la Seconde Guerre mondiale, il s’engage alors à sauver les juifs séfarades traqués par la Gestapo. Délivrant de faux certificats d’appartenance à l’islam, il en aurait sauvé entre 500 à 1600. Engagé aussi dans la résistance, il est finalement dénoncé peu avant la fin de la guerre et déporté à Dachau puis à Mauthausen-Ebensee. Il en reviendra le 24 mai 1945. Il n’avait, malgré les mauvais traitements subis, jamais dénoncé quiconque. Citons aussi Kaddour Benghabrit, qui, de 1942 à 1944 a recueilli des juifs persécutés et les a protégés : « Entre 1942 et 1944, la Mosquée de Paris qui, avec à sa tête Si Kaddour Benghabrit, a recueilli des juifs persécutés, la « lettre » rédigée en kabyle « Am arrach neY » (« Comme nos enfants ») qui, en juillet 1942, demandait aux ouvriers nord-africains de recueillir, de cacher et de protéger les enfants visés par l’opération « Vent printanier » du 16 et 17 juillet 1942 (rafle du Vel’d’hiv), témoignent de l’engagement de nos parents aux côtés des juifs persécutés »[28]. De nombreuses familles musulmanes, un peu partout en Europe, sauvèrent des juifs qui étaient recherchés par la Gestapo.

    Durant le 19e siècle, l’Irlande fut frappée d’une terrible famine, causant la mort de plus d’1 million de personnes, – le blocus imposé par les britanniques aux irlandais causa de terribles dégâts -, et 1 million d’irlandais migrèrent vers les Etats-Unis. Malgré l’interdiction imposée par l’Angleterre d’aider les Irlandais de façon conséquente, le Sultan Ottoman Abdülmecid Ier (1823 – 1861) envoya de l’argent et des cargaisons comportant des vivres aux Irlandais pendant la Grande Famine[29]. Les pommes de terre occupent une place particulière dans la culture irlandaise, car pendant des siècles, les habitants de l’île d’Émeraude ont dépendu de ce tubercule comme aliment de base. Une famine de 7 ans, au 19e siècle, baptisée « la Grande famine » ou « famine de la pomme de terre », a tué plus d’1 million de personnes en Irlande, et les histoires de cette époque ont laissé de profondes cicatrices sur la psyché nationale : « La famine en Irlande, qui était sous domination britannique à l’époque, a été déclenchée par le mildiou de la pomme de terre ou le mildiou, une maladie causée par un organisme semblable à un champignon et causant la décomposition. La plus grande catastrophe jamais connue en Irlande – Gorta Mor en gaélique – a forcé plus d’un million de citoyens à émigrer aux États-Unis, mais ceux qui étaient trop pauvres pour aller n’importe où, étaient condamnés à mourir de faim ou des maladies qui ont frappé les faibles et les mal nourris. Observant ces souffrances, le philanthrope anglais, James Hack Tuke, a déclaré que les habitants des régions les plus touchées « vivaient – ou plutôt mouraient de faim – de navets, d’anguilles de sable et d’algues, un régime que personne en Angleterre ne jugerait digne d’un animal ». La pire année de famine a été 1847, car elle n’a vu aucune amélioration des rendements des cultures des deux premières années du fléau. Mais c’est à cette époque, la pire année que fut 1847, qu’une aide inattendue est arrivée de loin.

– Aide du sultan ottoman. À des milliers de kilomètres de là, dans la capitale ottomane Istanbul, le sultan Abdülmecid Ier a été mis au courant de cette grande souffrance humaine, lorsque son dentiste, venu d’Irlande, lui a parlé de la situation désespérée. Le sultan a rapidement offert 10 000 livres sterling – un peu plus d’un million de livres à leurs valeurs actuelles (1,3 million de dollars) – pour aider les Irlandais affamés. Cependant, la reine Victoria avait déjà aidé l’Irlande avec 2 000 £, et ses conseillers à Londres refusèrent d’accepter toute offre dépassant l’aide de la Reine. Face à ce diktat, le sultan Abdülmecid Ier a volontairement réduit son offre d’aide initiale et a envoyé 1 000 £ à l’Irlande. Cependant, le sultan avait un désir farouche de fournir plus d’aide à cette cause humanitaire : « Il était impatient d’en faire plus, et c’est pourquoi il a ordonné à trois navires de transporter de la nourriture, des médicaments et d’autres nécessités urgentes en Irlande », a déclaré Levent Murat Burhan, ambassadeur de Turquie à Dublin, racontant ce qui s’est passé ensuite. S’adressant à l’agence Anadolu, Burhan a déclaré que l’opération d’aide historique avait été effectuée en catimini, car la marine britannique ne permettrait à aucun navire étranger d’accoster dans les ports de la capitale, Dublin ou Cork. « Les navires ottomans ont donc dû voyager plus au nord et acheminer l’aide au port de Drogheda », a expliqué Burhan. L’aide a été livrée aux quais de Drogheda sur la rivière Boyne, et c’est surtout à cet endroit que la générosité de l’Empire ottoman est encore dans les mémoires des locaux, 173 ans plus tard. Les visiteurs des musées de Dublin peuvent découvrir des monuments commémoratifs et des informations sur cette aide inoubliable des Turcs ottomans. Une plaque sur le mur d’un bâtiment central de Drogheda, dévoilée en 1995 par le maire Alderman Godfrey et l’ambassadeur de Turquie en Irlande (de l’époque), Taner Baytok, porte l’inscription suivante : « La grande famine irlandaise de 1847 – En souvenir et en reconnaissance de la générosité du peuple turc envers le peuple irlandais ». Lors d’une visite en 2010 à Ankara, la présidente irlandaise de l’époque, Mary McAleese, a exprimé la gratitude du peuple irlandais pour l’aide, affirmant que les habitants de Drogheda avaient « incorporé à leurs armoiries vos propres beaux emblèmes, un magnifique croissant et une étoile, et ils sont encore là à nos jours ». (…) Hormis la plaque commémorative au centre de la ville, le croissant et l’étoile sont gravés sur des pierres et peints sur les murs. Mais peut-être que la preuve la plus significative de la gratitude locale pour cette aide vient d’une lettre signée par des dignitaires locaux de Drogheda. Avec fierté, l’ambassadeur Burhan a montré à l’agence Anadolu une copie de la lettre dans sa salle officielle à Dublin. La lettre dit : « En tant que nobles, dignitaires et personnes irlandaises, nous remercions le sultan ottoman de sa généreuse assistance face à la famine. Il est inévitable que nous demandions l’aide des autres pays pour nous débarrasser de la menace de la faim et de la mort. La généreuse réponse donnée par le sultan ottoman aux appels à l’aide a également été un modèle pour les pays européens. Grâce à ce comportement précis, de nombreuses personnes ont été rétablies et ont échappé à la mort. Nous exprimons notre gratitude en leur nom et prions pour que le sultan ottoman et son pays n’aient pas à faire face à des catastrophes comme celle-ci ». (…) Un article intitulé « Un sultan bienveillant », écrit dans une revue religieuse, loue la générosité d’Abdülmecid Ier : « Pour la première fois, un souverain mahométan [musulman], représentant de nombreuses populations islamiques, manifeste spontanément une sympathie chaleureuse pour une nation chrétienne », a-t-il ajouté. « Que de telles sympathies, dans toutes les aimables œuvres caritatives de la communauté humaine, se cultivent et se maintiennent désormais entre les adeptes du croissant et de la croix ! ». Un journal nationaliste irlandais a également célébré l’approche philanthropique du sultan face à la famine irlandaise, saluant Abdülmecid Ier comme un « homme bon, humain et généreux ». « Fervent partisan du mahométisme [l’islam], il a agi dans le véritable esprit d’un disciple du Christ, et a donné l’exemple que de nombreux chrétiens feraient bien d’imiter ». Le légendaire romancier irlandais James Joyce, a même fait référence à l’aide d’Abdülmecid Ier dans son chef-d’œuvre « Ulysse ». « Même le Grand Turc nous a envoyé ses piastres », dit l’un des personnages du livre, critiquant le manque d’aide des Britanniques en ces temps difficiles »[30].

    En Syrie, lors du massacre de Damas du 9 au 18 juillet 1860 des Druzes à l’encontre des Chrétiens, des milliers de chrétiens furent sauvés par l’émir Abd al-Qadîr (1808-1883), qui intervint au péril de sa vie, ce qui lui valut l’admiration, même de ses opposants en France[31].

   En Chine, les premiers contacts entre les musulmans non-chinois et les chinois non-musulmans sont pacifiques, fondés avant tout sur la diplomatie et le commerce. Le calife ‘Uthmân ibn Affân (proche compagnon bien-aimé et gendre du Prophète) envoie une ambassade en 651, dirigée dit-on par Sa`d ibn Abi Waqqas (il y a un doute uniquement sur ce point cependant). Après avoir reçu cette ambassade, l’empereur Tang Gaozong aurait ordonné la construction de la mosquée commémorative de canton, la première mosquée du pays, en mémoire du Prophète[32]. Mais à l’époque omeyyade, la Chine poussait ses ambitions territoriales en direction de l’empire Omeyyade et vice-versa, et en 717, les Tang infligent une défaite à une coalition menée par les troupes omeyyades lors de la bataille d’Aksou. Mais en 751, c’est au tour des troupes abbassides (qui ont succédé aux omeyyades) de vaincre les Chinois non-musulmans lors de la bataille de Talas, qui marque la fin de l’expansion vers l’ouest des Tang. La situation change avec la révolte d’An Lushan, qui plonge la Chine dans une guerre civile particulièrement sanglante et oblige les Tang à se recentrer sur la politique intérieure. En 756, des soldats musulmans sont envoyés au Gansu pour aider l’empereur Tang Xuanzong dans sa lutte contre Lushan. Quelques décennies plus tard, une alliance est conclue entre les Tang et les Abbassides pour contrer les attaques tibétaines en Asie centrale. Enfin, le calife Hârûn ar-Rashîd envoie une mission diplomatique à Chang’an, la capitale des Tang. Par la suite, des musulmans formés aux sciences (notamment l’astronomie, les mathématiques et la médecine) furent appelés sous la dynastie Yuan, notamment par Kubilaï Khan, pour construire par exemple un observatoire et mettre sur place une institution dédiée aux études astronomiques[33]. Jamal ad-Din, un astronome persan, présente à Kubilaï plusieurs instruments astronomiques persans. Les travaux des géographes islamiques arrivent également en Chine sous la dynastie Yuan et sont utilisés plus tard sous la dynastie Ming pour dessiner les régions occidentales du Da Ming Hun Yi Tu, la plus ancienne carte du monde originaire d’Asie de l’Est encore existante.

   Des médecins musulmans ont été actifs en Chine à cette époque et des textes médicaux arabes, concernant notamment l’anatomie, la pharmacologie et l’ophtalmologie, ont largement circulé dans tout l’empire. Kubilai Khan, qui souffrait d’alcoolisme et de goutte, a accordé un statut élevé aux médecins. De nouvelles plantes et médicaments en provenance du Moyen-Orient stimulent la pratique médicale. L’étude traditionnelle chinoise des herbes, des drogues et des portions de plantes fait l’objet d’un regain d’intérêt et de nouvelles publications.8 L’un des textes médicaux issus du monde musulman est le Canon de la médecine d’Avicenne, dont une grande partie est traduite en chinois et incorporée dans le Hui Hui Yao Fang; un livre médical rédigé à la demande de kubilai khan sous la direction de l’interprète et scientifique syrienne nestorienne Isa Tarjaman[34]. L’architecte musulman Amir al-Din a appris les codes de l’architecture chinoise et les a utilisés pour concevoir et construire la nouvelle capitale de la dynastie Yuan, Dadu, aussi connue sous le nom de Cambaluc[35]. Amir al-Din a également aménagé l’île Qionghua, qui se trouve dans le lac du parc Beihai au centre de Pékin. Parmi ces aménagements, on trouve le pont Yong’an (« pont de la paix éternelle »), situé au sud de l’île et qui la relie à la terre ferme, qui fut construit en 1331,

    En Corée, depuis le milieu du 7e siècle, des marchands musulmans ont traversé la Chine de la dynastie Tang depuis le monde musulman et ont établi des contacts avec Silla, l’un des 3 royaumes de Corée de l’époque[36]. pendant la période Silla unifiée, où arrivèrent des marchands et des navigateurs arabes et persans. D’après de nombreux géographes musulmans, dont Ibn Khurradadhbih, beaucoup de ces marins se sont établis en Corée, créant des villages musulmans (Hee-Soo Lee a dénombré les écrits de plus de 15 géographes arabes sur Silla). Les relations commerciales entre le monde musulman et la Corée se sont poursuivies jusqu’au 15e siècle, pendant la période Joseon. Des marchands musulmans d’Asie centrale et du Proche-Orient se sont à nouveau établis en Corée. Ainsi, le clan Jang, dans le village de Toksu, affirme descendre d’une famille musulmane. Certains musulmans du peuple Hui, de Chine, ont probablement vécu dans le royaume de Goryeo[37].  Le royaume Goryeo a continué à avoir quelques relations avec le peuple musulman des Ouïghours. Pendant la période Goryeo tardive, il y avait des mosquées dans la capitale Gaesong. Lors de leur domination de la Corée, les Mongols firent appel aux Ouïghours pour administrer le territoire, en raison de leur maîtrise de l’écriture et du commerce. Au moins 2 de ces Ouïghours s’établirent définitivement en Corée et formèrent des clans : Jang Sunnyong et Seol Sun.

  Au 20e siècle, la guerre de Corée oppose, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953, la République de Corée (Corée du Sud), soutenue par les Nations unies (alors sans la représentation de la République populaire de Chine, la République de Chine (Taïwan) y étant alors reconnue), à la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), soutenue par la République populaire de Chine et l’Union soviétique. Elle résulte de la partition de la Corée à la suite d’un accord entre les Soviétiques, ayant libéré la Mandchourie et le Nord de la Corée et les Alliés victorieux de la guerre du Pacifique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’un des premiers conflits importants de la Guerre froide. Cette guerre fratricide aura causé la mort d’environ 3 à 4 millions de personnes (dont 2 à 3 millions de civils)[38]. La Turquie enverra des troupes pour aider la Corée du Sud lors de cette guerre, sous la direction du général de brigade Tahsin Yazıcı, le premier contingent turc est constitué d’un bataillon, composé de 5090 volontaires, dont 259 officiers, de 18 fonctionnaires militaires, de 4 fonctionnaires civils, de 395 sous-officiers et de 4414 soldats. Le contingent turc débarque le 12 octobre 1950 à Pusan. Plus tard, les effectifs du contingent turc seront augmentés, pour atteindre ceux d’un régiment, puis ceux d’une brigade. Le contingent turc aura au total, au cours de la guerre, 741 morts et 2 147 blessés, mais aussi 234 prisonniers détenus par les forces nord-coréennes et 175 disparus[39].

   En 1868, au début de l’ère Meiji, rares sont les pays asiatiques non-occupés par des Européens, c’est donc dans ce contexte géopolitique que l’Empire ottoman et le Japon noueront des relations diplomatiques, afin de résister aux pressions belliqueuses européennes[40]. En 1890, Abdülhamid II vient visiter le Japon à bord du navire Ertuğrul3, qui abrite plus de 600 officiers et soldats commandés par le général Osman Pasha. Au retour, un ouragan fait 533 morts à bord du navire, dont le frère du sultan. Deux bateaux japonais ramènent les survivants à Istanbul[41]. Le naufrage du navire de guerre ottoman provoqua un courant de sympathie chez les Japonais (qui collectèrent de l’argent pour les victimes et leurs familles) et contribua à consolider les relations diplomatiques naissantes entre les deux pays[42]. En février 1891, un cimetière fut aménagé afin d’accueillir les dépouilles des marins de la sublime Porte. Il est situé dans la localité de Kushimoto, à proximité d’un phare[43]. En 2016, la découverte de pièces ottomanes datant du 17e siècle lors des fouilles archéologiques menées au château de Katsuren sur l’île d’Okinawa dans le sud du Japon, interroge sur la présence « ottomane » au Japon avant le 19e siècle[44].

   En 1905, le Japon remporte la guerre russo-japonaise ; la Russie ayant longtemps colonisé et persécuté les musulmans d’Asie centrale, cette victoire attire l’attention des pays musulmans concernés. Ainsi, Mehmet Akif et Abdurreçid Ibrahim font l’éloge du Japon en Turquie, tandis qu’en Iran, Adib Pishāvari rédige un poème épique intitulé Mukado-nāmeh en l’honneur de l’empereur Meiji. La même année, des prisonniers de guerre russe construisent la première mosquée du Japon, à Osaka[45].

    Lors du génocide qui eut lieu au Rwanda en 1994, avec l’implication de la France, de nombreux civils trouvèrent refuge auprès des musulmans, – notamment dans leurs mosquées -, échappant ainsi à une mort certaine. Les superstitions de la région faisaient dire à certains que les mosquées étaient des endroits « maudits » ou « sataniques », raison pour laquelle les génocidaires n’osaient pas y entrer pour poursuivre leurs massacres : « Pendant le génocide rwandais, l’islam étant une foi n’a pas été la principale cible du génocide. Les Musulmans ont été en mesure de protéger la plupart des musulmans des massacres, ainsi que de nombreux non-musulmans Tutsis. Selon Marc Lacey du The New York Times, l’endroit le plus sûr pendant le génocide était un quartier musulman. À Kigali, un grand nombre de musulmans du Rwanda étaient entassés dans le quartier de Biryogo. Lorsque les milices hutus entourèrent le lieu, les musulmans Hutu n’ont pas coopéré avec les tueurs hutu. Les musulmans Hutu dire qu’ils se sentaient beaucoup plus connectés à travers la religion que par l’appartenance ethnique, les musulmans Tutsi ont été épargnés. Alors que la plupart des musulmans Hutu sauvaient des Tutsis musulmans, ils ont également sauvé la vie de milliers de Tutsis chrétiens aussi. Les Imams parlaient publiquement contre les meurtres, exhortant leurs fidèles à ne pas prendre part dans les massacres »[46]. Plusieurs imâms, comme Rashid Bagabo (imâm de la mosquée Mabare) ou le Shaykh Saleh Habimana, ont sauvé de nombreuses personnes chrétiennes d’une mort certaine[47].

    Un article relatait le discours du Shaykh Salih Nshimimana qui était témoin des événements en 1994 : « Le génocide vécu dans le pays en 1994 a été un tournant décisif pour les Musulmans rwandais, a déclaré l’adjoint du Mufti du Rwanda, le cheikh Salih Nshimimana. Nshimimana s’est entretenu avec le correspondant de l’Agence Anatolie à propos de l’évolution de l’Islam au Rwanda après le génocide.  L’aide apportée par les Musulmans aux Tutsis et Hutus modérés qui leur ont demandé refuge lors du génocide vécu dans le pays il y a 23 ans et qui a duré environ 100 jours n’a pas été oubliée par le peuple rwandaisnote Nshimimana qui ajoute :  « Nous louons Allah pour l’attitude des Musulmans lors du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. Les Musulmans ont protégé les victimes sans faire de distinction de religion. Cela n’a pas été chose facile. Conformément à ce que nous a enseigné le Coran, les Musulmans ont porté secours à leurs frères victimes du génocide sur la base du fait que tous sont des êtres humains, sans se préoccuper du fait qu’ils soient Chrétiens ou d’une autre religion ».

– « Nous jouissons de tous les droits accordés au Rwandais »

Nshimimana a insisté sur le fait qu’avant le génocide les Musulmans étaient privés de nombre de droits et soumis, à l’instar des Tutsis, à un traitement discriminatoire et à l’exclusion. Avant le génocide, les Musulmans étaient privés du droit à l’identité ainsi que de la possibilité d’être scolarisés, de travailler dans les institutions publiques et de vivre dans les centres-villes précise Nshimimana qui poursuit : « Après le génocide, Allah nous a accordé un bon dirigeant (le Président du Rwanda, Paul Kagame) et un bon gouvernement. Dieu soit loué, maintenant les Musulmans jouissent de tous les droits au même titre que tous les autres Rwandais. Nous pouvons nous rendre dans les mosquées en toute quiétude. Nous pouvons envoyer nos enfants dans les écoles sans subir de discriminations. Nous jouissons de tous les droits des Rwandais. Avant le génocide, les dirigeants traitaient les Musulmans du pays comme des étrangers mais après le génocide les Musulmans ont pu bénéficier de tous les droits. Le destin des Musulmans a changé ».

– « Après le génocide, le nombre de Musulmans a augmenté »

Attirant l’attention sur le fait qu’après le génocide les gens de confessions diverses sont entrés en masse dans l’Islam, l’adjoint du Mufti du Rwanda a tenu les propos suivants : « Car ils ont constaté que l’Islam était la vraie religion. Car, contrairement aux autres, les Musulmans au Rwanda n’ont tué personne. Par conséquent, si vous allez vers les gens pour leur parler du vrai Islam et leur faire connaitre, les Rwandais sont disposés à embrasser sans difficulté l’Islam et à devenir Musulmans » (…) Nshimimana qui rappelle que les Musulmans rwandais attendent le soutien des pays musulmans, notamment de la Turquie, souligne que « la Turquie est un pays très important et un grand pays. Elle occupe une place importante dans l’histoire de l’Islam. Les Musulmans de Turquie peuvent aider leurs frères d’ici, en particulier, sur le plan de l’éducation. Nous avons besoin de soutien dans la construction de nouvelles mosquées, dans le développement de nos moyens et dans de nombreux domaines ». Confiant le souhait de voir une amélioration des relations Rwanda-Turquie, Nshimimana précise que « nos frères musulmans en Turquie nous apportent leur aide pendant tout le mois de Ramadan et lors de la fête de l’Aïd el Kebir. Qu’Allah soit satisfait de la Turquie. Nous invoquons Allah afin qu’Il protège la Turquie. Car si la Turquie est confrontée à un problème, cela signifie que le monde musulman dans son intégralité y est confronté » (…) »[48].

    Un autre article relatait que : « Entre avril et juillet 1994, tandis que les Tutsi étaient exterminés par leurs voisins et amis, la modeste communauté musulmane du Rwanda est réputée pour avoir fait bloc, refusant de prendre part aux massacres (…) « L’islam a une histoire à part au Rwanda. La communauté ne connaît ni Hutu, ni Tutsi, ni Twa. Elle est restée soudée autour d’un passé et de lieux communs, à l’image de cette école. Nyamirambo est un village dans la ville, un bastion de résistance« , résume celui qui a dirigé pendant le génocide l’Association des musulmans du Rwanda (Amur), créée au milieu des années 1960. Entre avril et juillet 1994, alors que les tueries battent leur plein aux quatre coins du pays, certains guides religieux musulmans ont multiplié les appels à ne pas participer aux massacres en direction de leurs fidèles. (…). « Les tueurs n’ont pas trouvé d’alliés ». Dès le 12 mars 1992, un an et demi après le début de la guerre civile, alors que les violences ne cessent de s’intensifier, l’Amur publie un communiqué, à l’issue d’une réunion de crise. « L’assemblée générale rappelle que chaque Rwandais a droit à la vie et que nul ne peut être victimisé du fait de son ethnie ou de son lieu de naissance », écrit alors Ahmed Mugwisa : « Aucune ethnie n’est supérieure à l’autre, comme le dit le Coran. À partir de ces saintes écritures, nous tous, Rwandais, sommes invités à unir nos forces et à construire notre pays dans la paix totale », poursuit le message de l’association. Sous la pression de la communauté internationale, et face à l’avancée des troupes du Front patriotique rwandais (FPR), Juvénal Habyarimana avait, un an plus tôt, consenti à ouvrir le pays au multipartisme » »[49].

   C’est ce courage, cette solidarité, ce sens de la justice et de la compassion, que des musulmans ont manifesté tout au long de l’histoire, et que nous devons plus que jamais, cultiver sans cesse. Pourquoi donc les islamophobes oublient ces faits historiques, et occultent les bonnes initiatives et belles actions quotidiennes, menées par des associations ou personnes musulmanes qui favorisent la paix, nourrissent et logent des nécessiteux non-musulmans, que ce soit en France, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Allemagne, en Espagne, aux Etats-Unis ou ailleurs ? Là où de nombreux racistes et islamophobes prétendument patriotes sont absents quand il s’agit d’aider leurs concitoyens (de même ethnie ou de même confession religieuse ou de même tendance idéologique) parmi les sdf, les enfants défavorisés ou déscolarisés, les personnes âgées abandonnées, etc., les musulmans dépensent leur temps, leur énergie et leur argent pour les soutenir, les soulager et les aider. Et nous sommes des témoins directs de ce constat, et nous savons donc bien à quel point les musulman(e)s sont nombreux à contribuer à cet effort gigantesque et constant, là où l’inaction gouvernementale brille par son absence quand il s’agit d’aider les plus démunis. De même, dans la recherche scientifique, dans les commerces, la restauration, les usines, les services de livraison et dans les autres secteurs, ce sont aussi de nombreux musulmans qui donnent de leur temps et s’investissent pleinement pour développer des initiatives salutaires ou bénéfiques pour la société où ils vivent.


Notes :

[1] « Les musulmans britanniques reconnus comme les meilleurs donateurs des associations caritatives », Middle East Eye, 29 juillet 2016 par Muhammad Abdul Bari http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/les-musulmans-britanniques-reconnus-comme-les-meilleurs-donateurs-des-associations.

[2] « Ramadan 2014 : David Cameron’s message », Gov UK, 27 juin 2014 https://www.gov.uk/government/news/ramadan-2014-david-camerons-message

[3] « La Turquie, numéro un mondial en matière d’aides humanitaires », TRT, 26 juin 2018 : https://www.trt.net.tr/francais/turquie/2018/06/21/la-turquie-numero-un-mondial-en-matiere-d-aides-humanitaires-996654

[4] « La Turquie, porte-drapeau de l’aide humanitaire dans le monde », TRT, 4 décembre 2016 : https://www.trt.net.tr/francais/turquie/2016/12/04/la-turquie-porte-drapeau-de-l-aide-humanitaire-dans-le-monde-622373

[5] « La Turquie, porte-drapeau de l’aide humanitaire dans le monde », Diplomatie Humanitaire, 4 décembre 2016 : https://diplomatie-humanitaire.org/turquie-porte-drapeau-de-laide-humanitaire-monde/

[6] « La Turquie apporte une aide médicale à plus de 30 pays », Medya Turk, 17 avril 2020 (MàJ le 21 avril 2020) : https://www.medyaturk.info/international/2020/04/17/la-turquie-apporte-une-aide-medicale-a-plus-de-30-pays/

[7] « Turkey accounts for 26% of 2019 world humanitarian aid », Daily Sabah, 23 juillet 2020 : https://www.dailysabah.com/turkey/turkey-accounts-for-26-of-2019-world-humanitarian-aid/news

[8] « Qatar Charity Steps up Efforts to Help Fight » sur Qatar Charity, 11 juin 2015 : https://www.qcharity.org/en/global/news/details/2312-qatar-charity-steps-up-efforts-to-help-fight-ebola

[9] « Qatar relief workers arrive in Nepal, extend mission to three months – Doha News », Doha News, 7 mai 2015 : http://dohanews.co/qatar-relief-workers-arrive-in-nepal-extend-mission-to-three-months/

[10] « Népal: un humanitaire canadien condamné pour pédophilie », RFI, 10 juillet 2019 : www.rfi.fr/asie-pacifique/20190710-nepal-humanitaire-canadien-condamne-pedophilie : « La justice du Népal a condamné mardi un Canadien pour pédophilie. Peter John Dalglish, arrêté l’année dernière, écope de deux peines distinctes de 9 et 7 ans de prison. Deux peines pour deux victimes, de jeunes garçons de 12 et 14 ans au moment des faits. En apparence, John Dalglish était un parfait altruiste. Le Canadien fonde un réseau d’aide international pour les enfants des rues dans les années 1980, puis devient responsable d’un programme d’aide aux enfants du Népal, avant de prendre la tête du bureau Habitat des Nations unies en Afghanistan en 2015. Un travail récompensé en 2016, quand il est décoré de l’Ordre du Canada, l’une des plus importantes distinctions civiles du pays. (…) Ces dernières années, plusieurs condamnations emblématiques ont été prononcées, dont une contre un Français reconnu coupable de viol sur une dizaine d’orphelins népalais, il y a 10 ans ».

Voir aussi « Scandales d’exploitation sexuelle dans les milieux humanitaires », RFI, 10 mars 2018 : http://www.rfi.fr/emission/20180310-scandales-exploitation-sexuelle-milieux-humanitaires : « Des travailleurs humanitaires coupables d’exploitation sexuelle en Syrie. C’est le constat accablant du dernier rapport Voices of Syria 2018 de l’UNFPA, le fond des Nations Unies pour la Population. Il se base sur le témoignage de plusieurs femmes ayant été abusées dans des centres de distribution d’aide syriens situés dans le sud du pays. Un phénomène grave qui gangrène le monde humanitaire depuis de nombreuses années. Un reportage de Fausto Munz ».

[11] « Ferme réaction d’Ankara à la signature d’un accord entre l’ONU et les FDS qui servent de paravent au groupe terroriste PKK », TRT, 4 juillet 2019 : https://www.trt.net.tr/francais/turquie/2019/07/04/ferme-reaction-d-ankara-a-la-signature-d-un-accord-entre-l-onu-et-les-fds-qui-servent-de-paravent-au-groupe-terroriste-pkk-1229861

[12] « Qatar : Le bilan d’une année de dons humanitaires », Courrier Arabe, 22 avril 2020 : http://courrier-arabe.com/qatar-le-bilan-dune-annee-de-dons-humanitaires/2020/04/22/

[13] « Etats-Unis : des médecins musulmans ouvrent une clinique pour les pauvres, de toutes confessions », Oumma, 25 janvier 2019 : https://oumma.com/etats-unis-des-medecins-musulmans-ouvrent-une-clinique-pour-les-pauvres-de-toutes-confessions/

[14] « Etats-Unis: un Marocain élu meilleur médecin de New York », Le 360, Khalil Ibrahimi, 2 septembre 2018 : http://fr.le360.ma/societe/etats-unis-un-marocain-elu-meilleur-medecin-de-new-york-173584

[15] « Three Egyptian Scientists Win the 2018 L’Oréal-UNESCO For Women in Science Award », 17 novembre 2018 : https://womenofegyptmag.com/2018/11/17/three-egyptian-scientists-win-the-2018-loreal-unesco-for-women-in-science-award/

[16] « Le scientifique pakistanais Zabta Khan Shinwari lauréat du Prix UNESCO Avicenne d’éthique scientifique 2015 », septembre 2015, https://fr.unesco.org/news/scientifique-pakistanais-zabta-khan-shinwari-laureat-du-prix-unesco-avicenne-ethique

[17] Voir « Meet Noor Fatima, Game Developer at WeRPlay », Techjuice, 22 septembre 2016 : https://www.techjuice.pk/meet-noor-fatima-game-developer-at-werplay/ ; « 2 Pakistani startups in first batch of Google’s game developer programme », Dawn, 28 novembre 2018 : https://www.dawn.com/news/1448184/2-pakistani-startups-in-first-batch-of-googles-game-developer-programme

[18] « Egyptian Photographer Heba Khamis Wins 2018 World Press Photo Award », Women of Egypt Mag, 14 avril 2018 : https://womenofegyptmag.com/2018/04/14/egyptian-photographer-heba-khamis-wins-2018-world-press-photo-award/

[19] « Quand les croisés partent à l’assaut de Jérusalem », Ca m’intéresse, 14 janvier 2020 : https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-croises-partent-a-lassaut-de-jerusalem-11122624/

[20] Pierre Langevin, Le Moyen Âge pour les nuls, Paris, éd. First, 2007, p.111.

[21] Livre des Deux Jardins, une chronique musulmane d’Abû Shâma, mais il semble en fait que la princesse se trouvait dans une des caravanes suivantes ce qui causa une grande inquiétude pour Salâhuddîn.

[22] René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, II. 1131-1187, L’équilibre, Paris, éd. Perrin, 1939 (réimpr. 1999), pp. 703-704, 733-735.

[23] « Sidi Boumediene Chouaib, pôle du soufisme au Maghreb : Un nom lié à la ville ancestrale », El Moudjahid, 16 avril 2011 : http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/11071

[24] Par exemple, Ibn Jubayr (m. 1217) lors de ses voyages au nord de la Palestine en 1184, relate que de nombreux villages agricoles habités par des musulmans lui semblaient vivre en bonne harmonie avec les croisés. Il fut cependant irrité par le fait que ces musulmans vivaient en paix avec les Croisés, qui renvoyaient une image de porcs et de grossiers personnages, de par les méfaits horribles dont un certain nombre de croisés s’étaient rendus coupables auparavant. L’historien musulman Ibn Wasil (m. 1298) avait passé 2 ans en Sicile pour une mission diplomatique, période dans laquelle il écrivit un livre sur la logique qu’il a dédié à l’empereur Manfred Hohenstaufen. L’empereur Frederick II, – père de Manfred -, entretenait déjà régulièrement avec les savants et érudits musulmans et leur demandait des renseignements sur les sciences, l’histoire, l’art, la théologie, …. Et lorsqu’il mena la 6ème croisade en 1228-1229, il négocia la paix avec le Sultan al-Kamîl qui a permis ensuite aux musulmans et croisés de partager Jérusalem. Les chrétiens avaient alors un contrôle absolu de leurs sites religieux et les musulmans maintenaient leurs sites sacrés dans la ville et les villages environnants.

[25] Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, éd. Pluriel/Fayard, 2018, p. 201.

[26] « La sixième croisade, croisade non sanglante – Le traité de Jaffa » : https://sites.google.com/site/6ecroisade/la-6e-croisade-croisade-non-sanglante/le-traite-de-jaffa

[27] René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem – III. 1188-1291 L’anarchie franque, Paris, éd. Perrin, 1936 (réimpr. 2006), chapitre 15, p. 236.

[28] Derri Berkani, « À propos de l’antisémitisme et de la violence », Le manifeste des libertés, 2004, online http://www.manifeste.org/article.php3?id_article=68 ; sur une analyse historique de cet événement qui faisait auparavant débat, voir Mohammed Aïssaoui, L’Étoile jaune et le croissant, éd. Gallimard, 2012

[29] « Queen Victoria’s £5: the Strange Tale of Turkish Aid to Ireland During the Great Famine ». A Blast from the Past, 29 décembre 2014 : https://mikedashhistory.com/2014/12/29/queen-victorias-5-the-strange-tale-of-turkish-aid-to-ireland-during-the-great-famine/ ; Abdullah Aymaz, « Gratitude to the Ottomans », The Fountain Magazine (60) October–December 2007 : https://web.archive.org/web/20170612180453/http://www.fountainmagazine.com/Issue/detail/Gratitude-to-the-Ottomans

[30] « L’Irlande se souvient de l’aide salvatrice du Sultan Abdülmecid Ier au XIX siècle », AA, 16 février 2020 : https://www.aa.com.tr/fr/politique/lirlande-se-souvient-de-l-aide-salvatrice-du-sultan-abdulmecid-ier-au-xix-si%C3%A8cle-/1735938

[31] Pierre Dufour, La France au Levant des croisades à nos jours, Pygmalion, 2001, pp. 303-304.

[32] Jonathan Newman Lipman, Familiar Strangers, a history of Muslims in Northwest China, Seattle, WA, University of Washington Press, 1997, p. 25.

[33] Richard Bulliet, Pamela Crossley, Daniel Headrick, Steven Hirsch, Lyman Johnson, et David Northrup, The Earth and Its Peoples, 3, Boston: Houghton Mifflin Company, 2005.

[34] Sun Xiaoli, Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-Westen Cultures, Springer, 1997, « Isa Tarjaman », p. 454. Voir aussi Fernand Meyer, Mark De Fraeye Jan Van Alphen, Anthony Aris, Oriental Médicine, Serindia Publications, 1995, p. 201.

[35] « The Hui ethnic minority », People Daily :

http://english.peopledaily.com.cn/data/minorities/Hui.html

[36] Grayson et James Huntley, Korea: A Religious History, éd. Routledge, 2002, p. 195.

[37] Keith Pratt, Richard Rutt et James Hoare, Korea: A Historical and Cultural Dictionary, éd. Routledge, 1999, p. 189.

[38] « Un conflit en 4 phases », L’Histoire, n°385,‎ mars 2013, pp. 54-55. Voir aussi Milton Leitenberg, « Deaths in Wars and Conflicts in the 20th century », Clingendael Institute, août 2003 : https://www.clingendael.org/sites/default/files/pdfs/20060800_cdsp_occ_leitenberg.pdf

[39] Ali Çimen-Göknur Göğebakan, Tarihi Değiştiren Savaşlar, Istanbul, Timaş yayınları, 2006.

[40] Salih Mahdi S. Al Samarrai, « History of Islam in Japan », sur Islamic Center Japan, 2009 https://www.islamcenter.or.jp/history-of-islam-in-japan/

[41] Ibid.

[42] « Message of the Ambassador on the occasion of 85 th anniversary of the proclamation of the Republic of Turkey », T.C. Tokyo Büyükelçiligi, 29 octobre 2008 : http://www.turkey.jp/tr/29Ekim.htm

[43] TCG Turgutreis returns to Gölcük. « Hellenic Resources Network », 3 août 2000 : http://www.hri.org/news/turkey/anadolu/2000/00-08-03.anadolu.html

[44] « Une pièce ottomane datant du 17e siècle retrouvée au Japon », TRT, 29 septembre 2016 : https://www.trt.net.tr/francais/culture-divertissement/2016/09/29/une-piece-ottomane-datant-du-17e-siecle-retrouvee-au-japon-579420

[45] Hassam Munir, « At World’s End: Islam’s Long Journey to Japan », iHistory,‎ 10 octobre 2016 : http://www.ihistory.co/history-japan-islam/

[46] « L’Islam au Rwanda – Rôle des Musulmans dans le génocide », Dailymotion 19 mars 2010 : https://www.dailymotion.com/video/xcn4eg

[47] Ibid., voir leur interview dans le reportage.

[48] « Le génocide a changé le destin des Musulmans rwandais », TRT, 3 juin 2017 : https://www.trt.net.tr/francais/afrique-asie/2017/06/03/le-genocide-a-change-le-destin-des-musulmans-rwandais-745005

[49] « Génocide des Tutsi au Rwanda : quand des leaders musulmans appelaient leurs fidèles à la résistance », Jeune afrique, 27 mars 2019 : https://www.jeuneafrique.com/751935/societe/genocide-des-tutsi-au-rwanda-quand-les-leaders-musulmans-appelaient-leurs-fideles-a-la-resistance/


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