L’athéisme est-il vraiment rationnel ou fondé empiriquement ?

On entend souvent de la part des athées que l’athéisme (1) serait « logique » et « rationnel » (2) alors que le théisme (3) ou le déisme (4) ne le seraient pas. La réponse doit être ici envisagée sous 2 axes, à savoir le rationnel et l’empirisme (5), – quant à l’expérience spirituelle celle-ci est certes une réalité expérimentable, mais relève de l’intime et seuls ceux qui ont pu y goûter (6) peuvent la considérer comme preuve -.

L’athéisme moderne est une croyance de l’absurde, puisqu’elle postule, sans aucune preuve, que l’univers et l’esprit n’ont aucun sens, et ont un caractère irrationnel, et que toutes les interactions sont « hasardeuses », prétendant que le néant est à l’origine du monde, – mais certains disent aussi que l’univers a toujours été là alors que celui-ci n’est pas infini et qu’il a subi toute une succession d’états et de phases ce qui implique son caractère contingent et relatif -, et font ainsi appel au « Hasard bouche-trou », lui attribuant la vie, l’existence, l’intelligence, etc. Leur croyance obscurcit leur intellect, puisque finalement, ils « divinisent » le Hasard et en font leur idole, mais celle-ci ne coïncide pas avec toutes les propriétés négatives et impossibles du « Hasard », avec les qualités (positives) du Réel et de l’existence. Tous les athées n’ont certes pas la même croyance, puisque cela dépend des athées en question ; certains croient au néant comme origine de l’univers, d’autres à une matière « éternelle » guidée par le « hasard », d’autres aux extraterrestres comme étant les créateurs des êtres vivants sur terre, etc.

L’athéisme étant une forme de croyance, elle est névrose également selon le raisonnement de certains athées qui croient que la religion relève de la névrose, comme tout ce qui relève de la croyance selon eux. Or, même la science se fonde elle-même sur une part de croyance, ne serait-ce que dans les paradigmes dans lesquelles la science évolue (7) puisque la science évolue aussi et ne prétend pas en soi avoir la certitude et la science infuse sur tout, malgré la croyance scientiste de certains athées. Si, l’athéisme est une posture basée sur des postulats indémontrables et n’offre pas de connaissance à proprement parler, elle est donc une croyance. L’athéisme n’étant pas une connaissance, et ses postulats reposant sur aucune connaissance certaine, cela implique qu’elle est une croyance, amenant aussi à d’autres croyances annexes : relativisme, scientisme, matérialisme, positivisme, théorie des reptiliens, scientologie, etc.

L’athéisme postule que le Tout provient du rien, ce qui est un non-sens absolu. Cette croyance affirme aussi que tout est absurde, mais s’exclut de cette « accusation » pour se croire « logique » et « rationnelle », ce qui est absurde et contradictoire. En effet, tout dans l’athéisme suinte l’absurde et l’incohérence, puisque l’athéisme s’oppose au rationnel et au caractère intelligible et rationnel de l’existence, tout en entamant une démarche visant à montrer la « cohérence » et la « rationalité » de l’athéisme qui était pourtant sensé « démontrer » le contraire !

L’athéisme moderne est généralement la croyance postulant l’inexistence de l’âme-conscience ainsi que l’inexistence d’un quelconque principe transcendant ayant existencié le cosmos.

Ne pouvant démontrer ses postulats, l’athéisme reste une croyance en opposition aux postures ou autres formes de croyances. Elle peut devenir aussi une posture s’inscrivant à l’encontre des gens ne partageant pas cette forme de croyance, – elle-même subdivisée en plusieurs courants et tendances -.

Beaucoup d’athées refusent d’admettre cette réalité, et protestent ou réagissent avec beaucoup de colère et d’émotivité, mais sont incapables d’y répondre avec des arguments, car ils saisissent immédiatement   qu’ils tombent (dans l’athéisme) exactement dans ce qu’ils prétendaient dénoncer chez les autres, à savoir une croyance et une posture qui sont indémontrables et même contradictoires.

Or, l’athéisme n’est rationnellement pas concevable concernant les modes ou les principes de la Réalité et de l’existence. En effet, le néant, qui est l’absence de réalité, n’est empiriquement pas possible et n’est rationnellement pas concevable. Et pourtant, on les entend souvent ricaner en comparant la Réalité divine à l’existence hypothétique des licornes dans l’univers. Oublient-ils que la Réalité divine, envisagée comme la Réalité ultime (absolue, immuable, éternelle, infinie et nécessaire) est une nécessité « empirique » et rationnelle pour expliquer l’existence et les modes de la réalité, sans quoi rien de ce qui est fini et relatif n’auraient pu exister, apparaitre et perdurer, – car tirant leur existenciation et leur pérennisation de lois ou de principes qui les dépassent et qui les conditionnent -.

De même, contrairement à l’athéisme qui n’est pas rationnellement concevable en plus d’être contradictoire comme explication et comme « cause » de l’univers ou des multivers, – ce qui revient au même -, l’existence des licornes relève du rationnel, puisque relevant du possible et pouvant être intellectuellement concevable. Bien plus même, les licornes pourraient théoriquement être démontrées par l’empirisme sachant qu’il existe déjà sur Terre, des créatures (espèces animales) qui y ressemblent, – comme les chevaux -, et d’autres possédant des « cornes ». L’existence des licornes est ainsi plus rationnelle et plus « probable » que la consistance de l’athéisme, qui ne repose strictement sur rien. D’un point de vue strictement rationnel, l’existence des licornes n’est pas impossible ni irrationnelle, et elle peut être théoriquement valide sur le plan empirique si des observations venaient à se faire. Nous ne disons cependant pas qu’elles existent, même si cela est rationnellement concevable et que cela est empiriquement possible, cependant, n’ayant pas d’éléments empiriques attestant de leur existence, nous nous abstenons d’affirmer leur existence, et que pour pratiquement la totalité des espèces animales ou extraterrestres, il s’agit de détails sans réelle importance qui ne changent pas fondamentalement notre existence (humaine), car les êtres créés sont contingents et ne changent rien à la nécessité du Principe absolu et créature comme nécessité rationnelle et comme Cause métaphysique à l’ensemble des modes d’existence.

Le rationnel implique les notions de logique, de cohérence, d’intelligibilité, d’ordre et de loi, en sommes, tout ce que le théisme fonde et ce sur quoi il est fondé à l’origine, et ce qui est empiriquement observable, et ce sur quoi est fondée aussi la démarche scientifique. Or, l’athéisme postule exactement les notions contraires : caractère irrationnel (qui implique déjà une contradiction, puisqu’il se fonde en réalité sur l’existence du rationnel avec lequel l’irrationnel est en opposition, et ce, afin de les distinguer l’un de l’autre), hasard (absence de lois, d’informations, de conscience, d’ordres, …) et inintelligibilité, en somme, tout le contraire de la réalité à la fois observable, intelligible et expérimentable. Si tout était chaotique, hasardeux et absurde, il n’y aurait ni existence, ni vie, ni conscience, ni information, ni science (dont la démarche se fonde sur le caractère rationnel et intelligible, – au moins de certains aspects – du cosmos), ni même de débats autour de l’athéisme ou du théisme, etc.


Quant au panthéisme, Frithjof Schuon faisait judicieusement remarquer que : « Cette idée de « panthéisme » mérite que nous nous y arrêtions quelque peu : en réalité, le panthéisme consiste à admettre une continuité entre  l’Infini et le fini, continuité qui ne peut être conçue que si l’on admet préalablement une identité substantielle entre le Principe  ontologique — qui est en cause pour tout théisme — et l’ordre manifesté, conception qui présuppose une idée substantielle, donc fausse de  l’Être, ou que l’on confonde l’identité essentielle de la manifestation et de l’Être avec une identité substantielle.  C’est en cela et en rien d’autre que consiste le panthéisme ; mais il semble que certaines intelligences soient irrémédiablement réfractaires à une vérité si simple, à moins que quelque passion ou quelque intérêt ne les pousse à ne pas se dessaisir d’un instrument de polémique aussi commode que le terme de « panthéisme », lequel permet de jeter un soupçon général sur certaines doctrines estimées gênantes, sans qu’on ait à se donner la peine de les examiner en elles-mêmes (1). Pourtant, en affirmant sans cesse l’existence de Dieu, ceux qui croient devoir la protéger contre un panthéisme inexistant prouvent que leur conception n’est même pas proprement théiste, puisqu’elle n’atteint pas l’Être, mais s’arrête à l’Existence, et plus particulièrement à l’aspect substantiel de celle-ci ; car son aspect purement essentiel la réduirait de nouveau à l’Être. Toutefois, quand bien même l’idée de Dieu ne serait plus qu’une conception de la Substance universelle (materia prima) et que le Principe ontologique serait par là hors de cause, le reproche de panthéisme serait encore injustifié, la materia prima restant toujours transcendante et vierge par rapport à ses productions. Si Dieu est conçu comme l’Unité primordiale, c’est-à-dire comme l’Essence pure, rien ne saurait Lui être substantiellement identique ; mais en qualifiant de panthéiste la conception de l’identité essentielle, on nie du même coup la relativité des choses et on leur attribue une réalité autonome par rapport à l’Être ou à l’Existence, comme s’il pouvait y avoir deux réalités essentiellement distinctes, ou deux Unités ou Unicités.

La conséquence fatale d’un tel raisonnement est le matérialisme pur et simple, car dès que la manifestation n’est plus conçue comme étant essentiellement identique au Principe, l’admission logique de ce Principe n’est plus qu’une question de crédulité, et si cette raison de sentimentalité vient à tomber, il n’y a plus aucune autre raison d’admettre autre chose que la manifestation, et plus particulièrement la manifestation sensible.

(1) Le « panthéisme » est la grande ressource de tous ceux qui veulent éluder l’ésotérisme à peu de frais, et qui s’imaginent par exemple  comprendre tel texte métaphysique ou initiatique parce qu’ils connaissent grammaticalement la langue dans laquelle il est écrit; en général, que dire de l’inanité des dissertations qui prétendent faire des doctrines sacrées un sujet d’études profanes, comme s’il n’existait pas des connaissances qui ne sont point accessibles à n’importe qui, et comme s’il suffisait d’avoir été à l’école pour comprendre la plus vénérable sagesse mieux que les sages eux-mêmes ne l’ont comprise ? Car il est entendu, pour les « spécialistes » et les « critiques », qu’il n’y a rien qui ne soit à leur portée ; une telle attitude ressemble fort à celle d’enfants qui, ayant trouvé des livres pour adultes, les jugeraient selon leur ignorance, leur caprice ou leur paresse ».

(Frithjof Schuon, De l’unité transcendante des religions, éd. Gallimard, 1949, pp. 54-55).

Quant à la charge de la preuve et la question des « preuves de Dieu », qui selon les partisans de l’ignorance (les agnostiques ; agnostique signifiant sans-connaissance) et du hasard (les athées), n’incomberait qu’aux autres et jamais à eux, – sans doute par paresse intellectuelle et incapables de voir la contradiction logique d’une telle affirmation -, voici ce qu’écrivait Frithjof Schuon : « Les preuves classiques de Dieu sont comme suspendues entre deux extrêmes qui leur échappent – l’un par le haut et l’autre par le bas, ou l’un par saturation et l’autre par indigence -, à savoir l’intellection directe d’une part et le rationalisme matérialiste d’autre part ; il n’en reste pas moins entre ces deux positions un champ assez large pour justifier les arguments tendant à établir, par le langage de la logique, l’évidence de l’Etre divin. Sans doute, on peut accepter d’emblée le surnaturel et ne pas avoir besoin de telles preuves, Deo juvante, mais il est toujours disproportionné et téméraire, et d’ailleurs peu compatible avec la vraie certitude et peu charitable eu égard aux besoins d’autrui, de les mépriser comme si elles n’avaient aucune valeur en soi ni aucune efficacité possible ; c’est même une étrange présomption, d’autant qu’une démonstration logique en faveur de l’Éternel et de nos fins dernières offre toujours quelque lumière ou quelque « consolation » (1) pour ceux-là mêmes qui possèdent la certitude d’intellection ou de grâce. Au demeurant, le comportement spirituel d’un homme dépend, non seulement de sa conviction, mais aussi de l’acuité ou de la profondeur de celle-ci. Certes, il ne s’agit pas de sous-estimer la possibilité d’une intuition spontanée qui, si elle est authentique, contient d’ailleurs forcément d’une manière infuse les certitudes transmises par les preuves de Dieu ou du surnaturel, mais ce qui est en tout cas inadmissible, c’est que des tièdes prétendent se placer de jure au-dessus des syllogismes, alors que tant d’hommes ont perdu leur foi tout en croyant pouvoir se passer de toute « scolastique » ; cela prouve que, en-deçà d’un certain degré spirituel — qu’il serait fort imprudent de s’attribuer a priori – il convient de se méfier, nous ne disons pas d’une foi intuitive en tant que telle, mais de son apparence de solidité à toute épreuve, car une foi peut n’être effective qu’en tant qu’elle se trouve de facto à l’abri des tentations. Les arguments doctrinaux, cela va de soi, ne constituent pas une garantie totale pour n’importe quelle intelligence ou n’importe quelle volonté, mais là n’est pas la question, car les religions non plus ne sauvent ceux qui s’y refusent ; ce qui compte, c’est que ces arguments ont leur valeur propre et qu’ils constituent par leur nature une aide possible, et infaillible au point de vue intellectuel ou simplement logique ; et pax hominibus bonae voluntatis.

Afin de bien mettre en lumière la fonction de la preuve métaphysique, il faut partir de l’idée que l’intelligence humaine coïncide en son essence avec la certitude de l’Absolu ; si cela n’apparaît pas comme évident à la majorité de nos contemporains, c’est parce que la conscience des « accidents » a étouffé chez eux l’intuition de la « Substance », d’où une intelligence systématiquement superficielle braquée sur une réalité fragmentaire. Si l’on nous objecte que l’innéité des idées métaphysiques – à supposer qu’on l’admette – ne prouve pas la réalité du contenu de ces idées, nous répondons que cette opinion équivaut à la destruction même de la notion d’intelligence et que, si elle était vraie, notre intelligence ne prouverait jamais quoi que ce soit ; qui dit intelligence, dit innéité, car celle-ci est à la racine de n’importe quelle opération intellectuelle ou mentale, l’homme étant de toute évidence incapable de « repartir à zéro », ce « zéro » n’existant nulle part. On ne peut remplacer le nerf optique par quelque lumière externe, et à plus forte raison, on ne peut remplacer le Soi, ou Dieu, dont dérivent les notions innées dans l’esprit humain.

C’est à la lumière de ces données qu’il faut aborder la question des preuves de Dieu ; ces preuves, loin de n’être que des béquilles apologétiques, veulent être des clefs aidant à restituer à l’intelligence sa nature propre et intégrale. Tout d’abord, il faut répondre à une curieuse objection des rationalistes, bien que nous l’ayons déjà fait précédemment dans ce livre ; voici l’objection : l’homme qui affirme que « Dieu existe » est tenu de le prouver, tandis que le sceptique n’est nullement tenu de prouver le contraire, car seul celui qui émet une affirmation, paraît-il, et non celui qui la nie, doit une preuve à ses interlocuteurs ; le sceptique aurait par conséquent le droit de rejeter l’ « existence » de Dieu sans être obligé à son tour de prouver l’« inexistence » de Dieu. Or ce raisonnement est arbitraire, et voici pourquoi : l’homme qui se trouve dans l’impossibilité de vérifier une allégation a sans doute le droit de ne pas l’accepter pour certaine ou pour vraisemblable, mais il n’a aucunement le droit logique de la rejeter sans fournir des motifs valables. Il n’est pas difficile de découvrir le fond de l’objection en question : elle part de l’idée préconçue que l’affirmation de Dieu est « chose extraordinaire », tandis que la négation de Dieu est « chose normale » ; le sceptique part évidemment de l’idée que l’homme normal, c’est l’athée, et il en déduit une sorte de jurisprudence à sens unique.

Dans l’ordre spirituel, une preuve n’aide que celui qui désire comprendre et qui, par ce désir, a déjà compris quelque chose ; elle est pratiquement sans utilité pour celui qui en son for intérieur désire ne pas modifier sa position et dont la philosophie ne fait que manifester ce désir. On a prétendu que c’est à la religion de se prouver en face de la plus mauvaise volonté, que « la religion est là pour l’homme » (2), quelle doit par conséquent s’adapter à ses besoins et que, n’y parvenant pas, elle a « fait faillite » ; autant dire que l’alphabet a fait faillite dans une classe où les élèves sont bien décidés à ne pas l’apprendre ; avec cette logique « par le bas », on pourrait déclarer que la loi est pour les honnêtes gens qui aiment s’y conformer et qu’il faut une nouvelle loi pour les autres, une loi « adaptée » à leur malice ou « rajeunie » en fonction de leur penchant au crime.

(1) Ou quelque « apaisement » (itmi’nân), comme diraient les Musulmans, qui d’ailleurs accordent aux preuves de Dieu une importance canonique ou même, selon certains, un caractère obligatoire. « On n’est croyant (mumin) — estime Fudalî – qu’à condition de connaître chacun des cinquante dogmes (dont neuf concernent le Prophète) avec sa preuve particulière », ce qui est excessif, mais non dépourvu de sens).

(2) Ce qui est faux si l’on n’ajoute pas immédiatement que l’homme est là pour la religion ; la fausseté est dans l’isolement de la proposition. La religion est faite pour l’homme en tant qu’elle doit lui être accessible dans la mesure de sa bonne volonté, – et non en dehors de celle-ci, car l’homme est libre, – et l’homme est fait pour la religion en tant que celle-ci représente la raison suffisante de l’existence humaine ».

(Frithjof Schuon, Logique et Transcendance, Chap. Des preuves de Dieu, 1970, pp. 35-36).

La charge de la preuve incombe à tout le monde, à partir du moment où il faut se prononcer sur une question. Les déistes ou les théistes affirment la réalité et la nécessité du Principe créateur, tandis que les athées affirment l’inexistence de Dieu pour placer plutôt l’hypothèse du hasard et/ou du néant et/ou de la matière éternelle, et les agnostiques eux, affirment leur ignorance quant à cette question (et les uns pencheront plus vers le déisme ou vers l’athéisme selon leurs préférences et sensibilités personnelles). Il y a ensuite évidemment des questions ou des débats qui n’ont aucune incidence réelle ou majeure sur la science, la philosophie ou la religion, et libre à chacun d’argumenter ou non. On ne peut pas non plus mettre toutes les affirmations sur le même plan. Dieu étant défini comme le Principe absolu et infini ayant produit l’univers créé, cela relève de la nécessité logico-rationnelle, contrairement aux affirmations liées aux objets ou sujets limités issus (théoriquement ou matériellement) du monde créé (par exemple, l’affirmation qu’une créature ailée de couleur rose se promène entre la Terre et la planète Mars ; cette hypothèse ne relevant pas d’une question fondamentale sur les plans religieux, philosophiques, métaphysiques et scientifiques, et n’étant pas une nécessité métaphysique, rationnelle ou empirique, libre à chacun d’y adhérer, de réfuter ou de s’abstenir de toute opinion favorable ou défavorable, d’opter pour une attitude sceptique ou plutôt adhésive/crédule).

Que ce soit dans le monde francophone ou anglophone, les idéologues de l’athéisme, aussi bien ceux qui sont issus du milieu académique ou des Youtubeurs, font énormément de sophismes et de confusions conceptuelles. Des intellectuels ont déjà réfuté cela, et parfois même en anticipant, des décennies avant l’apparition des YouTubeurs, leurs sophismes et leurs erreurs conceptuelles. Les argumentations et démonstrations de Frédéric Guillaud, de Kurt Gödel, de René Guénon et de Frithjof Schuon infirment l’athéisme et montrent que Dieu, posé en tant que Principe existenciateur des choses créées/limitées, est une nécessité logique. Quant au principe de causalité (tout ce qui existe a une cause) ne concerne que ce qui possède une limite ou un début à l’existence, donc ce qui est limité et créé. Dieu étant identifié à l’Incréé, n’est donc pas conditionné par le principe de causalité.

Sur l’effet de la prière, des méta-analyses ont montré une efficacité supérieure à ce que donnerait un résultat purement « hasardeux et aléatoire ». Une méta-analyse de plusieurs études relatives à la guérison d’intercession à distance a été publiée dans la revue Annals of Internal Medicine en 20003 (8). Les auteurs ont analysé 23 essais de 2774 patients : 5 des essais ont été pour la prière en tant que méthode de guérison à distance, 11 étaient sans contact, et 7 étaient d’autres nature. Parmi ces essais, 13 ont montré des résultats statistiquement significatifs d’effets bénéfiques du traitement, tandis que d’autres n’indiquaient pas de résultats assez significatifs. En 2003, un examen des niveaux de preuves a trouvé « certaines » preuves pour l’hypothèse que « faire l’objet de prières améliore la récupération physique de la maladie aiguë » (9). Les différences dans les résultats s’expliquent par le fait que contrairement aux processus physico-chimiques qui donnent souvent (mais pas systématiquement) des résultats similaires dans les mêmes conditions, que la psychologie humaine, la santé physique et mentale des êtres humains, et des événements pouvant être qualifiés de « spirituel », échappent à la reproductibilité et même parfois aux « prévisions scientifiques » (10). De même, des millions de personnes ont été exaucées dans leurs demandes, sur des choses qui dépassaient leur volonté et leur capacité d’action. Encore faut-il être sincère dans ses demandes et sa prière, et ne pas vouloir ce qui est impossible ou ce qui entre en contradiction avec certaines nécessités logiques, empiriques ou spirituelles, ou contre les autres volontés humaines. Mais dans ce qui relève du possible, il a été démontré que la prière et les invocations ont eu un impact réel, soit sur la psyché et la spiritualité des individus, soit même sur la matière et les événements physiques ou relationnels du quotidien.

Sur l’argument de la quantification et de la reproductibilité, il faut savoir que la conscience, les pensées, les lois de la physique et certains « événements cosmiques » ne sont ni quantifiables ni reproductibles (en tout cas pas à souhait), et que cela exclut aussi le « hasard ontologique » comme l’athéisme (qui n’est pas une « substance » localisable ou quantifiable). Ainsi, comparer Dieu (entité métaphysique ne pouvant pas faire l’objet de probabilités ou de statistiques) et des entités physiques (hypothétiques ou concrètes) comme le père Noël, la licorne, la théière de Russel ou les lutins, relève du sophisme et révèle l’erreur logique des personnes qui usent et abusent même, de cet argument fallacieux.

En somme, le néant ne pouvant rien produire, il ne peut donc pas exister puisque la réalité est ; et tous les modes d’existence (êtres humains, galaxies, mondes, matière, espace, temps, …) ne possèdent pas leur propre raison d’être suffisante et possèdent une certaine limitation (au moins sous un rapport), ils ne sauraient donc être infini ou éternel, ce qui implique que le Réel absolu est à la fois nécessaire, et qu’Il transcende également les différents modes d’existence. Ce Principe absolu, est aussi qualifié de Vivant, d’Omniscient, d’Omnipotent, de Toute-Miséricorde, etc., car Ses qualités se manifestent dans l’existence relative dans un mode limité, à savoir l’intelligence dans les créatures, l’intelligibilité du monde pour les êtres humains, la puissance qui se déploie dans le cosmos, l’attitude miséricordieuse dont les êtres sont capables, la vie dans l’existence, etc.

Comme on le sait aussi grâce au théorème d’incomplétude de Gödel, tout système fini dépend de principes qui lui sont supérieurs, et les axiomes indécidables impliquent qu’ils n’ont pas leur propre raison d’être suffisante et qu’ils dépendent ainsi d’autres variables ou axiomes pour justifier et expliquer leur existence. C’est la notion d’Infini (à ne pas confondre avec l’indéfini mathématique) qui permet de résoudre cette énigme existentielle, et Dieu est ce qui s’identifie avec l’Infini, qui produit ensuite les différents univers indéfinis dont le nôtre (l’univers spatiotemporel).

Tout cela est observable, palpable et « vérifiable », et sont autant de choses et d’éléments qui ne sont pas compatibles avec la croyance de l’athéisme.

Notes :

(1) Selon le dictionnaire de l’Internaute (avril 2021), l’athéisme se définit comme la doctrine/croyance des athées. Un athée ne croit en rien et refuse tout en bloc. Un agnostique refuse de se prononcer et émet des doutes sur une existence divine. Parmi les synonymes : impiété, impiété, incroyance, matérialisme : https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/atheisme/

(2) Selon le dictionnaire de l’Internaute (avril 2021) : est rationnel tout ce qui est basé sur la raison, sur l’esprit et sur la mise en œuvre de la logique. Par extension, ce terme qualifie ce qui est conçu pour être pratique et efficace. Exemple : Avoir un comportement rationnel, des pensées rationnelles, être rationnel dans ses choix …, et parmi les synonymes : cohérent, logique, pratique. Et concernant les contraires : irrationnel, anarchique, malcommode. Son étymologie vient du latin rationalis, lui-même dérivé de ratio ou ratus qui signifie calculer, analyser : https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/rationnel/

(3) Le théisme est la doctrine ou la pensée selon laquelle il y a un Créateur à l’origine du monde créé, et ayant « relié » les humains à Lui selon des modes de communication ou de révélation, et dont les êtres humains se relient à Lui notamment par des doctrines, des rites opératifs, par une initiation spirituelle, par l’intellect ou par l’expérience intime.

(4) Le déisme est la doctrine ou la pensée selon laquelle il y a un Créateur ou une force supérieure à l’œuvre dans l’univers, indépendamment de tout rattachement à une religion.

(5) L’empirisme, aussi appelé méthode empirique, est ce qui provient de l’expérience. Exemple : Il a acquis ses connaissances en jardinage par empirisme. Voir le dictionnaire de l’Internaute (avril 2021) https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/empirisme/ ; cependant ils qualifient le « rationalisme » de « contraire à l’empirisme » alors que pas nécessairement. On peut être rationnel et empirique en même temps, mais dans les cas où les 2 ne sont pas possibles en même temps, certains opteront pour l’une des 2 approches selon leur préférence (soit ce qui est rationnellement concevable, ou soit ce qui est a été empiriquement démontré).

(6) A notre modeste niveau, les « preuves spirituelles » de la Réalité divine, comme de la véracité des fondements de la foi et de la mission prophétique ne font pas de doute, puisque les visions, prémonitions, intuitions, bienfaits palpables, etc. qui y sont liés, nous avons pu les expérimenter. Mais demeurant aussi intimes et intérieures que le sont notre conscience et nos pensées, celles-ci ne sont pas visibles pour les observateurs extérieurs, sauf en cas d’un accomplissement d’un prodige violant ou défiant les lois habituelles de la physique, ou dans des prédictions annoncées à des personnes, et qui se réalisent sans que la volonté humaine n’y soit pour quelque chose.

(7) Voir l’ouvrage du physicien, épistémologue et philosophe des sciences australo-britannique Alan Francis Chalmers (né en 1939), Qu’est-ce que la science ?, éd. Livre de Poche, 1990. Voir aussi Histoire et philosophie des sciences, éd. Sciences humaines, 2013, ouvrage collectif.

(8) Larivée. S., & Gendreau, P. L.. Recension de L’effet placebo : le pouvoir de guérir, Revue de psychoéducation, 34(2), 2005, 397-402.

(9) Powell LH, Shahabi L, Thoresen CE, « Religion and spirituality. Linkages to physical health », The American Psychologist, vol. 58, no 1,‎ janvier 2003, p. 36–52.

(10) « Des chercheurs américains ont reproduit une centaine d’études pour les vérifier. Résultat, moins de la moitié des contre-études sont arrivées aux mêmes conclusions que les recherches originales. Des protocoles identiques, des échantillons similaires, mais des résultats différents. Une équipe de 270 chercheurs a tenté de reproduire des études de psychologie. Dans à peine 40% des cas ils sont arrivés aux mêmes résultats que les recherches originales, selon les conclusions de ce projet, baptisé «Reproducibility Project», publiées jeudi dans la revue Science (…) ». « Selon une étude scientifique, les études scientifiques ne sont pas fiables », Libération, 29 août 2015 : https://www.liberation.fr/sciences/2015/08/29/selon-une-etude-scientifique-les-etudes-scientifiques-ne-sont-pas-fiables_1371394/


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