Biographie : Abû Rayhân al-Birûnî (973 – 1048 ou 1052)

Abû Rayhân al-Birûnî (973 – 1048 ou 1052), il est le savant musulman, – amoureux d’Allâh et de Son ultime Messager, – Muhammad (ﷺ) -, il fut doté d’un esprit brillant et remarquable, d’origine persane, d’expression arabe, évoluant dans un contexte sociopolitique turco-persan. Il est l’imâm, l’une des grandes fiertés du monde persan, de la Communauté musulmane et même de l’Humanité. Esprit fin et singulier, son apport est immense dans le domaine des sciences, après avoir étudié les sciences de son temps dès son plus jeune âge, et les enrichissant par ses observations, ses critiques et ses réflexions. Il est l’érudit, le savant polymathe, le théologien, le métaphysicien, le philosophe, le logicien, le juriste, l’exégète du Qur’ân, s’étant formé aussi à la langue arabe, au Hadîth, à la Sîrah et à l’histoire de l’Islam. En dehors des sciences islamiques, il était aussi l’astronome, le médecin, le chimiste, le physicien, le géographe, l’historien, le polyglotte (le persan, l’arabe, le turc, l’hébreu, le sanskrit, le grec et d’autres langues encore), le philologue, l’ethnologue, l’épistémologue, le pharmacologue, le botaniste, le géologue, le minéralogiste, l’anthropologue, le sociologue, l’indologue, le mathématicien, le cartographe, l’encyclopédiste, le spécialiste des religions comparées (il étudiera et comparera ainsi en profondeur, en plus des courants intrareligieux, des courants philosophiques et des cultes idolâtres, les religions telles que le Zoroastrisme, le Judaïsme, l’Hindouisme, le Christianisme, le Bouddhisme et l’Islam), l’explorateur mais aussi diplomate, il toucha à d’autres sciences également. Il écrivit au moins 150 ouvrages, mais dont la majorité ne nous est plus accessible.

Savant sunnite de rite hanafite, il était asharite ou maturidite, et tout en faisant preuve d’une remarquable attitude bienveillante et « tolérante » envers les autres, tout en éprouvant une soif profonde d’apprendre et d’ouverture intellectuelle, il n’hésita pas à placer la Vérité et la justice au-dessus du reste, fustigeant et dénonçant l’idolâtrie, l’anthropomorphisme et le fatalisme, non seulement dans les autres communautés, mais aussi à l’égard de certaines sectes musulmanes hétérodoxes. Il considérait par ailleurs le mu’tazilisme comme étant une approche assez stérile, frivole et sophiste. Il était aussi très critique envers la philosophie grecque, tout en les ayant lu (Ptolémée, Platon, Aristote, Socrate et d’autres), et corrigé de nombreuses théories grecques répandues concernant la philosophie, la physique, la géographie, l’astronomie et les mathématiques. Il fut très critique envers la philosophie aristotélicienne, et sans renier l’héritage grec, refusa le taqlîd (l’imitation aveugle) et n’hésita pas à vérifier par lui-même la validité des différentes théories grecques, persanes, arabes, indiennes ou autres à travers le « Réel », et contesta aussi la théorie « atomiste » et « matérialiste », l’éternité du monde, etc. Concernant le temps et l’espace, il était d’avis, en se fondant sur l’observation et la réflexion, qu’ils n’étaient pas réductibles uniquement à la physique et aux mathématiques, il y avait aussi une « qualité », et ainsi, le temps, qui était cyclique pour lui, n’était pas qu’une succession de durées sans signification métaphysique et sans « qualité spirituelle », et avec lui, l’Histoire également, qu’il fallait donc aborder avec attention et réflexion, pour en tirer des leçons et des sagesses.

A lui seul, il incarnait l’ensemble de la « méthode scientifique », mais ouverte sur la Transcendance, refusant le cloisonnement et le renfermement sur soi-même. Ainsi, son approche intégrait l’intellect, la rationalité, la logique, la déduction, l’observation, l’expérience scientifique, le voyage, l’intuition, le « sens spirituel », le support de la Révélation, la réflexion et la méditation, la discussion et la re-vérification des propositions et théories des « Anciens », – pas par amour de la polémique ou de l’opposition, mais par souci de la vérité -. Le monde étant en perpétuel mouvement, et les hommes étant enclins à être affectés par de nombreux biais, on ne peut pas toujours se fier à leurs témoignages et à la description qu’ils font des populations humaines ou même de certains événements ou phénomènes liés au monde sensible. Ne reniant pas l’héritage passé en bloc, il proposait surtout d’examiner leur pertinence ou leur véracité par l’observation directe et l’expérience. En effet, certains chroniqueurs, témoins ou explorateurs avaient tendance à se tromper dans la description faite des autres peuples ou croyances, soit en généralisant abusivement, soit en adoptant qu’une approche superficielle ou en se basant sur une mauvaise compréhension (linguistique ou culturelle) des écrits ou des croyances des autres peuples. Tout en mettant en garde contre les écueils commis par différentes catégories de chroniqueurs, – notamment ceux qui aimaient trahir la réalité au profit d’un récit plus poétique faisant appel au « merveilleux » sans aucune base réelle, – contrairement aux prodiges bien attestés – ainsi que les menteurs ou ceux qui écrivent pour faire plaisir à leurs mécènes et soutiens politiques, il appelle, non pas à refuser les écrits et témoignages de ses prédécesseurs, mais à les vérifier par l’observation en allant soi-même sur le terrain, soit pour nuancer éventuellement certaines choses, soit pour faire état de l’évolution de la situation au sein d’un peuple donné. Aussi, lors des échanges intellectuels ou des « débats », il invite à la compréhension et à l’humilité, – sans renoncer toutefois à ses principes -, au lieu de la « confrontation » ou de la volonté de « réfuter l’autre » tout en l’essentialisant, dans le seul but d’affirmer son orgueil ou de défendre « sa chapelle », au détriment de la vérité et de l’équité.

Ayant été formé au Qur’ân et à son exégèse, il étudia aussi le fiqh (notamment hanafite), le Hadith, la théologie, la langue arabe, la Sirah et l’histoire du monde musulman. L’impulsion de la recherche de la connaissance et d’atteindre la Vérité (al Haqq), lui a été donnée par les directives qurâniques et prophétiques, qu’il avait constamment à l’esprit, ce qui l’avait poussé à partir en quête de connaissance, tout en étant guidé par des qualités fortes telles que l’humilité, la réflexion, la véracité, l’impartialité, l’autocritique, la patience, l’équité et la justesse dans les critiques et les « jugements » portés sur soi-même, sa propre communauté et sur les autres.

Tout en reconnaissant l’Unité transcendantale (l’origine Divine unique) de toutes les Religions « divines », il se refusait au syncrétisme comme au fanatisme, et expliquait avec érudition toutes les étapes conduisant une communauté à sombrer dans l’idolâtrie alors que leur Religion fondatrice était fondée sur l’Unicité divine, et dont les différences avec les autres religions se situaient plutôt dans les expressions, les dispositions juridiques et cultuelles liées aux spécificités socioculturelles propres à chaque « aire civilisationnelle », mais dont les principes (fondés sur l’Unicité divine et la pureté morale) et les finalités étaient uniques et universelles. Il fit judicieusement remarquer que la tyrannie politique était souvent fondée sur l’idolâtrie de la masse, – voulue et entretenue par une élite corrompue -, engendrant une organisation sociale propice à l’ignorance et à la corruption. Cette idolâtrie pouvant être grossière ou subtile (des « idoles mentales » ou des vices qui prennent le dessus sur la vertu et la conscience de l’Unique qui libère), et en ce qui concerne les Hindous, il distinguait clairement entre la classe éduquée qui était monothéiste, et la classe populaire qui était globalement idolâtre, et maintenue volontairement dans l’idolâtrie et une condition sociale inférieure, – et où l’apparition de l’Islam fut une libération pour les populations des « castes inférieures » -. Son respect, sa compréhension profonde et sa description « impartiale » des autres religions et cultures, ne l’a évidemment pas empêché de reconnaitre la supériorité théologique et sociale des valeurs et principes islamiques (indépendamment des avis juridiques communs aux différentes cultures du monde), où il dit : « Nous avons ici rendu compte de ces choses afin que le lecteur puisse apprendre par le traitement comparatif du sujet combien les institutions de l’Islam sont supérieures, et combien plus clairement ce contraste fait ressortir toutes les us et coutumes, différentes de celles de l’Islam, dans leur corruption et dissolution essentielles ». Cependant, il était aussi heureux à l’occasion d’exprimer son admiration pour d’autres cultures, et citait directement les textes sacrés d’autres religions pour parvenir à ses conclusions (Voir Kamar Oniah Kamaruzzaman, « Al-Bîrunî: Father of Comparative Religion », Intellectual Discourse, 2003).

Dans ses œuvres les plus remarquables, il n’hésite pas à louer et glorifier le Créateur, ce qui motive et fonde le sens de toute sa quête intellectuelle et spirituelle, et fait référence par allusion ou de façon explicite, au Qur’ân et aux ahadiths prophétiques. Bien que le persan fût sa langue maternelle, il étudia l’arabe et la considéra comme étant la plus belle et la plus riche des langues, évoquant ses qualités et ses différents aspects particuliers. Ainsi, contrairement aux nationalistes iraniens qui voulurent faire de Al-Birûnî « un des leurs », celui-ci fut un fervent musulman acquis à l’universalité et à la fraternité intra-musulmane, un amoureux et un admirateur de la langue arabe. Il dit en effet à ce sujet : « Notre religion et notre culture resteront 2 jumeaux arabes, tant que l’écho de l’appel à la prière du muezzin 5 fois par jour est porté à nos oreilles, tant que les khutba (sermons religieux) seront prêchées dans cette langue, et aussi longtemps que les fidèles rangés derrière l’imâm mèneront la prière en langue arabe. (…) La langue arabe est dépositaire de tous les arts de la terre, car c’est en arabe que nous ont été transmises les sciences de toutes les parties du monde ; les sciences de toutes les régions du monde ont été traduites dans la langue des Arabes, elles se sont par là embellies, ont pénétré les cœurs, et la beauté de la langue a circulé dans les veines et les artères… Je grandis dans une langue (le dialecte persan du Khwarezm) dont on peut dire que si l’on voulait s’en servir pour exprimer les sciences, ce serait aussi étrange qu’un chameau sur un toit ou une girafe dans le lit d’un torrent. Et si je compare l’arabe au persan, (qui sont) 2 langues dont je me sens intimement familier, j’avoue préférer l’invective en arabe à la louange en persan. Si je réfléchis à ma langue, je trouve qu’elle semble obscurcir toute idée qu’elle exprime, laquelle, en arabe parait claire et juste, bien que l’arabe ne soit pas ma langue maternelle ». A ce titre, le vocabulaire persan, comme le vocabulaire turc, ourdou, latin, français et anglais, pour ne citer que ces exemples, ont été considérablement enrichis par les mots arabes (ou arabisés). Ainsi, pendant plus de 1000 ans, l’arabe fut la langue de la science, du commerce mondial, des arts et de la civilisation, n’en déplaisent aux racistes et aux nationalistes extrémistes en tous genres.

Il discuta également dans d’autres domaines, des siècles avant les savants occidentaux, de la rotation de la terre, de l’héliocentrisme (sans prendre parti, mais laissant la question ouverte, et précisant que les « preuves » en faveur du géocentrisme n’étaient pas définitives ni concluantes), de la loi universelle de la gravitation, et calcula aussi avec précision le rayon de la terre, – avec une différence minime par rapport aux données actuelles, mais qui peut s’expliquer selon la théorie de l’expansion terrestre voulant que la planète terre ait connu une expansion (défendue notamment par des scientifiques comme Samuel Warren Carey) -. Même en l’absence de possibilité technique de mener des expériences pour confirmer certaines idées, ses intuitions se sont révélées exactes et fécondes, et furent confirmées scientifiquement plusieurs siècles, voire environ 1 millénaire après sa mort.

Son approche universelle des sciences, était le reflet et la conséquence (ana)logique de l’universalité de la foi islamique qui l’animait, car tout devait conduire à la connaissance du Divin.

Il était non seulement le contemporain d’un autre grand esprit scientifique, – Ibn Sina (Avicenne) – mais était même son ami avec qui il correspondait régulièrement, malgré leurs profonds désaccords sur un certain nombre de sujets -, ce qui poussa à Ibn Sina à relativiser le paradigme « grec » dans les sciences, suite aux observations et analyses d’Al-Birûnî par rapport à certains problèmes liés à la physique.

Al-Birûnî fait partie, sans conteste, des plus grands esprits et scientifiques de l’Humanité, occupant une place d’envergure dans l’histoire et la philosophie des sciences, ayant marqué son empreinte comme le firent d’autres grands savants, chacun à leur manière, tels que Ibn Sina, Abû Hâmid al-Ghazâlî, Ibn ‘Arabî, Ibn al-Haythâm, Rûmî, Ibn Khaldûn et d’autres. Si l’imâm Al-Ghazâlî a été surnommé « Hujjat al Islâm » (la Preuve de l’Islam) et Ibn ‘Arabî comme étant le « Shaykh al-akbar » (le plus grand des maîtres, – parmi les humains en dehors des Prophètes et de leurs Compagnons -), on pourrait dire d’Al-Birûnî qu’il était « la Preuve du génie de l’Islam »), tant sa connaissance, son savoir et ses qualités furent profonds, vastes, perspicaces et grandioses, et le tout étant soutenu par une foi « pure » et un amour sincère envers le Tout-Miséricordieux et ce qu’Il a révélé. L’Humanité toute entière a pu ainsi bénéficier de son intelligence, de ses qualités et de ses travaux, qui embrassèrent pratiquement toutes les dimensions de la connaissance et toutes les disciplines scientifiques de son temps.

En langue française, nous recommandons vivement la lecture de l’ouvrage intitulé Al-Birûnî – A la rencontre de la foi et de la science de Ikrame Ezzahoui (qui est une historienne et « chroniqueuse ») aux éditions Albouraq (2021) :

« D’origine perse al-Bîrûnî, est un des savants les plus brillants de l’histoire musulmane. Né en 973 près de la ville de Khawarezm, essentiellement célèbre pour avoir réuni un savoir encyclopédique, il est le témoin attentif et un acteur éloquent des développements intellectuels du monde islamique au Xème siècle. Polymathe, il excelle dans l’étude de domaines aussi divers que la géographie, l’astronomie, les mathématiques, l’histoire, la pharmacologie, la géologie, et même la philosophie.

A l’occasion de l’excursion du sultan de Ghazna, qu’al-Bîrûnî accompagne en tant que savant et conseiller, il traverse toute la Perse et atteint les rives de l’Inde en 1017. Il observe alors, avec tout le souci du détail de l’ethnologue, la société hindoue dont il rend compte dans sa magistrale « Etude de l’Inde » qui demeure un chef-d’oeuvre et la source première de tout ce qui fut écrit sur le sujet par la suite.Mais al-Bîrûnî est également une figure centrale des sciences mathématiques et physiques qu’il parvient à rattacher à un horizon spirituel puissant. Son histoire riche d’expériences et d’enseignements nous fournit un modèle d’effort intellectuel soutenu par une foi islamique exigeante ».

Concernant ce livre biographique, disons-le tout de suite, il rend parfaitement honneur au grand Abû Rayhân al-Birûnî, en replaçant toute son œuvre dans le contexte culturel et politique qui était le sien, les réalités religieuses et sociologiques de son temps, ce qui permet de mieux comprendre son œuvre et les différents aspects de sa vie. L’ouvrage est enrichi par de belles illustrations en couleur, et aborde de nombreux aspects de sa vie et de son œuvre, ce qui n’existait pas encore en langue française – du moins il semblerait -. L’auteure a une très belle plume, et évoque de nombreux éléments tout en étant concise, et valorisant les points forts et les mérites de ce noble savant, retraçant les dates importantes et les œuvres majeures, et surtout, la dimension « épistémologique/méthodologique » d’Al-Birûnî, – là où se manifeste une grande partie de son génie immense -. Elle cite par ailleurs les différents versets qurâniques qui ont nourri l’œuvre d’Al-Birûnî et sa perspective, tout en sélectionnant des passages clés de son œuvre qui permettent d’en faire jaillir le fil conducteur.

L’auteure semble cependant un peu déconcertée de la position de Al Birûnî envers le mutazilisme, mais il ne fait que rejoindre la position d’autres grands savants comme Al-Ghazâlî, Rûmî, Ibn ‘Arabî ou plus récemment René Guénon, car la spéculation sans avoir recours à l’expérience scientifique, à l’observation directe ou à l’expérience spirituelle, est vaine, et n’a aucune portée pratique pour la science, l’humanité, le corps ou l’âme, ce qui a toujours suscité la méfiance et la condamnation partielle, de la part des grands métaphysiciens et théologiens envers la « philosophie » ou le « rationalisme » (ici des mutazilites) quand la spéculation incertaine (et infructueuse) l’emportait sur le reste, éloignant ceux qui s’y adonnent ou qui les lisent sans esprit critique, de la Vérité révélée, comme de la piété, de l’aspect pratique, de l’expérience, de l’intellect, des réalités spirituelles ou de la « technique ». Sa critique des croyances matérialistes, naturalistes et idolâtriques de son temps, était globale, et incluait l’intellect, l’expérience, l’observation et les principes directeurs du Qur’ân qui fondaient et renouvelaient sans cesse sa vision des choses. Ainsi, tout en étant à la fois rationnel, spirituel, et attaché aux sens comme à l’intellect et à l’expérience, il n’était cependant pas un « rationaliste » (réduisant tout le Réel aux seules vérités « rationnelles » ou aux méthodes « rationnelles »), ni un « empiriste » (se limitant qu’aux seules expériences « scientifiques ») ni un naturaliste (excluant la Transcendance et la dimension spirituelle de l’existence). Étant formé au ‘ilm ul kalâm, il n’excluait a priori aucune chose ou hypothèse relevant de l’ordre du « possible » et de la « contingence », à moins que des preuves et éléments multiples indiquaient le contraire, tout en restant prudent et humble dans son approche. Outre le contenu qui est varié tout en étant très riche et sublime (les méthodes, questionnements, réflexions, intuitions et travaux réalisés par Al-Birûnî), l’édition elle-même est à saluer pour sa beauté et son élégance très agréable. Le style de l’auteure en rend la lecture encore plus fluide et appréciable. Cet ouvrage constitue donc non seulement une très bonne introduction au sujet, mais aussi une excellente synthèse.
Seul petit bémol, cette biographie ne fait que mentionner brièvement, sans s’y attarder, son rapport aux sciences islamiques, mis à part sa relation avec le Qur’ân.


Be the first to comment “Biographie : Abû Rayhân al-Birûnî (973 – 1048 ou 1052)”