La doctrine théologique sunnite par le Hafiz Ibn Hibbân (270 – 354 H) et la voie des Salafs

La doctrine théologique sunnite par le Hafiz Ibn Hibbân (270 – 354 H), qui a étudié auprès d’éminents salafs (notamment avec l’imâm An-Nasâ’î (214 – 303 H) le grand Hafîz et spécialiste du Hadîth et auteur des Sunân) et qui a eu d’éminents disciples comme Al-Hakim al-Nayshabûrî l’auteur du recueil de Hadith Al-Mustadrak), offre une très bonne approche dans les questions théologiques liées aux Noms et aux Attributs divins, qui ont fait coulé beaucoup d’encre dans le monde musulman, allant parfois même jusqu’à certaines persécutions (ou des expulsions) ou excommunications envers des savants musulmans appartenant à d’autres courants (encore aujourd’hui, ce sectarisme est présent, non seulement chez les wahhabi sectaires, mais aussi chez les laïcs et les réformistes, certains sunnites et shiites). L’imâm Ibn Hibbân était savant musulman très pieux, un exégète du Qur’ân, l’auteur de plusieurs ouvrages dont des recueils de ahadiths et fut un éminent muhaddith (spécialiste du Hadîth), un juriste affilié à l’école shafiite, un juge musulman (Qadî/Cadî), un connaisseur des fondements du droit et de la religion, un cheminant sur la voie du Tasawwuf, un amoureux des Ahl ul Bayt (notamment ceux de la lignée alide et bakrite avec l’imâm Jâ’far et ses descendants, et faisait le tabarruk auprès de la tombe de l’imâm ‘Alî ar-Ridhâ), un théologien orthodoxe (conforme à la voie des asharites et des maturidites), ainsi qu’un historien, un médecin, un astronome, un mathématicien, un grammairien et s’adonna aussi à d’autres sciences, mais il fut maltraité et accusé à tort par des fanatiques appartenant aux courants anthropomorphistes ou proches de ceux-ci.

Ainsi, l’imâm du Hadîth Ibn Hibbân a écrit dans l’introduction de son livre sur les transmetteurs At-Thiqât (1/1) :
« La louange est à Allâh, Celui qui n’a pas de limite et qui n’est donc pas limité pour être contenu, Qui est exempt de terme et n’est donc pas décompté pour être anéanti, Qui n’est cerné par aucun des endroits et Qui n’est pas sujet à l’écoulement du temps. On ne peut percevoir l’ampleur de ses bienfaits par les témoignages ou les sens. Il ne peut y avoir d’analogie entre les Attributs de Son Être et ceux des êtres humains. Son degré est trop immense pour que l’atteignent les limites de ceux qui Le décrivent, et Sa description est trop haute pour la perception de ceux qui la prononcent. Les formulations linguistiques sont impuissantes pour la description de Ses Attributs. Il n’a point d’associé dans Son royaume, ni pair ni semblable dans Son empire, ni délégué. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allâh, qui dénombre chaque chose entièrement, qui fait mouvoir chaque personne pour que périsse celui qui doit périr par une preuve éclatante et vive celui qui doit vivre par une preuve éclatante. J’atteste que Muhammad est Son serviteur, son choisi et Son messager dont Il est satisfait. Il l’a envoyé avec la lumière éclatante et la lueur brillante. Il a transmis d’Allâh le Message et a éclairci par les preuves ce à quoi il a appelé. Le fait de suivre sa Sunnah est une obligation pour être guidé et accepter ce avec quoi il est venu montre l’atteinte de la félicité, que la Grâce d’Allâh soit sur lui et sur sa famille pure ».

Dans son al Ihsân fî Taqrîb Sahîh ibn Hibbân (3/200-201) lors de l’explication de l’Attribut de la « Descente » il dit : « Les Attributs d’Allâh ne sont pas établis par un « comment » (une modalité créée) , et on ne fait pas d’analogie vers ceux des créatures. Comme le fait qu’Allâh possède la Parole sans dispositif par les dents, les luettes, la langue ou par lèvre comme les créatures. Allâh est exempt de ce qui est semblable à cela et ce qui y ressemble. Et il n’est pas permis de faire une analogie entre Sa Parole et la nôtre. Car la parole des créatures n’existe pas si ce n’est avec un dispositif pour le faire, et Allâh parle comme Il veut sans dispositif. Ainsi Il « Descend » sans dispositif, sans mouvement, et sans déplacement d’un endroit vers un autre. Il en est de même pour la Vue et l’Ouïe, comme il n’est pas permis que l’on dise : Allâh voit et entend par des trous, des globes oculaires et des paupières. Mais Il voit comme Il veut sans dispositif. Et Il entend sans oreilles, sans lobes, ni gêne, ni nerfs à l’intérieur. Mais Il entend comme Il veut sans dispositif. De la même manière Il « Descend » comme Il veut sans que l’on fasse d’analogie entre « Sa Descente » et la descente des créatures, qui elles sont établis par un comment. Allâh est exempt et transcende le fait qu’on le fasse ressembler avec quoi que ce soit de parmi les attributs des créations ».

Et dans son recueil de hadîth al Ihsân fî Taqrîb Sahîh ibn Hibbân (15/46) : « Le Prophète (ﷺ) a dit : « L’islâm restera intact et droit pendant 35 ou 36 (années). Si les gens entrent dans la perdition [par le changement de la religion], ils seront sur le chemin de ceux qui se sont perdus [avant]. Si par contre ils restent [sur la religion intacte], leur religion leur restera encore 70 ans ».Abû Hâtim [ibn Hibbân] a dit : Les gens de l’innovation [bid’ah] ont dénigré nos imâms sur la base de ce hadith. Ils ont prétendu que les gens du hadith sont des « Hashawites » et qu’ils rapportaient ce que réfutent la constatation et le bon sens, en l’authentifiant. Et s’ils étaient interrogés sur le fait de décrire cela, ils disaient : « Nous y adhérons et nous ne l’expliquons pas ». Par la grâce d’Allâh et Son Bienfait, nous ne sommes rien de ce qu’on nous accuse. Plutôt, nous disons que le Prophète (ﷺ) n’a jamais parlé à sa communauté avec un langage qu’elle ne comprend pas de lui. Il n’y a rien dans sa Sunnah dont on ne connaît pas le sens. Celui qui prétend que, lorsque les traditions sont authentiques, il est obligatoire de les rapporter, de croire en elles sans pour autant les expliquer et comprendre leur signification, il aura dénigré le message, par Allâh. Sauf s’il s’agit de traditions portant sur les récits parlant des Attributs d’Allâh dans lesquels l’attribution d’une modalité ne s’applique pas. Il sera tout de même obligatoire à chacun d’y adhérer ».

Le Hâfiz ad-Dhahabî a écrit dans Siyâr A‘lâm an-Nubalâ’ (16/92-94) à son sujet : « L’imâm, le Hâfiz, l’expert dans les récitations, le Shaykh du Khurassân, Abû Hâtim Muhammad ibn Hibbân ibn Ahmad ibn Hibbân ibn Mu’adh ibn Ma’bad ibn Shahid ibn Hadiiyah ibn Murrah ibn Sa’d ibn Yazîd Ibn Murrah ibn Yazîd Ibn ‘Abdillah ibn Darim ibn Hanzalah ibn Malik ibn Zayd Manat ibn Tamim at Tamimî ad Dârimî al Bustî, l’auteur des livres connus. (…) Abû Sa’d al Idrissî (m.405 H) a dit : « Il était le juge de Samarqand pour un temps. Il était parmi les jurisconsultes (fuqahâ’) de la religion, les mémorisateurs des récits (Huffâz al Athar) un savant en médecine, en astronomie et d’autres branches de science. Il a écrit un Musnad as Sahîh, c’est-à-dire : Kitâb al Anwâ’ wa at Taqâsîm. Il a aussi écrit Kitâb at Târîkh, Kitâb ad Du’afâ’ et il enseigna la jurisprudence aux gens de Samarqand.Al Hâkim (m.405 H) a dit : « Ibn Hibbân était de ceux qui étaient les plus savants en jurisprudence, en langue arabe, en hadith, en exhortation et parmi les plus intelligents des hommes. Il est arrivé à Naysabûr en l’année 304. Ensuite, il a eu la judicature à Nasa. Il est venu par la suite vers nous en l’an 337 et resta à Naysabûr en y construisant son couvent. On a lu sur lui l’ensemble de ses ouvrages et il partit de Naysabûr pour retourner à son pays, le Sijistan en l’année 40 (de l’an 300 ; 340). On voyageait vers lui pour entendre ses livres ».Abû Bakr al Khatîb al Baghdâdî (m.463 H) a dit : « Ibn Hibbân était digne de confiance, noble, vif d’esprit » ».

L’Imâm Ad-Dhahabî a dit encore dans son Siyâr (16/96-97) dans la biographie de l’Imâm Ibn Hibbân (270 – 354 H), sur ceux qui l’avaient critiqué par pure ignorance : « Abû Ismâ‘îl al Ansârî (m.481 H) a dit : « J’ai entendu le prédicateur Yahyâ ibn ‘Ammâr (m.422 H), et je l’ai questionné concernant Ibn Hibbân. Il dit : Nous le fîmes sortir du Sijistân, il avait énormément de savoir, et il n’y avait plus grand que lui dans la religion, il vint à nous et rejeta la limite concernant Allâh, donc nous l’expulsâmes [de la région] ». Je dis (Ad-Dhahabî) : Votre rejet de sa personne est une innovation également, et s’aventurer dans cela fait partie de ce qu’Allâh n’a pas autorisé. Et aucun texte n’a confirmé ceci, ni ne l’a nié et « Fait partie du bon islâm que l’homme délaisse ce qui ne le concerne pas »*, et Allâh est exempt d’être limité ou décrit par autre que ce par quoi Il s’est décrit Lui-Même, ou par autre que ce qu’ont enseigné Ses envoyés, dans la signification que Lui a voulu, sans semblable et sans « comment ». {Nulle chose n’est comme Lui, et Il est l’Audient, le Voyant} (42/11) ». * Hadîth authentique rapporté par Tirmidhî dans ses Sunân n°2317 et Ibn Mâjah dans ses Sunân n°3976 d’après Abû Hurayra. Ad-Dhahâbî adopta lui-même la croyance erronée de la limite pour Allâh quand il était jeune (voir son Kitâb al-‘Uluww) avant de la rejeter et de revenir à la doctrine orthodoxe n’affirmant aucune limite pour Allâh, comme l’ont dit d’éminents Salafs. Dans son Mîzân Al-I’tidâl (3/507), al-Hafîz Ad-Dhahâbî relate encore une fois l’histoire de l’expulsion d’Ibn Hibbân pour avoir rejeté la limite concernant Allâh et cette fois-ci ajoute : « Je dis (Ad-Dhahabî) : Et l’être limité est une création, Allâh est exempt de cela ». Son élève asharite, l’imâm Tâj ud-Dîn As-Subkî dira dans ses Tabaqat as-Shafi’iyya al-Kubrâ par rapport à cet incident que : « Qui mérite le plus d’être chassé? Celui qui considère son Seigneur comme limité, ou celui qui affirme Sa Transcendance de toute corporalité ? », en effet, le comble étant que des hérétiques ou des déviants, concernant Allâh, taxent les gens de la Vérité d’être des hérétiques et des déviants qu’il faut réduire au silence ou expulser.

Cela fut clairement énoncé aussi par l’imâm ‘Alî, – parole rapportée par Abû Nu’aym dans son Al Hilyah par le biais d’une chaîne remontant jusqu’à An Nû’mâm Ibn Sa’d – qui a dit : « Alors que j’étais à Kûfah dans la maison de l’amir ‘Alî ibn Abû Tâlib, Nawf Ibn Abdullâh se précipita chez nous en disant : « Ô Amir des croyants, devant la porte il y a 40 juifs. En réponse à quoi, il dit : « Laissez-les entrer ». En se présentant devant lui, ils lui dirent : « Ô ‘Alî, décris-nous ton Dieu, celui qui habite le ciel, comment est-il ? Quand a-t-il existé ? et sur quoi est-Il ? [NDT : des juifs ont une conception physique, donc anthropomorphiste, de Dieu] ». C’est alors que ‘Alî prit place et dit : « Ô communauté de juifs, écoutez-moi et n’ayez par la suite aucun doute si vous ne questionnez nul autre que moi. Certes, mon Dieu, Le Suprême, est Eternel ; Il n’est ni issu d’une chose, ni mélangé avec quoi que ce soit, ni incarné ; Il n’a ni forme que l’on peut chercher, n’est ni localisé, ni caché, ni précédé par le néant (Il n’est pas précédé par la non-réalité) ». Ensuite il leur dit : « Et Il parla à Moîse sans l’intermédiaire de membres, ni autre biais…. Celui qui prétend que notre Dieu est limité, certes il a ignoré Le Créateur, L’adoré » ». Ainsi que son petit-fils, l’imâm Zayn ul-‘Abidin dans son As-Sahifah as-Sajjadiyyah où il dit : « C’est Toi Allâh Qu’aucun endroit ne contient » et « C’est Toi Allâh Qui est exempt des limites et Qui n’est donc pas limité » (authentifié par le Shaykh et imâm Murtadâ Az-Zabidi dans son It-hafu s-Sadati l-Muttaqin 4/643-644 avec la chaîne de transmission).

L’imâm Abû Hanifa dans son Fiqh al Akbar a dit : « Allâh est Un, non pas par le nombre, mais par le fait qu’Il n’a point d’associé. {Dis : C’est Lui Allâh l’Unique, Allâh Celui dont toute chose dépend, Il n’engendre pas et n’a pas été engendré, il n’y a rien qui Lui soit égal}, (113/1-4). Rien parmi Ses créatures ne Lui ressemble et Il ne ressemble à rien qui ne soit parmi Ses créations. Il a toujours possédé Ses Noms et Ses Attributs relatifs à Son Être et à Ses Actes. (…) Il est un Être pas comme les autres entités. L’être signifie qu’Il est Celui dont la Réalité est affirmée, sans qu’Il ne soit un corps, ni le fond d’une chose limitée par l’espace, ni un accident. Il n’a pas de limite, ni de contraire, ni de semblable, ni de pareil. Il possède « Main », « Face » et une « Essence ». Tout ce que Allâh a mentionné dans le Qur’ân à propos de « Face », de la « Main », de « l’Essence » , ce sont pour Lui des Attributs sans « comment » (sans modalité créée ou physique). (…) Le fait d’être proche ou loin de Allâh ta’ala, ce n’est pas en termes de distance courte ou longue, mais c’est en termes d’honneur et d’humiliation. Celui qui obéit est celui qui est « proche » de Lui sans comment, et celui qui désobéit est celui qui est « loin » de Lui sans comment ».
Dans son Al-Wasiyyah (où il aborde des notions logiques, philosophiques et théologiques en conformité avec le Qur’ân et la réalité physique) il dit : « Nous reconnaissons [tout comme il a été rapporté dans le Qur’ân] qu’Allâh h ta’ala «’ala l-‘arsh (le Trône) istawa » sans qu’Il ait besoin du Trône et sans qu’Il soit établi dessus et Il est Celui Qui préserve le Trône et autre que le Trône sans en avoir besoin car s’Il avait un quelconque besoin, Il ne serait pas tout puissant à faire exister le monde et à lui prédestiner tout ce qui lui arrive, Il serait comme les créatures. Et s’Il avait le besoin de s’asseoir (julûs) et de s’établir (qarar), alors avant de créer le Trône, où donc aurait-Il été ? Allâh est exempt de cela ».

Et dans son Al-Fiqh al Absat, il dit : « J’ai dit : Regarde, si quelqu’un dit : Où est Allâh ta’ala ? On lui dit : Allâh ta’ala est de toute éternité, il n’y a pas d’endroit avant qu’Il ne crée les créatures et Allâh ta’ala existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas de « où », ni de créatures ni quoi que ce soit, Il est le Créateur de toute chose ».

L’imâm du Salaf, At-Tahawî a dit dans sa Aqidatu at Tahâwiyyah : « (…) La vision d’Allâh est une réalité pour les hôtes du paradis, sans limites et sans comment [sans modalité]. Conformément à ce qui est mentionné dans le livre du Seigneur : {Ce jour-là, il y aura des visages resplendissants qui regarderont leur Seigneur.} (75/22-23) L’explication de ce verset est comme l’a voulu Allâh et l’a enseigné. Et tout ce qui est parvenu dans cela parmi les Hadîth authentiques du Messager, est comme il l’a dit, et la signification est selon ce qu’Il a voulu. Nous n’abordons pas ce sujet par des interprétations fondées sur des opinions personnelles, ni par des imaginations fondées sur des passions (…). Et Il est exempt de toutes limites, de fins, des côtés, des membres et des instruments pour l’action. Les six directions ne Le contiennent pas contrairement aux autres créations (…) ».

L’Imâm As-Shâfi’i a dit : « Allâh ta’âlâ est de toute éternité alors qu’aucun endroit n’est de toute éternité. Il a créé l’endroit en ayant l’attribut de l’exemption de début, tout comme avant la création des endroits, le changement n’est pas possible selon l’intellect à Son sujet, ni pour Son Être ni pour Ses attributs » (rapporté par le Hâfiz Az-Zabîdi dans It-hâfû as-Sâdati l-Muttaqîn, 2/36). Il s’agit ici des principes intellectuels, en conformité avec le Qur’ân, qui distingue l’Incréé (Allâh) du créé (l’ensemble de Sa Création).
L’imâm ‘Alî ibn Abû Talîb a dit aussi : « Allâh est de toute éternité et l’endroit n’existe pas de toute éternité, et Il est tel qu’Il est de toute éternité – c’est-à-dire sans endroit -» (Récit rapporté par Abû Mansûr Al-Baghdadî dans son Al-Farqû bayna l-Firaq, et qui va dans le sens aussi du hadith prophétique « Allâh était alors qu’il n’y avait rien d’autre que Lui/avec Lui/avant Lui » (relaté sous l’autorité de Burayda et rapporté par al-Hakim dans al-Mustadrak 2/341, qui l’a déclaré authentique (sahīh) – en accord avec l’imâm Ad-Dhahabi – et de ‘Imran ibn Hussein par Al-Bukhari et Ibn Hibban avec 2 chaînes solides dans son Sahih 14/7 n°6140 et 14/11 n°6142, ainsi que Ibn Abi Shayba dans son Musannaf).

L’imâm Ahmad a dit, comme l’a rapporté Abû l-Fadl At-Tamimi dans I’tiqadû l-Imamu l-Munabal Abi ‘Abdi l-Lahi Ahmad Ibn Hanbal : « Les noms sont pris de la Religion (Shari’ah) et de la langue arabe, or les spécialistes de la langue ont mentionné que le mot « corps » (jism) est attribué pour tout ce qui présente une longueur, une largeur, une épaisseur, une composition et une image, et Allâh ta’ala est exempt de tout ceci. Il n’est donc pas permis de Lui attribuer le corps (jism) car Il en est exempt, en plus ce terme n’a pas été cité dans la religion (Sharî’ah) comme nom d’Allâh, ce qui montre que cela est infondé », ainsi qu’Ibn al-Jawzî dans Daf’u Shubahi t-Tashbih dans lequel il dit : « Ahmad (Ibn Hanbal) n’a jamais attribué de direction à Al-Bari (le Créateur : c’est-à-dire Allâh) ».

L’imâm, le Sûfi et l’ascète parmi les Salafs, Dhûn-Nûn al-Misrî et l’élite des Ahl ul Bayt en son temp l’imâm Jâ’far As-Sâdiq dirent la même chose globalement, et Al Qushayrî dit dans son Ar-Risalat ul-Qushayriyyah : « Une personne interrogea Dhun-Nûn al-Misri, au sujet de la parole d’Allâh ta’âlâ (Ar-Rahmânu ‘ala l-‘arsh istawâ). Il répondit : «I l affirma Son Être et nia toute localisation à Son sujet, car Il est de par Son Être tandis que toute autre chose existe par Sa sagesse, et conformément à Sa volonté » et « Jâ’far As-Sâdiq a dit : Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, ou issu de quelque chose, ou au-dessus de [ou sur] quelque chose a commis du shirk (associer Allâh avec une chose propre aux modalités créées), car s’Il était au-dessus de [ou sur] quelque chose Il serait porté, s’Il était dans quelque chose, Il serait limité, s’Il était issu de quelque chose, Il serait entré en existence (c’est-à-dire créé) » (ce qui fut rapporté aussi par d’autres savants comme Al-Baqillânî dans son Al-Insaf p.40).


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