Dieu et les êtres créés : le nécessaire, l’impossible et le possible

Suite à notre article intitulé Preuves de la Réalité Divine : Kurt Gödel et Frithjof Schuon dans les voies démonstratives pour parvenir à la Réalité Divine publié le 26 octobre 2019 sur notre site ( https://editions-hanif.com/preuves-de-la-realite-divine-kurt-godel-et-frithjof-schuon-dans-les-voies-demonstratives-pour-parvenir-a-la-realite-divine/ ), nous vous proposons une autre démonstration permettant de clarifier tout cela et conduisant  à l’idée (et à la nécessité) rationnelle du « Dieu des théistes » :

  

Suite à notre article intitulé Preuves de la Réalité Divine : Kurt Gödel et Frithjof Schuon dans les voies démonstratives pour parvenir à la Réalité Divine publié le 26 octobre 2019 sur notre site ( https://editions-hanif.com/preuves-de-la-realite-divine-kurt-godel-et-frithjof-schuon-dans-les-voies-demonstratives-pour-parvenir-a-la-realite-divine/ ), nous vous proposons une autre démonstration permettant de clarifier tout cela et conduisant  à l’idée (et à la nécessité) rationnelle du « Dieu des théistes » :

   A – La nécessité du Principe créateur/Infini

1) On constate qu’il existe quelque chose plutôt que rien.

2) L’existence de l’univers est établie.

3) Ce que l’on appelle « Dieu » est identifié à la Réalité Ultime des choses.

4) Comme il y a nécessairement une réalité, le concept de Dieu est nécessaire rationnellement et empiriquement.

5) L’univers spatiotemporel est apparu à la suite d’un événement singulier (ce que des scientifiques appellent la singularité initiale) et la succession temporelle d’événements et d’éléments (particules, atomes, objets, …) se manifestant par la causalité implique leur non-éternité.

6) L’univers n’étant pas infini (mais indéfini ; des limites mais difficilement mesurables à l’échelle humaine et même cosmique), il ne trouve pas sa propre cause et raison d’être en lui-même.

7) Le néant (absence de réalité) ne pouvant rien produire, ni « quelque chose », ni « avant », ni « après », l’existence de l’univers ne peut être que par la cause (l’existenciation) d’un Principe immuable et infini, car le fini dépend toujours d’une instance qui n’est pas limitée et soumise à la causalité.

8) L’infini exclut la possibilité de plusieurs infinis et donc de plusieurs divinités, de même qu’il exclut le néant. L’Infini est le Tout et ne peut donc rien « exclure » et se trouver en dehors de Son Principe.

9) Comme l’a montré Gödel sur le plan mathématique avec son théorème de l’incomplétude, – et par transposition sur le plan métaphysique -, tout ensemble fini possède des axiomes indécidables, trouvant leur explication et leur réalité d’un ensemble supérieur/antérieur, jusqu’à « remonter à l’Infini » car rien n’est au-delà de ce qui est Infini, symbolisant et constituant le « Tout » (qui est plus que la somme des parties).

   B – Les Attributs nécessaires du Principe

1) Les Attributs de Vie, de Volonté, de Toute-Puissance, de Science, d’Eternité, etc. lui sont intrinsèquement nécessaires.

2) La manifestation de Sa Puissance, de Sa Volonté, de Sa « Vie », de Sa Science, etc. sont observables dans les effets de Sa Création avec l’existence d’êtres intelligents, conscients, vivants, etc. qui possèdent en eux-mêmes cette quête d’Infini, d’Eternité, etc. qui transcendent tous les êtres créés.

3) L’Eternité et l’Absoluité sont nécessaires pour expliquer et causer l’existence des choses relatives et contingentes.

4) L’étendue de Sa Puissance se constate par la Puissance qui se déploie dans la vie et le cosmos tout entier.

5) Tout être contingent est donc essentiellement distinct de Lui car existencié par des modalités créées tandis que Lui est, sans être conditionné par les modalités créées.

   C – Ses autres Attributs

1) Parmi Ses autres Attributs, il y a la Miséricorde, la Douceur, Celui qui accorde la subsistance, la Justice, etc.

2) Tout cela est observable dans la Création, où ces notions existent et s’incarnent dans l’existence et les êtres.

3) La différence est qu’Il possède Ses Attributs en propre et sans limite particulière, là où chez les êtres créés il s’agit d’emprunt et d’attributs qui sont limités et qu’ils puisent de Ses Attributs (à Lui).

4) La justice est une notion liée à la morale, et donc à la conscience et au jugement. Il s’agit là d’une chose rationnellement nécessaire et admise de ce point de vue-là.

5) Le concept de Jugement Dernier prend donc tout son sens, et découlant de Ses Attributs, Il en est le Maître absolu également.

6) Les êtres limités n’étant pas auto-subsistants, ils dépendent d’autres qu’eux pour vivre, d’où leur besoin de subsistance pour perdurer dans l’existence. Or la Subsistance dépend de Lui, qui est auto-suffisant.

   D – Les caractéristiques accidentelles

1) Il n’est pas possible d’imputer les « accidents » et les « défauts » au Principe (Dieu), car ils ne sont possibles que dans les êtres limités par leur propre condition, et n’apparaissent qu’en l’absence des qualités. Les défauts tels que l’injustice et le mensonge ne s’appliquent pas à Lui. En effet, tout défaut est lié aux créatures soumises à la dualité et aux possibilités, car il s’agit de tromper ou de mentir par besoin ou par impuissance pour un objectif X, et Allâh peut s’en passer puisqu’Il n’est pas impuissant et que Son Ordre s’impose à tous, bon gré mal gré.

2) Dieu étant la Source des qualités et n’étant pas limité par autre que Lui, n’est donc pas concerné par les défauts qui ne sont possibles que pour des êtres conditionnés par la dualité.

3) L’injustice n’est possible que pour un être limité qui possède le libre arbitre et la capacité de choisir les actions qu’il accomplira, et qui est conditionné par autre que lui. Il sera qualifié d’injuste s’il transgresse (en état de conscience et de connaissance de cause) les normes instituées par une instance supérieure.

4) Or Dieu est l’Instance Suprême, Il est Celui qui décrète ce qui est bien, juste, mal et mauvais.

5) Son Jugement est donc la Justice, et Sa Justice découle de Sa Sagesse.

    E – Le nécessaire, l’impossible et le possible

1) Dieu est posé comme une nécessité et Ses attributs essentiels ont été établis

2) Le néant (absence de réalité) est une impossibilité rationnelle et empirique.

3) Tout être physique ou psychique possédant une limite et étant donc conditionné, relève du possible (qu’il soit réel ou imaginaire) mais non pas du nécessaire, et pas nécessairement de l’impossible (jusqu’à preuve du contraire).

4) L’argument des athées sur les licornes, les extraterrestres ou de la théière de Russel n’a donc aucun rapport avec Dieu (nécessité rationnelle et empirique) puisqu’ils confondent Dieu (Principe/Réalité nécessaire, avec les Attributs de la Divinité) avec les possibles (objets/sujets limités et ne possédant pas les Attributs de Dieu).

5) Les athées (et autres non-religieux) divinisent les choses secondaires et relatives (cosmos, nature, idéologie, être vivant, Big Bang, hasard, …) en leur attribuant ce qui ne revient en réalité qu’à Dieu seul (Son Infinitude, Son caractère absolu et immuable, Son éternité, Sa Toute-Puissance, Sa Sainteté/Sacralité, etc.), tandis que les monothéistes ne font pas cette confusion, et reconnaissent les Attributs qui sont propres à Dieu.

6) La vie et le cosmos sont déjà des miracles du point de vue rationnel et suffisent pour démontrer la Puissance divine.

     F – La vérité, le rationnel et l’empirique

1) Toute vérité n’est pas forcément réductible au rationnel ou à l’empirique. La conscience et ses facultés, l’existence de telles ou telles pensées chez tel ou tel individu, l’origine de la conscience ou de la rationalité dépassent le « rationnel » et « l’empirique », tout en étant vrai (par nécessité indubitable) et sans pour autant être démontrable empiriquement.

2) Ce qui est rationnellement possible n’est pas forcément vrai ou pas nécessairement démontrable de façon formelle et empirique. Par exemple : l’existence des lutins, des licornes, des serpents à 8 têtes, etc. sont rationnellement possibles puisque nous pouvons les concevoir et que nous connaissons déjà des êtres contingents dotés de formes et caractéristiques similaires (mais non semblables) par rapport aux organes, aux membres, aux fonctions, etc. Cependant nous ne disons pas qu’ils existent dans notre monde sauf si des preuves spirituelles ou empiriques viendraient confirmer leur existence, rendant le « possible rationnel » vrai sur le plan empirique.

3) Tout ce qui existe n’est pas forcément « rationnel », comme par exemple certaines croyances non-rationnelles ou irrationnelles, des vérités et principes d’ordre supra-rationnelles, des intuitions non-rationnelles (mais vraies et ayant conduit à des découvertes archéologiques ou scientifiques), des émotions, etc.

4) Ce qui est empirique constitue une partie, – ou une dimension – du Réel, et non pas sa totalité, et l’existence même de cette interprétation (« école » empiriste) démontre l’inanité de cette prétention, puisque cette affirmation n’est pas