
Introduction
L’imâm Al-Hakîm al-Tirmidhî (vers 205 H/820 – 320 H/932), à ne pas confondre avec l’imâm Muhammad Ibn Isâ’ al-Tirmidhî (209 H/824 – 279 H/892, l’auteur des Sunân, juriste, exégète et lui aussi rattaché au Tasawwuf) est un savant musulman polymathe d’origine persane, il est une célèbre figure du Tasawwuf à l’ère des Salafs à l’instar d’autres grands maîtres de cette époque comme Ja’far As-Sâdiq, Al-Junayd, Bishr al-Hafî, Al-Harith al-Muhasibî, Dhû-l-Nûn Misrî, ‘Abdallâh Sahl al-Tustarî, As-Shiblî, etc. auxquels se référaient souvent aussi les grands imâms du fiqh comme Mâlik, Abû Hanifa, At-Thawrî, As-Shafi’i, Ahmad, At-Tabarî et Ibn ‘Uyayna -.
En plus de la dimension spirituelle de son oeuvre, il étudia également la métaphysique, la philosophie, la théologie, la logique, l’épistémologie, la psychologie et l’anthropologie (en incluant toute la dimension spirituelle), l’astronomie, les mathématiques, la médecine, le fiqh hanafite, le Qur’ân et l’exégèse qurânique, les sciences naturelles, les sciences du Hadith, les fondements du droit (ussûl al-fiqh) et ses finalités (maqâsid), la langue arabe et sa grammaire, la rhétorique, etc.
Ainsi, tout en étant Sûfi et ascète, il était également très érudit au point de devenir un savant polymathe, et prolifique dans l’écriture, les biographes lui attribuant entre 200 jusqu’à 400 ouvrages, épitres et traités, comme le savant musulman et chercheur égyptien Abdelfattah Abdulla Baraka (m. 2017) – un pilier au sein de l’Université d’Al-Azhar – dans son ouvrage Al-Hakîm al-Tirmidhî wa Naẓariyyatuhu fî al-Wilâya.
Durant sa jeunesse, il se priva de voyager pour rester auprès de sa mère qui refusait de le voir partir, il se forma alors auprès des grands maîtres et savants de sa région natale ainsi qu’auprès des érudits de sa propre famille. Plus tard, il voyagera à travers le Khurassân, l’Irak et la péninsule arabique, accomplissant le Hajj à l’âge de 27 ans. Son œuvre, richesse de plus d’une centaine d’ouvrages, aborde la cosmologie, la théologie, la métaphysique (l’ésotérisme), la spiritualité, la Loi et la psychologie, surtout concernant les différentes modalités de l’ego (nafs), de l’âme, de l’esprit (ruh) et du cœur (qalb). Dans les sciences du Hadith, il fut considéré comme une autorité en la matière, réunissant d’ailleurs des ahadiths en lien avec l’éthique et la spiritualité dans un recueil intitulé Nawâdir al-Ussûl.
Ses célèbres maîtres et disciples
Al-Hakîm At-Tirmidhî étudia auprès de nombreux maîtres et savants. Mais parmi les plus célèbres, on peut citer :
- Qutayba ibn Sa’īd (m. 240 H) : L’un des plus grands traditionalistes de son époque. Il fut aussi le maître d’Al-Bukhārī et de Muslim. C’est de lui qu’Al-Hakīm tient ses chaînes de transmission les plus solides.
- Ṣâliḥ ibn ‘AbdAllâh al-Tirmidhî : Un savant local de Termez (Tirmidh) qui l’a initié aux premières sciences du Hadith et du droit (fiqh).
- Yaḥyâ ibn Ma‘īn (m. 233 H) : Bien que Tirmidhī ait surtout recueilli ses enseignements via des intermédiaires ou lors de ses voyages, l’influence de ce maître de la critique du Hadith est visible dans sa rigueur.
- Son père, ‘Alî ibn al-Ḥassân : un savant respecté qui a orienté son fils dès l’enfance vers l’étude des textes sacrés et de la langue arabe.
- Al-Hakîm At-Tirmidhî aimait beaucoup citer l’imâm et Shaykh Abû Turâb al-Nakhshabî, un grand ascète et Sûfi du Khurassân qui prônait la sincérité absolue.
Et parmi ses disciples célèbres :
- Abû Bakr al-Warrâq (m. 280 H) : son disciple le plus proche et le plus célèbre, surnommé « l’éducateur des cœurs », il a systématisé les conseils de Tirmidhî sur la discipline de l’âme (Riyâḍat al-Nafs).
- Abû ‘Alî al-Jûzajânî : un grand maître spirituel qui a propagé la « Sagesse » (Hikma) de Tirmidhî dans la région de Nishapûr.
- Abû al-Qâssim al-Iskâf : Il a transmis ses ouvrages et ses réflexions sur la psychologie spirituelle.
Le témoignage des savants musulmans à son sujet
Al-Imâm Ad-Dhahâbi (m. 748 H) dans son Siyâr a’lam an-Nubalâ’ (13/439) dit de lui : « Le Sage, le Savant, l’Ascète, Abû ‘Abd Allāh Muhammad ibn ‘Alî… auteur de nombreux ouvrages. Il possédait une part abondante de la sagesse (hikma) ; il a des propos sur les causes/raisons de la Législation (‘ilâl al-Sharî’a) et ses secrets, ainsi que sur la discipline de l’âme et son remède (…). Il fut délaissé (et exilé) pour avoir composé les livres Khatm al-Wilâya (Le Sceau de la Sainteté) et ‘Ilal al-Sharî’a (Les Causes/Raisons de la Loi). Or, il n’y a rien dans ces livres qui justifiait cela, mais c’est à cause de leur incapacité (aux juristes déviants ou rigoristes de l’époque) à comprendre sa profondeur ». Dans son Tadhkirat al-Huffâz (2/197) il dit : « Il n’est pas, dans la science du Hadith, parmi les plus habiles (sur le plan technique, par rapport aux plus grandes autorités dans ce domaine), mais il est doué de clairvoyance concernant les causes profondes (‘ilâl) et le Grand Fiqh (la Connaissance d’Allâh et du cœur) ».
L’imâm, muhaddith et Shaykh ul Islâm Abû Nu’aym Al-Asbahânî (m. 430 H) dira de lui dans son Hilyat al-Awliyâ (10/233) : « Parmi eux [les élus] : celui qui a excellé dans de multiples sciences et s’est réalisé dans la compréhension profonde : Abû ‘AbdAllâh Muhammad ibn ‘Alî al-Tirmidhī… Il était un transmetteur des traditions (nâqilan li-l-âthâr) et un être doué d’intelligence pour la jurisprudence et les sens profonds (‘âqilan li-l-ma‘ânī) ».
L’imâm Al-Khatîb Al-Baghdadi (m. 463 H) dans son Târîkh Baghdâd (3/370) dit : « Muhammad ibn ‘Alî ibn al-Hassân al-Tirmidhī a résidé autrefois à Baghdâd et y a transmis le Hadith… Il faisait partie des gens de science et de vertu ».
L’imâm Ibn ‘Asâkir dans Târîkh Dimashq (54/348) a dit : « Il faisait partie des savants en Allâh (al-‘ulamâ’ bi-Llâh) (…). Il est l’auteur d’ouvrages célèbres dans les sciences des réalités spirituelles (‘ulûm al-haqâ’iq) ».
L’imâm An-Nawawî (m. 676 H) a dit dans Tahdhîb al-Asmâ’ wa-l-Lughât (2/73) : « Muhammad ibn ‘Alî ibn al-Hassân al-Hakîm al-Tirmidhî… Il faisait partie des plus grands maîtres du Khurassân. Il est l’auteur d’ouvrages célèbres dans les sciences des réalités spirituelles (‘ulûm al-haqâ’iq) et les secrets de la Loi (asrâr al-Sharî‘ah). Il était un océan de science. Il possède des propos d’une valeur inestimable sur les subtilités des œuvres du cœur (daqâ’iq al-mu‘âmalât) et la discipline de l’âme ».
L’imâm Ibn Khallikân (m. 681 H) a dit dans son Wafayât al-A‘yân (4/302) : « Il était l’un des grands Shaykhs de la Voie, doué d’une sagesse débordante. On l’appelait « Le Sage » en raison de la finesse de ses remarques sur les maladies de l’âme et la manière de les soigner. Ses écrits témoignent d’une profondeur que peu ont atteinte avant lui ».
L’imâm et Shaykh ul Islâm Tâqi ud-Dîn as-Subkî (m. 756 H) le tenait aussi en haute estime, réfutant et critiquant ceux qui parmi les rigoristes et les faibles d’esprit s’en étaient pris à lui, car ils n’avaient pas saisi la profondeur de ses paroles et leur conformité à l’Esprit du Qur’ân comme le rapporte son fils dans ses Tabaqât as-Sha’fiyya (2/245) : « Le Shaykh imâm [Taqî ad-Dîn as-Subkî] disait : « Il n’y a rien de condamnable dans les propos d’Al-Hakīm al-Tirmidhī concernant le Sceau de la Sainteté ; l’opposition à son égard ne provient que de l’incapacité de ceux qui le critiquent à comprendre sa profondeur ».
L’imâm Tâj ud-Dîn As-Subkî (m. 771 H) dans ses Tabaqât as-Shafi’iyya al-Kubrâ (2/245) a dit : « (…) L’un des maîtres de la Voie et l’auteur d’ouvrages célèbres dans les sciences des gens [du Tasawwuf] ». L’imâm Ibn Kathîr (m. 774 H) a dit de lui dans son Al-Bidâya wa an-Nihâya (11/156) : « Muhammad ibn ‘Alî ibn al-Hassân al-Tirmidhî, le Sage (al-Hakîm), l’un des maîtres du Tasawwuf (Sûfisme). Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il était un océan de science (baḥran fī al-‘ilm). Il possédait des exhortations et des sagesses d’une excellente qualité ».
L’imâm Ibn Hajar al-Asqalânî (m. 852 H) a dit de lui dans son Lisân al-Mizân (5/308) : « Muhammad ibn ‘Alî… Al-Hakîm al-Tirmidhî. J’ai vu de lui de nombreux et excellents ouvrages qui témoignent du fait qu’il était un océan de science (baḥriyyatihi fī al-‘îlm) et qu’il possédait une grande puissance et envergure intellectuelle ».
L’imâm As-Suyûtî (m. 911 H) a dit dans son Tadrîb al-Râwî fî Sharḥ Taqrîb al-Nawâwî (1/185) : « Al-Hakîm al-Tirmidhî est l’un des piliers de la Voie (arkân al-ṭarîq). Il occupe une place élevée dans la science et la compréhension. Son livre, Nawâdir al-Uṣsûl (Les Raretés des Fondements), regorge de profits spirituels et intellectuels grandioses ».
De même, le savant et érudit Ibn Taymiyya (m. 728 H) a dit dans ses Majmû’ Al-Fatâwâ (11/431) : « Abû ‘AbdAllâh al-Tirmidhî, le Sage, fait partie des grands maîtres de la spiritualité et de l’exhortation. Ses propos sur les maladies de l’âme et leur remède sont d’une grande finesse (…). Et bien qu’il possède une vertu, une science et une sagesse reconnues, il s’est glissé dans ses propos un ensemble de termes condamnables que les gens de science lui ont reprochés, comme ce qu’il a mentionné dans son livre Le Sceau de la Sainteté » or les propos en question ont bien été expliqués et cette critique (infondée) d’Ibn Taymiyya ne fait donc pas autorité, pas même chez plusieurs de ses grands élèves.
Son disciple Ibn Al-Qayyîm (m. 751 H) dans son Madârij al-Sâlikin (2/301-302) a dit : « Le Sage (Al-Hakîm) al-Tirmidhî a dit des choses merveilleuses sur les secrets de l’adoration et les ruses de l’ego. Il est celui qui a le mieux décrit comment le cœur est le roi des membres (…). Le Sage al-Tirmidhī a dit : « Le cœur est le roi des membres, il est le lieu de la connaissance de Dieu et de Son amour ». Il possède, concernant les sens des actes d’adoration, leurs secrets et les tares des âmes, des propos d’une très grande valeur (nafīs jiddan), qui témoignent de son enracinement profond dans ce domaine. (…) Le Sage al-Tirmidhî a dit : « Certes, Allâh — Gloire à Lui — n’a imposé aucune prescription à Ses serviteurs sans qu’elle ne contienne la vie de leurs cœurs et une miséricorde pour leurs corps. Ainsi, la Sharî‘ah (bien comprise) est, dans sa totalité, miséricorde, utilité (masâlih) et justice » ». Ibn Al-Qayyîm reprendra d’ailleurs cette définition dans ses ouvrages liés au droit et à ses fondements.
Sa vision sur différentes thématiques
Parmi les positions notables de l’imâm Al-Hakîm At-Tirmidhî, le fait que, même si Allâh fera Miséricorde particulièrement (en tant qu’Ar-Rahîm) aux croyants vertueux dans l’Au-delà, les êtres – dans leur ensemble – seront aussi embrassés et englobés par Sa Miséricorde universelle (Ar-Rahmân) à un certain degré dans l’Au-delà, il dit ainsi dans son Nawâdir al-Ussûl en se basant aussi sur le hadith Qudsî rapporté dans le Sahîh al-Bukharî parlant de la Miséricorde divine qui englobe, transcende, devance et englobe tout (y compris Sa Rigueur): « Allâh — Gloire à Lui — a créé la Création par Sa Miséricorde et pour Sa Miséricorde. Sa Rigueur est un « accident » (au sens philosophique ; une contingence qui est donc relative et non pas absolue ou nécessaire en soi) qui survient par le péché, mais Sa Miséricorde est prééternelle et immuable. La Correction (divine, pour réprimander les criminels et les dénégateurs orgueilleux) est une médecine pour purifier les âmes de l’obscurité de l’incroyance, et lorsque l’obscurité se dissipe, il ne reste que la Lumière de la Miséricorde qui enveloppe tout ».
Sur la femme, il disait dans son autobiographie Buduww Sha’n Abî ‘Abd Allâh : « Mon épouse partageait avec moi cette affaire [la voie spirituelle] … Elle avait des visions pieuses et m’en informait ; il y avait en cela pour moi un affermissement et un avertissement sur mes propres défauts. Son cœur était un miroir où je voyais mes propres manquements (…). Sa piété était mon guide dans les moments d’obscurité ».
Sur la dignité de la femme et son accès à la Sainteté, il disait dans son Khatm al-Awliyâ’ : « La Sainteté (Wilâya) est une lumière qu’Allâh dépose dans le cœur de qui Il veut. Il n’y a dans cette lumière ni mâle ni femelle, car le cœur est le lieu de la connaissance, et la connaissance n’a pas de sexe ».
Sur l’épouse il dit dans Nawâdir al-Ussûl : « Allâh a fait de l’affection et de la tendresse envers les femmes une source de sérénité pour l’âme. Celui qui est dur (ou rustre) envers son épouse est en réalité en guerre contre son propre repos intérieur (…). Traitez les femmes avec bienveillance et douceur, car elles sont sous votre responsabilité (en tant qu’amâna ; dépôt sacré) par une parole d’Allâh. N’utilisez pas l’autorité et la responsabilité qu’Allâh vous a donnée pour les humilier, car Allâh est le Protecteur des humbles (et des opprimés) ». Pour lui, la virilité spirituelle (al-rujûla) avec son épouse repose dans la douceur à son égard d’une part et la force et l’endurance déployées à son service d’autre part.
Sur les non-musulmans ici-bas, il disait dans son Kitâb al-Amthâl (Le Livre des Paraboles) : « Le serviteur d’Allâh ne doit regarder aucune créature avec l’œil du mépris, car le Créateur a déposé en chaque être un secret de Sa Sagesse. L’incroyant est (dans sa mauvaise croyance) un malade que tu dois traiter avec douceur et bienveillance pour le guérir, non un ennemi que tu dois écraser pour ton propre orgueil (…). Ton attitude envers celui qui ne croit pas ne doit être ni le mépris ni la haine, mais la compassion que l’on a pour un aveugle qui marche vers un précipice. Si tu le bouscules, tu le précipites ; si tu lui prends la main avec douceur et bienveillance, tu le sauves (…). Puisque le Soleil d’Allâh brille sur l’incroyant comme sur le croyant, ton bon comportement doit envelopper tout être humain. La justice envers le non-musulman est une obligation religieuse plus stricte encore, car il n’a pas ta foi pour le consoler s’il subit une injustice de ta part ».
Sur la Shar’îah, ses principes et ses finalités, il dit dans Kitâb al-’Ilal : « Certes, Allâh n’a imposé aucune prescription à Ses serviteurs sans qu’elle ne contienne la vie de leurs cœurs et une miséricorde pour leurs corps. Ainsi, la Sharî‘ah (bien comprise) est, dans sa totalité, miséricorde, utilité (masâlih) et justice », où il développe aussi le fait que les ordres divins ne sont pas des contraintes arbitraires, mais des remèdes adaptés à la nature humaine, que chaque acte rituel (prière, jeûne, aumône) a une double fonction : une « vie pour le cœur » (nourriture spirituelle) et une « miséricorde pour le corps » (protection de la santé et de l’équilibre physique).
Concernant la linguistique et l’exégèse qur’ânique, son ouvrage Al-Furûq wa-man’ al-tarâduf (Le Livre des Distinctions et de l’interdiction de la synonymie) aura une grande influence et nourrira de nombreuses réflexions car il s’attaque à une idée reçue : l’existence de mots interchangeables dans le Qur’ân, alors que pour lui, le Qur’ân ne connaît pas de synonymes, car chaque mot du Livre Sacré est une précision divine singulière et absolue. Si Allâh choisit un mot plutôt qu’un autre, c’est qu’il existe une nuance de Sagesse (Hikma) que le synonyme ne possède pas.
Son œuvre influencera après lui de nombreux savants et érudits, dont les célèbres As-Sulâmî, Al-Qushayrî, Abû Hâmid al-Ghazâlî, Ibn ‘Arabî, Ibn Taymiyya, Ibn Al Qayyim et bien d’autres. Il proposa une magnifique synthèse et harmonisation entre la Loi et la Voie (spirituelle), entre la Lettre (de la Révélation) et Son Esprit, entre la cosmologie et la psychologie, de même qu’un bel équilibre fondé sur la justice, la bonté et la miséricorde dans toutes les relations sociales et humaines, indépendamment du sexe, du statut social ou de la religion. Il fut le premier à codifier en détail la doctrine du Sceau de la Sainteté (Khatm al-Wilâya) comme héritage spirituel du Sceau de la Prophétie (de Sayyidûna Muhammad qui en est le seul détenteur et confirmateur). Il scruta et dévoila une partie des nombreuses sagesses et finalités de la Révélation (du Qur’ân)et de la Loi (Shar’îah), décrypta les merveilles du cœur et décrivit les dangers de l’ego avec beaucoup d’intelligence et d’élégance. Pour lui, la connaissance profonde et subtile n’était possible qu’en abordant la science des textes par la science de l’expérience intérieure et de l’observation attentive. Pour Al-Hakîm al-Tirmidhî, l’élu et rapproché d’Allâh est celui qui a atteint la station de la Miséricorde primordiale, et considérait que la science sans la sagesse (Hikma) était une porte fermée, la sagesse ne s’ouvrant qu’à celui dont le cœur est devenu un réceptacle de douceur et de la miséricorde envers la Création.

