Introduction et éducation
Il est l’imâm Al-Murtadâ Al-Zubaydî/Zubaydî al-Hanafi al-Naqshbandi al-Hussaynî (1145 H/1732 – 1205 H/1790), le Sûfi, l’ascète, le juriste hanafite mujtâhid, le théologien ash’arite et mâturidite, l’exégète du Qur’ân, le logicien, l’encyclopédiste, le médecin, le fameux lexicographe et grammairien, le linguiste et philologue, le linguiste, l’éminent muhaddith, l’historien, le géographe, le mathématicien, l’astronome, le botaniste, l’ethnographe, le métaphysicien, le ussûlî, le connaisseur de la Sîrah prophétie et de la vie et de la voie des Sahâba, des Ahl ul Bayt et des Salafs. Il est issu de la descendance du Prophète Muhammad (ﷺ) par la lignée de l’imâm Hussayn. Né en Inde, dans la ville de Bilgrâm (dans l’actuel État de l’Uttar Pradesh), en l’an 1145 H (1732), il s’installera au Yémen (dans la ville de Zabîd) où il se formera auprès des grands savants de la région, avant d’aller s’installer jusqu’à son décès dans la ville égyptienne du Caire. On lui attribue jusqu’à 140 ouvrages écrits de sa main.
Il démontre sa maitrise de plusieurs sciences dans son fameux dictionnaire Tâj al-‘Arûs ainsi que pour l’astronomie dans son Al-Rawd al-Mi’târ fî ‘ilm al-Falak. Par ailleurs, il est considéré comme l’un des plus grands géographes de son temps car il a corrigé et complété de nombreuses erreurs sur les noms de lieux, les distances et les caractéristiques des peuples dans ses écrits lexicographiques.
Pour lui, toutes les branches utiles du savoir étaient des voies conduisant vers la connaissance du Divin.
En dehors des Salafs, 2 de ses principales références sont l’imâm Abû Hâmid al-Ghazâlî et Ibn ‘Arabî. Son approche est une sorte de brillante synthèse de leurs œuvres respectives.
Du premier il dit dans son Ittîhâf (1/2) : « Il est la Preuve de l’Islam (Hujjat al-Islam), celui qui a renouvelé les lois qui s’étaient effacées. Auteur d’ouvrages merveilleux et de connaissances élevées, il est celui qui a su concilier la Loi (Shari’ah) et la Réalité spirituelle (Haqiqa) » et du second il dit (2/192) : « Le Shaykh (et) connaisseur d’Allâh (‘Arîf bi-Llâh), aux allusions spirituelles élevées. Les gens n’ont été égarés à son sujet que par leur mauvaise compréhension de ses paroles ».
« هُوَ حُجَّةُ الْإِسْلَامِ، وَمُجَدِّدُ مَا انْدَرَسَ مِنَ الْأَحْكَامِ، صَاحِبُ التَّصَانِيفِ الْبَدِيعَةِ، وَالْمَعَارِفِ الرَّفِيعَةِ، الَّذِي جَمَعَ بَيْنَ الشَّرِيعَةِ وَالْحَقِيقَةِ »
« الشَّيْخُ الْعَارِفُ بِاللهِ، صَاحِبُ الْإِشَارَاتِ الْعَالِيَةِ، وَإِنَّمَا أُوتِيَ النَّاسُ مِنْ سُوءِ فَهْمِ كَلَامِهِ »
Parmi les grandes savantes auprès de qui il avait étudié la science
L’imâm al-Zubaydî était fier de ses chaînes de transmission féminines. À son époque, il était courant que des savantes de haut rang accordent des ijâzât (autorisations d’enseigner) aux plus grands ulémas.
Voici les figures marquantes mentionnées dans ses ouvrages, notamment son Muʿjam :
- Amat al-Ghanī bint al-Wajîh al-Ahdal : c’était une savante yéménite issue d’une illustre lignée de savants (les Ahdal). Al-Zubaydî l’estimait énormément. Elle était une référence dans le Hadith et la jurisprudence, et elle lui a accordé une ijâza générale pour transmettre tout ce qu’elle avait appris de ses ancêtres. Al-Zubaydî la cite comme une preuve que la science n’a pas de genre.
- Khadîja bint Muḥammad al-Bilgrâmī : issue de sa propre ville natale en Inde, elle était connue pour sa piété et sa connaissance des textes spirituels. Elle représentait pour lui le modèle de la femme savante indienne qui allie rigueur intellectuelle et profondeur spirituelle (sûfie).
- Zaynab bint Yaḥyâ al-Zabīdî : originaire de Zabîd au Yémen (la ville qui a donné son nom à l’imam), elle était une experte des lectures du Qur’ân et des textes de base de la religion.
- ‘Ā’isha bint Ma‘mar al-Bâniyâniyya : c’était une savante syrienne de haut rang, célèbre pour sa longévité et la hauteur de ses chaînes de transmission (ʿuluww al-isnâd). Elle était l’une des plus grandes Musnida (transmetteuse de hadiths) de son temps. Al-Zubaydî a voyagé pour obtenir son autorisation (ijâza). Il la décrit comme « la sainte, la savante, celle qui détient les chaînes les plus élevées de son époque ».
- Habîba bint Ibrâhîm al-Maqdisiyya : issue d’une célèbre famille de savants de Jérusalem installée à Damas, elle était une experte des grands recueils de Hadith. Elle a transmis à al-Zubaydî des parties entières du Sahîh al-Bukhârî et d’autres ouvrages de base. Al-Zubaydî souligne souvent que les chaînes passant par ces femmes étaient plus courtes (plus proches du Prophète ﷺ) que celles de nombreux hommes célèbres de son temps.
- Fâtima bint ‘Abd ar-Rahmân al-Idrîssî : une savante issue de la lignée shérifienne (descendante du Prophète ﷺ) qu’il a rencontrée ou avec qui il a correspondu lors de ses voyages. Elle excellait dans les sciences de la spiritualité et de l’éthique. Elle représentait pour lui l’alliance parfaite entre la noblesse de lignage et la noblesse de la science.
Dans son dictionnaire biographique, il utilise des termes honorifiques très forts pour les décrire comme « Al-Shaykha al-Ṣāliḥa » (La Maîtresse pieuse) et « Musnida al-Waqt » (Celle qui détient les plus hautes chaînes de transmission de son temps).
Sa vision sur certains sujets précis
Dans son Ittiḥâf al-Sâda al-Muttaqîn (qui est un magnifique commentaire du Ihyâ’ ulûm ud-Dîn de l’imâm Al-Ghazâlî), il aborde de nombreuses thématiques fondamentales concernant les différents aspects de la Religion.
Sur les femmes, y compris celles qui seraient toxiques, difficiles à vivre ou injustes, il dit (5/331) : « Sache que le bon comportement avec elles ne consiste pas seulement à s’abstenir de leur nuire, mais aussi à supporter le tort venant d’elles (parmi les femmes mauvaises ou injustes), et à faire preuve de clémence lors de leurs emportements et de leur colère, en suivant l’exemple du Messager d’Allâh ﷺ (qui ne répondait au mal par le mal, la violence ou l’emportement) ». Il dit aussi concernant la virilité traditionnelle (al-murû’a) qu’elle ne consiste pas à être tyrannique ou imposer sa volonté par la force mais plutôt à se montrer le plus juste, avenant et doux possible : « Fait partie de la perfection de la raison de l’homme et de sa religion sa douceur envers sa famille, car les femmes sont comme des vases de cristal [sensibles et précieux] envers lesquels la délicatesse est obligatoire ». La femme est donc un être à honorer et non pas à dominer, à mépriser ou à opprimer. Dans son Tâj al-‘Arûs min Jawâhir al-Qâmûs (1/188) il dit : « Combien de femmes ont surpassé les hommes dans la science, en religion/piété et en intelligence. La balance [du mérite] est celle de l’excellence, non celle du genre (biologique) », et il cite souvent en exemple les femmes comme Râbi’a Al-Asawiyya, Nafîsa al-Tâhira et Zaynab bint al-Shu’aybî (une grande savante du hadith, reconnue pour sa mémoire, sa précision, sa piété et sa vertu). Il disait aussi que la réforme de la société passait par la femme, car une femme éduquée et cultivée est la première école de l’enfant. Il encourageait donc les familles à ne pas négliger l’apprentissage de l’écriture, de la lecture et des sciences fondamentales pour leurs filles.
Sur les animaux il dit (6/50) : « Il y a en cela un avertissement : la miséricorde envers les bêtes (et les animaux) et la douceur à leur égard font partie des causes qui impliquent (et conduisent au) pardon des péchés ; tandis que les torturer ou les affamer fait partie des causes qui conduisent à la Géhenne, car ce sont des créatures qui n’ont pas la parole pour se plaindre ».
Sur les citoyens non-musulmans en terres d’islâm il dit (6/216) : « Quant au citoyen-non-musulman (Dhimmi), il a le droit de voisinage et le droit du pacte. Son oppression est, sous certains aspects, plus grave que celle d’un musulman, car il est sous la garantie de la protection d’Allâh et de Son Messager. Quiconque lui nuit a certes nui au Messager d’Allâh ﷺ ».
Sur la bonté, la justice et le respect qui concernent l’ensemble des êtres vivants (humains – croyants ou non-croyants -, animaux, etc.) il dit (6/216-217) : « Quant à la bonté d’âme (al-Birr) et la bienfaisance (al-Iḥsân), ce sont des qualités qui ne sont pas l’apanage du croyant à l’exclusion du non-croyant. Elles sont au contraire obligatoires envers tout être vivant. Car l’être humain est honoré par sa nature primordiale (fiṭra) et son humanité (bashariyya). Le fait d’être au service de la création (dans l’intention de Satisfaire le Créateur) est le chemin qui mène à l’amour du Créateur ».
Sur l’étendue de la Miséricorde divine dans l’Au-delà il écrit (10/504) : « Allâh Très-Haut manifestera dans l’Au-delà une telle part de Sa Miséricorde qu’elle ne viendrait à l’esprit d’aucun humain, au point qu’Iblis lui-même dressera le cou dans l’espoir qu’elle l’atteigne ». De même, sur l’excuse valable concernant des non-musulmans ici-bas qui n’auraient pas embrassé l’Islam il dit (1/184) : « Quant à ceux à qui l’appel (de l’islam) n’est pas parvenu de manière correcte, ou à qui il est parvenu de façon déformée, on a l’espoir de la Miséricorde pour eux. Car Allâh ne sanctionne aucune âme avant que la preuve tranchante (catégorique et déterminante) ne soit établie contre elle ».
Sur la justice et la dignité des personnes qui sont sous notre responsabilité (enfants, épouses, employés, …) il dit (5/350) : « Quiconque emploie quelqu’un doit craindre (pieusement) Allâh à son sujet. Qu’il ne lui impose pas ce qu’il ne peut supporter, et qu’il le nourrisse de ce qu’il mange lui-même. Car ils ne sont que vos frères (et sœurs) qu’Allâh a placés sous votre responsabilité ».
Sur l’éthique du gain licite il dit (5/15) : « La recherche du gain licite est une obligation après l’obligation religieuse. C’est l’une des plus grandes formes d’adoration si l’intention est de préserver sa dignité et de faire l’aumône aux nécessiteux ».
Concernant la responsabilité du savant et du riche il dit (6/112) : « Le (vrai) Sûfi n’est pas celui qui s’assoit dans son coin et délaisse les gens, mais le sûfi est celui qui se tient avec les gens pour répondre à leurs besoins et leur apporter un bénéfice (spirituel, social, moral, …) – dans ce qui est bon pour eux et qui ne les mène pas à l’injustice ou au blâmable – ».
Sur la Shar’îah il dit (2/156) : « La Sharîʿah est bâtie sur les sagesses et les intérêts des créatures dans cette vie et dans l’autre. Elle est entièrement justice, miséricorde et bénéfice (absence de préjudice et importance de l’intérêt général et du bien-être). Toute question qui sort de la justice pour tendre vers l’oppression ne fait pas partie de la Sharî’ah ».
Il s’inscrit dans la lignée des imâms As-Shâtîbî et Al-Ghazâlî en affirmant que la Sharîʿah repose sur la préservation de l’intérêt général (Maṣlaḥa). Il souligne que chaque règle a pour but de protéger les 5 fondamentaux : la religion/conscience, la vie, la raison/santé mentale et l’intellect ainsi que la lignée et les biens matériels. Il rappelle également que si une application de la Loi mène à une injustice flagrante ou à une dureté qui éloigne les gens d’Allâh, c’est que l’esprit de la Sharîʿah a été mal compris.
Sur l’interdiction de contraindre les gens à adhérer à l’Islam contre leur gré, il dit (1/184) : « La foi est une attestation du cœur, et on ne peut concevoir de contrainte à son sujet, car l’épée n’atteint pas les cœurs ».
Sur la prudence dans le Takfir il dit (2/230) : « Ce qui convient, c’est de se garder de déclarer la mécréant (takfîr) tant qu’on trouve une voie pour l’éviter. Car rendre licite le sang de ceux qui prient et attestent de l’Unicité est une erreur. Et l’erreur consistant à laisser la vie à 1000 mécréants est plus légère que l’erreur consistant à verser (injustement) une once de sang d’un musulman ».
En tant qu’Hussaynite vertueux et savant, descendant du Prophète ﷺ par la lignée de l’imâm Hussayn, ses positions font autorité concernant son amour des Califes bien-guidés et des Ahl ul Bayt.
Sur les Califes bien-guidés il dit (2/233) : « Il est obligatoire de croire au mérite des Compagnons (qu’Allâh les agrée) selon l’ordre dans lequel le Califat a eu lieu. Les meilleurs de la Ummah après son Prophète sont Abû Bakr, puis ʿUmar, puis ʿUthmân, puis ʿAlî. C’est ce sur quoi les Gens de la Sunnah et du Groupe se sont accordés, et s’abstenir de polémiquer sur les disputes survenues entre eux est une obligation ».
Sur les Ahl ul Bayt il dit (2/235) : « L’amour de la Famille de l’Envoyé d’Allâh ﷺ est une obligation pour tout musulman. Ils sont la descendance de [Fâṭima] al-Zahrâ’ et les familles de ʿAqīî, Jaʿfar et al-ʿAbbâs. Leur glorification découle de la glorification du Prophète ﷺ. La foi d’un serviteur n’est complète que si le Messager d’Allâh lui est plus cher que sa propre personne, et que la Famille du Prophète lui est plus chère que sa propre famille ».
Sur Sayyiûdna ‘Alî il dit (2/234) « Quant à ʿAlî — qu’Allâh l’agrée —, il est la porte de la cité de la science, le « frère » du Messager d’Allâh ﷺ par la fraternité, l’époux de la Virginale [Fāṭima al-Batûl] et le père des 2 petits-fils [al-Ḥassân et al-Hussayn]. Allâh a réuni en lui la bravoure au combat, le renoncement (zuhd) en ce monde, l’éloquence du verbe et l’imamat dans la religion ».
Sur Sayyidûna Abû Bakr, il écrit (2/233) : « Quant à Abû Bakr al-Ṣiddīq, il est le meilleur de cette communauté après son Prophète. Dieu a réuni pour lui la primauté dans l’Islam et la certitude totale (al-yaqîn al-tâmm). Il est celui dont la foi, si on la pesait face à celle de tous les habitants de la terre, l’emporterait sur la leur [selon un hadith authentifié du Prophète] ».
Sur Sayyidûna ‘Umar Ibn Al-Khattâb il dit (2/234) : « Quant à ʿUmar, il est celui par qui Allâh a honoré l’Islam. Il était un inspiré (muḥaddath) ; la vérité émanait de sa langue et de son cœur. Il est le flambeau des gens du Paradis ».
Sur Sayyidûna ‘Uthmân Ibn Affân il écrit (2/234) : « Quant à ʿUthmân, il est « l’homme aux deux lumières », celui qui a rassemblé le Qur’ân. Sa pudeur était telle que les anges mêmes en étaient pudiques devant lui. Il a sacrifié sa personne et ses biens pour Allâh, et il est mort martyr (avec une grande patience et endurance) ».
Sur Sayyida ‘Aîsha il dit (5/335) : « Quant à la véridique ʿÂ’îsha, elle est la plus jurisconsulte des femmes de manière absolue. Les plus grands Compagnons revenaient vers elle pour les problèmes complexes. Allâh l’a innocentée du haut des 7 cieux, et son mérite sur les femmes est comme celui du [plat de] thârîd sur le reste de la nourriture ».
Sur le Shiisme duodécimain et surtout sa tendance extrémiste en leur sein il dit (2/235) « Parmi les plus grandes innovations blâmables figure celle inventée par les Râfiḍites consistant à insulter les Compagnons et à les déclarer mécréants. En faisant cela, ils ont attaqué les transmetteurs de la Sharīʿah ; or, quiconque attaque le transmetteur attaque la chose transmise [le Qur’ân et la Sunnah]. C’est là une sortie du droit chemin de l’Islam ». Pas de takfir généralisé, mais ceux qui chez eux insultent et font le takfir des Sahâba sont clairement dans une position hérétique sortant de la Voie droite, mais le takfir au cas par cas ne peut se faire qu’en discutant avec eux, réfutant leurs erreurs et déviances, en leur clarifiant et en leur exposant les preuves.
وَاعْلَمْ أَنَّ حُسْنَ الْخُلُقِ مَعَهُنَّ لَيْسَ كَفَّ الْأَذَى عَنْهُنَّ، بَلِ احْتِمَالُ الْأَذَى مِنْهُنَّ، وَالْحِلْمُ عِنْدَ طَيْشِهِنَّ وَغَضَبِهِنَّ، اقْتِدَاءً بِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
وَمِنْ كَمَالِ عَقْلِ الرَّجُلِ وَدِينِهِ لُطْفُهُ بِأَهْلِهِ، فَإِنَّ النِّسَاءَ قَوَارِيرُ يَجِبُ الرِّفْقُ بِهِنَّ
وَكَمْ مِنْ امْرَأَةٍ زَادَتْ عَلَى الرِّجَالِ فِي الْعِلْمِ وَالدِّينِ وَالْعَقْلِ، وَالْمَدَارُ عَلَى الْفَضْلِ وَالْكَمَالِ لَا عَلَى مُجَرَّدِ الذُّكُورَةِ
وَفِي هَذَا تَنْبِيهٌ عَلَى أَنَّ الرَّحْمَةَ بِالْبَهَائِمِ وَالرِّفْقَ بِهَا مِمَّا يُوجِبُ مَغْفِرَةَ الذُّنُوبِ، وَأَنَّ تَعْذِيبَهَا وَتَجْوِيعَهَا مِمَّا يُوجِبُ النَّارَ، فَإِنَّهَا خَلْقٌ لَا نُطْقَ لَهُ يَشْكُو بِهِ
وَأَمَّا الذِّمِّيُّ فَلَهُ حَقُّ الْجِوَارِ وَحَقُّ الْعَهْدِ، وَظُلْمُهُ أَشَدُّ مِنْ ظُلْمِ الْمُسْلِمِ فِي بَعْضِ الْوُجُوهِ، لِأَنَّهُ مَضْمُونٌ بِذِمَّةِ اللهِ وَرَسُولِهِ، فَمَنْ آذَاهُ فَقَدْ آذَى رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
وَأَمَّا الْبِرُّ وَالْإِحْسَانُ، فَهِيَ صِفَةٌ لَا تَخْتَصُّ بِمُؤْمِنٍ دُونَ كَافِرٍ، بَلْ هِيَ وَاجِبَةٌ لِكُلِّ ذِي كَبِدٍ رَطْبَةٍ، فَإِنَّ الْآدَمِيَّ مُكَرَّمٌ بِفِطْرَتِهِ وَبَشَرِيَّتِهِ، وَخِدْمَةُ الْخَلْقِ هِيَ الطَّرِيقُ الْمُوَصِّلُ إِلَى حُبِّ الْخَالِقِ
وَيُظْهِرُ اللهُ تَعَالَى مِنْ رَحْمَتِهِ فِي الْآخِرَةِ مَا لَا يَخْطُرُ عَلَى بَالِ بَشَرٍ، حَتَّى يَتَطَاوَلَ إِبْلِيسُ رَجَاءً أَنْ تَنَالَهُ
وَأَمَّا الَّذِينَ لَمْ تَبْلُغْهُمُ الدَّعْوَةُ عَلَى وَجْهِهَا الصَّحِيحِ، أَوْ بَلَغَتْهُمْ مُشَوَّهَةً، فَهَؤُلَاءِ مَرْجُوٌّ لَهُمُ الرَّحْمَةُ، فَإِنَّ اللهَ لَا يُعَذِّبُ نَفْسًا إِلَّا بَعْدَ قِيَامِ الْحُجَّةِ الْقَاطِعَةِ
مَنْ اسْتَخْدَمَ أَحَدًا فَلْيَتَّقِ اللهَ فِيهِ، فَلَا يُكَلِّفُهُ مَا لَا يُطِيقُ، وَلْيُطْعِمْهُ مِمَّا يَأْكُلُ، فَإِنَّمَا هُمْ إِخْوَانُكُمْ جَعَلَهُمُ اللهُ تَحْتَ أَيْدِيكُمْ
« لَيْسَ الصُّوفِيُّ مَنْ جَلَسَ فِي زَاوِيَتِهِ وَتَرَكَ النَّاسَ، بَلِ الصُّوفِيُّ مَنْ كَانَ مَعَ النَّاسِ فِي قَضَاءِ حَوَائِجِهِمْ وَإِيصَالِ النَّفْعِ إِلَيْهِمْ »
« طَلَبُ الْحَلَالِ فَرِيضَةٌ بَعْدَ الْفَرِيضَةِ، وَهُوَ مِنْ أَعْظَمِ أَنْوَاعِ الْعِبَادَةِ إِذَا قَصَدَ بِهِ إِعْفَافَ النَّفْسِ وَالصَّدَقَةَ عَلَى الْمَسَاكِينِ »
الشَّرِيعَةُ مَبْنَاهَا عَلَى الْحِكَمِ وَمَصَالِحِ الْعِبَادِ فِي الْمَعَاشِ وَالْمَعَادِ، وَهِيَ عَدْلٌ كُلُّهَا، وَرَحْمَةٌ كُلُّهَا، وَمَصْلَحَةٌ كُلُّهَا، فَكُلُّ مَسْأَلَةٍ خَرَجَتْ عَنِ الْعَدْلِ إِلَى الْجَوْرِ… فَلَيْسَتْ مِنَ الشَّرِيعَةِ
« الْإِيمَانُ تَصْدِيقٌ بِالْقَلْبِ، وَلَا يُتَصَوَّرُ فِيهِ إِكْرَاهٌ، فَإِنَّ السَّيْفَ لَا يَصِلُ إِلَى الْقُلُوبِ »
وَالَّذِي يَنْبَغِي الِاحْتِرَازُ عَنِ التَّكْفِيرِ مَا وُجِدَ إِلَيْهِ سَبِيلٌ، فَإِنَّ اسْتِبَاحَةَ دِمَاءِ الْمُصَلِّينَ الْمُقِرِّينَ بِالتَّوْحِيدِ خَطَأٌ، وَالْخَطَأُ فِي تَرْكِ أَلْفِ كَافِرٍ أَهْوَنُ مِنَ الْخَطَأِ فِي سَفْكِ مِحْجَمَةٍ مِنْ دَمِ مُسْلِمٍ
وَمِنْ أَعْظَمِ الْبِدَعِ مَا ابْتَدَعَتْهُ الرَّافِضَةُ مِنْ سَبِّ الصَّحَابَةِ وَتَكْفِيرِهِمْ، فَإِنَّهُمْ طَعَنُوا فِي نَقَلَةِ الشَّرِيعَةِ، وَمَنْ طَعَنَ فِي النَّاقِلِ فَقَدْ طَعَنَ فِي الْمَنْقُولِ، وَهَذَا خُرُوجٌ عَنْ جَادَّةِ الْإِسْلَامِ
حُبُّ آلِ بَيْتِ رَسُولِ اللهِ ﷺ فَرِيضَةٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ، وَهُمْ ذُرِّيَّةُ الزَّهْرَاءِ وَآلُ عَقِيلٍ وَجَعْفَرٍ وَالْعَبَّاسِ، وَتَعْظِيمُهُمْ مِنْ تَعْظِيمِ النَّبِيِّ ﷺ، لَا يَكْمُلُ إِيمَانُ عَبْدٍ حَتَّى يَكُونَ رَسُولُ اللهِ أَحَبَّ إِلَيْهِ مِنْ نَفْسِهِ، وَآلُ بَيْتِهِ أَحَبَّ إِلَيْهِ مِنْ آلِ بَيْتِهِ
وَيَجِبُ اعْتِقَادُ فَضْلِ الصَّحَابَةِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ عَلَى التَّرْتِيبِ الَّذِي وَقَعَتْ فِيهِ الْخِلَافَةُ، فَأَفْضَلُ الْأُمَّةِ بَعْدَ نَبِيِّهَا أَبُو بَكْرٍ ثُمَّ عُمَرُ ثُمَّ عُثْمَانُ ثُمَّ عَلِيٌّ، وَهَذَا مَا اتَّفَقَ عَلَيْهِ أَهْلُ السُّنَّةِ وَالْجَمَاعَةِ، وَالْإِمْسَاكُ عَمَّا شَجَرَ بَيْنَهُمْ وَاجِبٌ ».
وَأَمَّا أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ فَهُوَ أَفْضَلُ هَذِهِ الْأُمَّةِ بَعْدَ نَبِيِّهَا، جَمَعَ اللَّهُ لَهُ بَيْنَ السَّبْقِ إِلَى الْإِسْلَامِ وَالْيَقِينِ التَّامِّ، وَهُوَ الَّذِي لَوْ وُزِنَ إِيمَانُهُ بِإِيمَانِ أَهْلِ الْأَرْضِ لَرَجَحَ بِهِمْ
وَأَمَّا عُمَرُ فَهُوَ الَّذِي أَعَزَّ اللَّهُ بِهِ الْإِسْلَامَ، وَكَانَ مُحَدَّثًا مُلْهَمًا، يَنْطِقُ الْحَقُّ عَلَى لِسَانِهِ وَقَلْبِهِ، وَهُوَ سِرَاجُ أَهْلِ الْجَنَّةِ
« وَأَمَّا عُثْمَانُ فَهُوَ ذُو النُّورَيْنِ، جَامِعُ الْقُرْآنِ، كَمُلَ لَهُ الْحَيَاءُ حَتَّى اسْتَحْيَتْ مِنْهُ الْمَلَائِكَةُ، بَذَلَ نَفْسَهُ وَمَالَهُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَمَاتَ شَهِيدًا صَابِرًا
« وَأَمَّا الصِّدِّيقَةُ عَائِشَةُ فَهِيَ أَفْقَهُ النِّسَاءِ عَلَى الْإِطْلَاقِ، كَانَ الْأَكَابِرُ مِنَ الصَّحَابَةِ يَرْجِعُونَ إِلَيْهَا فِي الْمُعْضِلَاتِ، بَرَّأَهَا اللَّهُ مِنْ فَوْقِ
« وَأَمَّا عَلِيٌّ - رَضِيَ اللهُ عَنْهُ - فَهُوَ بَابُ مَدِينَةِ الْعِلْمِ، وَأَخُو رَسُولِ اللهِ ﷺ بِالْمُؤَاخَاةِ، وَزَوْجُ الْبَتُولِ، وَأَبُو السِّبْطَيْنِ، جَمَعَ اللهُ لَهُ بَيْنَ الشَّجَاعَةِ فِي الْحَرْبِ وَالزُّهْدِ فِي الدُّنْيَا، وَالْبَلَاغَةِ فِي الْكَلَامِ، وَالْإِمَامَةِ فِي الدِّينِ »
سَبْعِ سَمَوَاتٍ، وَفَضْلُهَا عَلَى النِّسَاءِ كَفَضْلِ الثَّرِيدِ عَلَى سَائِرِ الطَّعَامِ
Sa bibliographie et ses plus grandes oeuvres
Auteur prolifique, il écrivit environ 140 ouvrages. Nous n’en citerons ici qu’une partie d’entre eux.
Lexicographie et Langue :
- Tâj al-ʿArûs min Jawâhir al-Qâmûs : Son chef-d’œuvre dans ce domaine, le plus vaste dictionnaire de la langue arabe (plus de 40 volumes). Il commente le Qâmûs d’al-FÎrûzâbâdî en l’enrichissant de citations littéraires, juridiques et historiques.
- Takmîlat al-Qâmûs : Un complément spécifique pour ajouter les termes et nuances que les lexicographes précédents avaient omis.
Spiritualité et Éthique :
- Ittiḥâf al-Sâda al-Muttaqîn : Commentaire géant de l’ Iḥyâʾ d’al-Ghazâlî. Il y authentifie les ahadiths, explique les termes sûfis et défend l’orthodoxie islamique et sunnite de l’oeuvre maitresse d’Al-Ghazâlî.
- Sharḥ al-Ḥikam al-ʿAṭâʾiyya : un commentaire des sagesses d’Ibn ʿAṭâ’ Allâh As-Sakandarî, axé sur la purification de l’âme.
- Al-Ittiḥâfât al-Saniyya bi-l-Aḥâdīth al-Qudsiyya : Un recueil commenté de Paroles divines (Hadith Qudsî) centrées sur la Miséricorde.
Sciences du Hadith et Transmissions
- Al-Muʿjam al-Mukhtaṣṣ : Son dictionnaire biographique où il recense ses maîtres (hommes et femmes) et ses chaînes de transmission (ijâzât).
- ʿIqd al-Jumân fī Turuq al-Ashâb al-ʿAmîyân : Un traité sur les chaînes de transmission spécifiques à certains Compagnons du Prophète ﷺ.
- Bulghat al-Arîb fī Muṣṭalaḥ Âthâr al-Ḥabîb : Un manuel technique sur la terminologie et les règles de critique du Hadith.
- Takhrij Aḥâdīth al-Kashshâf : Un travail d’authentification des ahadiths cités dans le célèbre Tafsīr de l’imâm al-Zamakhsharî.
Histoire et Généalogie (L’expert des lignages)
- Rafʿ al-Niqâb ʿan al-Ansâb : Un traité majeur sur la généalogie des tribus arabes et des familles shérifiennes (descendants du Prophète ﷺ).
- Al-Rawḍ al-Mijlay fī Ansâb Âl al-Alawî : Une étude précise sur la lignée des Sâdah Alawiyyin (Yémen).
- Muʿjam al-Buldân (Notes) : Bien qu’il n’ait pas réécrit celui de Yaqût, ses notes sur la géographie et l’histoire des lieux sont une référence.
Sciences Rationnelles (logique, épistémologie, philosophie et théologie) et Divers :
- Al-Rawḍ al-Miʿṭâr fî ʿIlm al-Falak : Son traité d’astronomie traitant des mouvements célestes et du calcul du temps.
- Rissâla fî al-Handasa : Un opuscule sur les principes de la géométrie appliqués à l’architecture et au droit.
- Al-Qawl al-Thabt fī al-Radd ʿalâ man ankara al-Baʿth : Un traité théologique réfutant ceux qui nient la résurrection, utilisant des preuves rationnelles.
- Al-Qawl al-Thabt fī al-Radd ʿalā man ankara al-Baʿth (La parole ferme en réfutation de ceux qui nient la Résurrection) : C’est un traité de théologie spéculative (Kalām) pure. Il y utilise des arguments logiques et rationnels pour prouver la possibilité et la nécessité de la vie après la mort, s’adressant aux philosophes et aux matérialistes de son temps.
- Sharḥ al-Jawhara (Commentaire de la perle de l’Unicité) : Al-Zubaydî a annoté ce texte classique de la théologie asharite (Jawharat al-Tawḥîd de l’imâm al-Laqânî). Il y détaille les Attributs divins, la prophétie et les fins dernières en utilisant les outils de la logique (Manṭiq) pour structurer les preuves de la Réalité de Dieu.
- Al-Rawḍ al-Mijlay fî Sharḥ al-Mashishiyya : Bien que ce soit un commentaire d’une litanie spirituelle, il y traite de la station de la Connaissance divine (Maʿrifa). Il y expose une épistémologie spirituelle et métaphysique où il explique comment le dévoilement spirituel et l’intuition spirituelle (le kashf et l’ilhâm) s’articulent avec les règles de la logique formelle sans les contredire.
Liturgie et Dévotion :
- Sharḥ al-Ṣalawât al-Mashīshiyya : Commentaire de la célèbre prière d’Ibn Mashîsh, très lu dans les cercles sûfis.
- Al-Ḥizb al-Maqbûl : Un recueil d’invocations et de litanies quotidiennes compilées à partir de sources prophétiques.
- Nuzhat al-Muttaqîn fī Sharḥ Riyâḍ al-Ṣâliḥîn : Ses commentaires et annotations sur le célèbre recueil de l’imâm al-Nawawî.
- Al-Arbaʿûn al-Mutaqâbalât : Un recueil de 40 ahadiths choisis pour leur importance éthique.
- Taqyîdât ʿalā al-Muwâṭṭaʾ : Des notes critiques et explicatives sur le Muwâṭṭa’ de l’imâm Mālik.
