Une analyse détaillée par la Dr. Asma Afsaruddin (historienne, théologienne, islamologue et professeure associée à l’Université de Notre-Dame dans l’Indiana aux USA, ayant enseigné aussi dans les universités d’Harvard et de Johns Hopkins) sur le Jihâd, l’exégèse qur’ânique, la théorie de l’abrogation, la tradition sur les notions de Guerre et de Paix en Islam.
Sa conclusion, fondée sur les différents versets du Qur’ân, la Tradition, le contexte historique et d’anciens exégètes parmi les plus anciens (dont Mujâhid Ibn Jabr et At-Tabarî), est que l’Islam ordonne aux croyants de traiter avec justice, gentillesse et bienfaisance les non-Musulmans pacifiques, et ne légitime le recours à la force que contre ceux qui font la guerre et refusent la paix.
« As part of the Fall 2025 Lecture Series at the Tokat Institute for Advanced Islamic Studies (TIAIS), Prof. Asma Afsaruddin delivered a comprehensive lecture titled “An Islamic Ethics of War and Peace”.
The presentation:
• Qur’anic foundations of jihad in Meccan and Medinan periods,
• Classical exegetical perspectives on warfare and moral struggle,
• Distinctions between jihad al-nafs and military engagement,
• Qur’anic ethics toward non-Muslims and rules of armed conflict,
• Debates on abrogation (naskh) and hermeneutics,
• Post-colonial réinterprétations of jihad,
• Contemporary Muslim peace movements and intellectual contributions ».
Source : “An Islamic Ethics of War and Peace | Prof. Asma Afsaruddin | TIAIS”, Tokat Institute, 30 décembre 2025 : https://youtu.be/1HJdcWPEKgw
Il convient de mentionner ici l’avis attribué au théologien, juriste, muhaddith, historien et exégète Mujahid Ibn Jabr al-Qâri’ (21 H/642 – 104 H/722), disciple de l’imâm ‘Alî et de Sayyiduna Ibn ‘Abbâs, dans son Tafsîr, où le verset 9/29 sur la Jyzia sur le fait de combattre ceux qui sont politiquement hostiles à la Nation musulmane a été compris comme possédant une portée spécifique, liée au contexte historique de l’époque concernant seulement les groupes armés byzantins (notamment lors de la campagne militaire de Tabûk de l’an 630) qui étaient hostiles et qui voulaient agresser militairement et physiquement les Musulmans. Cela signifie que, les groupes hostiles qui renoncent au combat ou qui sont vaincus, s’ils veulent se rendre et rester en vie, pourront bénéficier malgré tout de la protection, de la justice, de la liberté (de culte) et de la paix en versant l’impôt (équivalent à ce que doivent payer les Musulmans par la Zakât pour participer à la vie économique de la Nation).
Selon cette approche également, ce verset n’abroge nullement les autres versets qui appellent à la paix et au respect des traités avec les nations ou communautés qui choisissent la paix.
Autre information utile concernant les querelles entre Sunnites et Shiites est le fait que d’avoir été proche de la famille alide ne l’a pas empêché non plus de respecter les épouses et Compagnons du Prophète (ﷺ) comme ‘Aîsha, Umm Salama, ‘Umar Ibn al-Khattâb et son fils ‘Abdullah Ibn ‘Umar, Abû Hurayra et d’autres, et de rapporter leurs ahadiths et transmettre leur savoir.
Les imâms Sufyân At-Thawrî, At-Tabarî, Al-A’mash et Ad-Dhahabi le considèrent comme un imâm et transmetteur digne de confiance, à condition de s’assurer que ce qui lui est attribué par d’autres soit aussi bien authentifié.
