Les dangers de l’anachronisme et des biais idéologiques dans nos jugements de l’Histoire et le cas de l’antispécisme

Il faut faire attention aux anachronismes et aux jugements expéditifs sur le plan moral quand on parle de nos ancêtres qui évoluaient dans des époques aux conditions et mentalités fort différentes, sous peine d’être injustes à cause des biais idéologiques et cognitifs dans nos perceptions des choses. Il n’est pas question pour autant de justifier les injustices qui ont existé à travers pratiquement toutes les époques et toutes les communautés, car là n’est pas notre propos.

On peut dire que certaines pratiques nous paraissent étranges, choquantes ou dénuées de tout intérêt à et pour notre époque, sans pour autant les considérer comme des barbares. Cela ressemble à l’argument des végans antispécistes qui considèrent les êtres humains qui consomment de la viande et du poisson, – tout comme les animaux qui se nourrissent d’insectes ou d’autres animaux – de criminels, de barbares ou de génocidaires, alors qu’il ne s’agit là que d’un besoin naturel et du cycle de la vie, sachant que chaque espèce à ses spécificités et ses règles, et que nous ne pouvons pas les transposer telles quelles aux autres espèces. Là où la barbarie concerne les motivations malsaines et perverses et les méthodes cruelles, – et le manque d’empathie, de douceur et de compassion qui accompagne le rendement industriel moderne -. Cet argument se retourne également contre les végans antispécistes qui détournent nos besoins naturels, veulent transformer le cycle naturel de la vie et qui menacent la prospérité des plantes et des fleurs, en plus de menacer l’équilibre entre le monde végétal (les arbres et les plantes sont aussi, selon leur propre mode d’existence, vivants) et le monde animal, qui sont eux aussi, interdépendants.

Il y a donc fort à parier que, si les végans antispécistes, via leurs associations et lobbies, s’imposent de plus en plus dans le paysage politico-médiatique, avec une certaine radicalité que l’on perçoit déjà dans leurs discours et dans leurs méthodes parmi les fanatiques en leur sein -, que dans quelques années ou décennies, l’ensemble des populations humaines, qui à travers les âges, ont consommé de la viande ou en ont défendu la licéité, seront perçus injustement comme des barbares et des personnes immorales ou arriérées. Or, présentement, nous vivons cette époque, et nous savons que nous ne sommes pas des êtres immoraux ou rétrogrades car nous mangeons de la viande ou du poisson, tout comme nous condamnons les dérives qui existent dans les sociétés modernes concernant ce qui se déroule dans des abattoirs ou la façon dont certains maltraitent les animaux, choses que nous désavouons totalement.

Mais nous partons du principe que nous ne sommes pas des « dieux » mais seulement des créatures limitées, et que seul le Divin, qui donne la vie à toute chose, peut la reprendre dans Son bon droit, tout en donnant la permission aux êtres humains, sur ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire, concernant la façon de se nourrir. De plus, nous savons par l’expérience et la rationalité, que les animaux meurent, que d’autres se nourrissent d’autres animaux, et que de toute façon, la vie poursuit un cycle où chaque être goûtera à la mort ; les tuer pour se nourrir ne changera donc rien à cette fatalité, si ce n’est que nous devons préserver le bétail, bien traiter et bien nourrir nos animaux, tout en les protégeant du danger des autres prédateurs, et en leur procurant de bonnes conditions de vie. Et dans tout cela, il y a de l’amour, du respect et de la compassion, même si chez certains, les choses ne seront pas perçues sous cet angle.

Une autre erreur dans leur discours, est qu’ils transposent leurs croyances à l’ensemble de l’Humanité ou même des espèces animales, et pensent que tous souffrent de la même manière, alors qu’il y a une différence de conscience entre un être humain, une plante et un moustique, et que nous n’avons aucune preuve qu’ils considèrent comme injustes, les lois naturelles qui s’appliquent à l’ensemble du monde du vivant, et qu’ils n’ont donc pas les mêmes ressentis ni les mêmes objectifs ou préoccupations dans la vie, ni même le même rapport à l’égard de la vie ou de la mort ; chaque espèce agit selon son propre mode de conscience en conformité avec sa nature et ses prédispositions naturelles, et accepte son sort et ce pourquoi il a été créé.


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