Islam et Occident – L’Occident a-t-il aboli l’esclavage ?


Nombreuses sont encore les polémiques autour de l’Islam et de l’Occident au sujet de l’esclavagisme et son abolition officielle.

Mais à la question l’Occident a-t-il aboli dans la pratique l’esclavage, la réponse est non, car outre le fait que l’Occident a été le centre le plus important de l’esclavagisme mondial (du 17e à nos jours) tant directement qu’indirectement (par les multinationales qu’ils ont implanté au Maghreb et en Afrique ainsi qu’un peu partout en Asie et en Amérique latine), l’Occident n’a pourtant jamais renoncé jusqu’à présent à son impérialisme fondé sur l’esclavagisme, les massacres de masse et l’exploitation des plus faibles au service du grand capital.

Par ailleurs l’abolition officielle en Occident ne les a pas empêché d’en perpétuer la pratique au Maghreb, en Afrique et en Asie durant la période coloniale, et existe encore aujourd’hui sous d’autres formes.

La lecture de l’excellent livre de Léon Tolstoï, L’esclavage moderne, en est la preuve car il y montre bien que l’esclavage existe toujours à notre époque sous d’autres formes, et que même l’esclavage ancien est encore pratiqué en Occident comme en Orient dans les sociétés capitalistes et sécularistes (Chine, Inde, Corée du Sud, Corée du Nord, France, USA, Royaume-Uni, Israël, émirats, Koweït, …) comme l’ont indiqué plusieurs rapports officiels. Selon la fondation Walk Free, à l’époque contemporaine, environ 45,8 millions d’humains seraient maintenus en esclavage (dans une forme dure et brutale si l’on peut dire) dans le monde en 2016 comme l’indique le rapport “Findings- Global Slavery Index 2016” de la Global Slavery Index de 2016, y compris en Occident, et où cela est aussi recensé dans des pays comme la Chine, l’Inde, le Pakistan ou le Bangladesh par des multinationales ou entreprises occidentales qui y sont implantées.
Cela concerne seulement le bilan officiel, car beaucoup de filières esclavagistes existent encore dans l’ombre. Le 28 juillet 2016, le média Radio Canada avec l’AFP publiaient l’information selon laquelle environ 2700 personnes victimes de trafic humain avaient été libérés en Amérique Latine (“2700 victimes de trafic humain libérées en Amérique latine”, Radio Canada, 28 juillet 2016 : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/795235/trafic-humain-interpol-amerique-latine-esclavage-police).


Jusqu’à aujourd’hui encore, le régime israélien exploite et opprime des milliers de Palestiniens et de travailleurs étrangers (Indiens, Thaïlandais, etc.) qui sont dans la pratique des esclaves sous-payés, maltraités et qui sont même souvent victimes d’agressions sexuelles (cf. “Les travailleurs thaïlandais en Israël : la vérité choquante !”, Bobby’s Perspective, 25 septembre 2025 : https://youtu.be/Oj-udu6QyyQ).


Il y a également d’autres formes de servitude et d’esclavage, où de nombreux ouvriers, salariés ou employés sont victimes de pressions, chantages, harcèlements, persécutions et discriminations, y compris des millions de personnes en France, en Allemagne, en Belgique, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, et où la hiérarchie coupable de ces méfaits reste impunie, tandis que les employé(e)s ou salarié(e)s se retrouvent sans protection juridique dans les faits (les gens influents ou proches du pouvoir ne faisant pas appliquer la loi, ou les contournant quand cela les arrange), avec ainsi des millions de citoyens qui travaillent plus que ce qu’ils devraient, mais dans des conditions déplorables, humiliantes ou cruelles, mettant en danger leur sécurité financière, leur santé physique et mentale, et même leur dignité humaine ou leur famille.

Mais sur l’abolition officielle de l’esclavage ancien, sur le plan historique, l’empire Ottoman de 1830 jusqu’en 1889 (du début des décisions – par le Sultan Mahmud II – jusqu’à la concrétisation pour abolir l’esclavage) et la Tunisie (1846) avaient aboli officiellement l’esclavage avant la France (1848) sur base d’arguments tirés des principes et finalités de l’Islam et non pas sous pression de la France comme certains le scandant à tort, et ce alors même que la France continuait de perpétuer l’esclavage dans ses colonies, même après ladite abolition officielle.

Par contre il est vrai que les débats les plus polémiques sur l’esclavage ont eu lieu en Occident, justement car les pratiques occidentales étaient les plus violentes, les plus choquantes et les plus intenses par rapport aux formes généralement plus douces d’esclavage qui pouvait exister en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie.

Néanmoins, dès les origines de l’Islam, la Religion avait interdit de faire de nouveaux esclaves, à l’exception des prisonniers de guerre parmi les combattants ennemis ayant déclaré la guerre aux Musulmans, avant de pouvoir les gracier, les échanger ou les affranchir s’ils ne représentaient plus de danger et de menace pour la société. Quant aux esclaves déjà existants, l’Islam interdisait la violence, l’oppression et l’humiliation à leur égard, et de nombreux actes religieux pour les affranchir (l’une des fonctions de la Zakât, pour expier leurs fautes, en cas de mauvais traitement infligé à l’esclave, pour se rapprocher d’Allâh, etc.).

Le Prophète (ﷺ), les Califes bien-guidés et leurs proches avaient ensuite eux-mêmes montré l’exemple en affranchissant des milliers d’esclaves et en dénonçant les mauvaises pratiques de leurs contemporains, y compris l’esclavagisme sur des bases raciales et racistes. Ce que l’on peut toutefois déplorer dans l’histoire du monde musulman, c’est que certains juristes, commerçants et dirigeants aient préféré l’appât du gain ou l’influence culturelle aux principes universels et explicites de l’Islam à ce sujet comme sur d’autres d’ailleurs.

Le Prophète (ﷺ) a dit : « Allâh a dit : « Le Jour de la Résurrection, Je serai l’opposant de 3 catégories de personnes : 1. Celui qui prend un engagement en Mon Nom, mais se montre traître (et trahit le pacte ou l’engagement) ; 2. Celui qui asservit puis vend une personne (homme ou femme) libre, le vend et en récolte le prix ; et 3. Celui qui emploie un ouvrier ou un employé et lui demande un travail complet, mais ne le rémunère pas pour son travail » (1) ; « Quiconque tuera son esclave, nous le tuerons. Quiconque rasera son esclave, nous le raserons. Quiconque émasculera son esclave, nous l’émasculerons » (2) ; « Ô vous les gens ! Certes votre Seigneur est Unique et certes votre père (Adam) est unique. Il n’y a pas de mérite ou de supériorité en soi pour un arabe sur un non-arabe, ni pour un non-arabe sur un arabe, ni du rouge sur le noir, ni du noir sur le rouge si ce n’est par la taqwa (la piété et la droiture, ainsi que la vigilance contre son ego). Certes celui d’entre vous qui est le plus noble auprès d’Allâh est celui qui a le plus de taqwa – indépendamment du reste -. Ai-je bien transmis (le Message) ? ». Ils ont dit : « Certes oui, ô Messager d’Allâh ». Le Prophète a dit : « Que celui qui est présent transmette à celui qui est absent » (3) ; « Vos esclaves/domestiques/serviteurs sont vos frères. Quiconque dispose de l’un de ses frères doit le nourrir de ce dont il se nourrit lui-même et le vêtir de ce dont il se vêt lui-même. Ne leur demandez pas ce qui dépasse leur capacité. Et si vous le faîtes, alors aidez-les » (4) ; « 3 types de personnes ont reçu la Promesse d’être aidé et secouru par Allâh : Celui qui demande à être affranchi (l’esclave), celui qui veut se marier tout en souhaitant se préserver (des turpitudes et de la fornication), et le combattant luttant (avec justice et piété) dans le Sentier d’Allâh » (5).

Un hadith relate le fait qu’une personne alla voir le Prophète « Ô Messager d’Allâh, j’ai un serviteur qui agit mal et qui est injuste, dois-je le frapper ? ». Il répondit : « Pardonne-lui chaque jour 70 fois (autant de fois que nécessaire) » » (6).

Al-Bukhari dans son Sahîh (au livre du contrat d’affranchissement des esclaves, chap. 1) relate qu’Umar ibn al-Khattâb frappa avec son bâton un maître qui refusa de conclure ce contrat avec son esclave :

Rawh ibn ‘Ubada ibn al-‘Ala al-Basri rapporte que selon Ibn Jurayj ‘Abd al-Malik ibn ‘Abd al-‘Aziz qui dit à ‘Ata ibn Abi Rabah al-Makki : « Suis-je obligé d’établir un contrat d’affranchissement à mon esclave, si je sais qu’il est capable de payer ?

A mon avis, dit ‘Ata, je juge que c’est une obligation !,

‘Amr ibn Dinâr al-Makki dit à ‘Ata : de qui tiens-tu qu’il s’agisse d’une obligation ! –

De personne ! répondit-il.

Ensuite, dit Ibn Jurayj, ‘Ata m’a informé que Mûsâ ibn Anâs al-Ansarî l’a informé que Sirîn (son esclave) assez aisé, demanda à établir avec lui un contrat d’affranchissement. Mais Mûsâ refusa. Sirîn alla se plaindre à ‘Umar (le calife). Conclus avec lui ce contrat, lui dit ‘Umar. Mûsâ ibn Anâs refusa, alors ‘Umar le frappa avec son bâton et lui récita ce verset où Allah le Très-Haut dit : « Concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux » (Qur’ân 24, 33). Alors ibn Anâs s’exécuta (pour conclure le contrat d’affranchissement) ».

Et Allâh dit aussi dans le Qur’ân : « Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres et aux indigents, à la rétribution des percepteurs, au ralliement des bonnes volontés, à affranchir des nuques (esclaves), à libérer des insolvables, à aider dans la Voie d’Allâh et à secourir le fils du chemin : autant d’obligations de par Allâh. Allâh est Omniscient et Sage » (Qur’ân 9, 60).

« Adorez Allâh et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté, bienfaisance et bienveillance envers vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les serviteurs/employés qui sont sous votre responsabilité, car Allâh n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant » (Qur’ân 4, 36).

« Ceux de vos domestiques qui cherchent un contrat d’affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux; et donnez-leur des biens d’Allâh qu’Il vous a accordés. Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes domestiques à la prostitution, si elles veulent rester chastes. Si on les y contraint, Allâh leur accorde après qu’elles aient été contraintes, Son Pardon et Sa Miséricorde » (Qur’ân 24, 33).

« Et qui te dira ce qu’est la voie difficile ? C’est délier un joug [affranchir un esclave], ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent, ou un pauvre dans le dénouement. Et c’est être, en outre, de ceux qui croient et s’enjoignent mutuellement l’endurance (dans la droiture et le bien), et s’enjoignent mutuellement la miséricorde, la compassion et l’amour rayonnant. Ceux-là sont les gens de la droite (ceux qui adhèrent à la Religion de la droiture) » (Qur’ân 90, 12-18).

« Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru (tout en vous combattant injustement) frappez-en les cous. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allâh voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le Sentier d’Allâh, Il ne rendra jamais vaines leurs actions » (Qur’ân 47, 4).

L’abolition de l’esclavage sur le plan historique

L’imâm, théologien, combattant, dirigeant, juriste mâlikîte et Sûfi Nasir ud-Dîn Abû Bakr Ibn Abyad (m. vers 1650-1674), de la tribu des Lamtuna (groupe Sanhaja), et fondateur d’un mouvement réformiste religieux et le chef des Zawaya (confréries) Sanhaja, avait devancé l’Occident dans l’abolition officielle et politique de l’esclavage. En effet, de 1673 à 1677, il déclenche un jihad contre les rois esclavagistes (alliés des tyrans et rois européens) contre les rois du Jolof, du Cayor et du Walo, les accusant d’opprimer leurs propres sujets et de les réduire en esclavage pour le profit commercial. Il prônait un État islamique fondé sur la Loi divine (Shar’îah) où la justice devait primer, et où le souverain devait servir le peuple et non l’asservir. Il affirmait qu’Allâh n’avait pas donné aux rois le droit de vendre leurs sujets. Bien qu’il ait réussi à renverser plusieurs monarchies locales, Nasir al-Din fut tué au combat en 1674. Son mouvement, bien que réprimé par les forces coloniales françaises alliées aux aristocraties locales, a posé les bases des futures révolutions islamiques en Afrique de l’Ouest et a marqué l’histoire de la résistance à la traite négrière.

Sous sa gouvernance, il promulgua l’abolition de l’esclavage bien avant l’empire britannique ou l’empire français. En effet, il a formulé et appliqué une abolition de l’esclavage dès les années 1670, soit plus d’un siècle avant les premières lois abolitionnistes européennes (1794 pour la France de la Révolution, 1807 pour la traite britannique). Là où les Européens ont tardé avant de l’abolir pour des raisons pratiques grâce aux techniques de l’ère industrielle et non pas pour des raisons éthiques (d’ailleurs ils maintenaient toujours l’asservissement, l’exploitation, la cruauté ou l’esclavage sauvage dans les colonies, et encore aujourd’hui il existe des millions d’esclaves en France, aux USA ou au Royaume-Uni), pour Nasir ud-Dîn, il s’agissait d’une pratique sauvage qui était harâm (illicite), car l’esclavage de l’époque, fondé sur la cruauté et le pillage étaient illicites et transgressaient la Loi divine du Qur’ân et l’exemple prophétique.

Cette abolition précoce a provoqué une véritable panique à Saint-Louis du Sénégal. Les archives de la Compagnie française des Indes occidentales de l’époque montrent que le commerce des esclaves s’est effondré durant son règne. Les directeurs du comptoir français ont dû s’allier militairement aux rois déchus pour abattre Nasir al-Din, car son projet ruinait leur économie coloniale.

La comparaison historique :

  • Nasir al-Din (1673) : Abolition active par un mouvement populaire et religieux en Afrique de l’Ouest. Sa politique s’inscrit dans le cadre islamique, où le Qur’ân et le Prophète Muhammad (ﷺ) avaient interdit de prendre de nouveaux esclaves (interdiction de priver les gens libres de leur liberté à l’exception des captifs temporaires selon les lois de la guerre parmi ceux qui faisaient la guerre aux Musulmans ou aux Dhimmis, jusqu’à les libérer par rançon ou affranchissement), et qui avaient recommandé d’affranchir les esclaves existants pour se rapprocher d’Allâh, ordonné de les libérer pour expier des fautes graves, où la Zakât (pilier de l’Islam) servait à affranchir les esclaves, libération en cas de mauvais traitements, ou affranchissement si les esclaves en faisaient eux-mêmes la demande, et l’Islam a interdit l’injustice, le mépris, la cruauté ou l’exploitation (cruelle, abusive et piétinant la dignité de l’individu ou sa capacité à supporter les charges physiques, mentales ou autres) de tous les individus peu importe leur statut juridique (employé, esclave, serviteur, prisonnier, employeur/tuteur, etc.).
  • Danemark (1792) : Premier pays européen à abolir la traite (mais pas l’esclavage).
  • Grande-Bretagne (1833) : Abolition de l’esclavage dans les colonies.
  • Tunisie (entre 1841 et 1846) : Sous Ahmed Bey.
  • France (1848).

Notes :

(1) Rapporté par Al-Bukhari dans son Sahîh n° 2227 et 2270 selon Abû Hurayra, Ibn Mâjah dans ses Sunân n°2442, An-Nawawî dans Riyad as-Salihin n°1587, Ibn Hajar dans Bulugh al-Maram n°911, Ahmad, Ibn Hibbân, Al-Bayhaqî et d’autres en rajoutant aussi une précision supplémentaire sur le fait que les « adversaires d’Allâh » (c’est-à-dire les oppresseurs) seront « vaincus » par Allâh. Ibn Hajar dans Fath al-Barî 4/487 n°2114 rapporte cette variante puis cite aussi le commentaire d’Ibn Al-Tin : « Il – Gloire à Lui – est l’adversaire de tous les oppresseurs, sauf qu’Il a voulu être plus sévère et ferme avec ces gens en déclarant cela explicitement ».

(2) Rapporté par Ahmad dans son Musnad n°20104 selon Qatada, Ad-Dârimi dans ses Sunân n°2281, Ibn Mâjah dans ses Sunân n°2663 selon Samurah, At-Tirmidhî dans ses Sunân n°1414, Abû Dawûd dans ses Sunân n°4515, An-Nasâ’î dans ses Sunân n°4737, 4736, 4738, 4753 et 4754, et d’autres. La version comportant le rajout « quiconque castrera son esclave sera aussi castré » (signifiant l’interdiction et la gravité d’un tel acte) a été authentifié par Al-Hakim et d’autres. Les voies sont tantôt hassân tantôt sahîh.

(3) Rapporté par al-Bayhaqî dans Shu’ab al-Imân n°5137, Abû Nu’aym dans Hilyat al-Awliya 3/100 selon Jabir, sahîh, Ahmad dans son Musnad n°22978, par At-Tahawî avec une variante à la fin disant : « Les gens viennent d’Adam et Adam vient de la poussière ».

(4) Rapporté par Al-Bukhari dans son Sahîh n°30 selon Al-Ma’rur et 6050, Muslim dans son Sahîh n°1661, Al-Bazzâr dans son Musnad n°3996.

(5) Rapporté par An-Nasâ’î dans ses Sunân n°3218 selon Abû Hurayra – hassân -, At-Tirmidhî dans ses Sunân n°1655, Ibn Mâjah dans ses Sunân n°2518, Ahmad dans son Musnad n°7410 avec une légère variante, etc.

(6) Rapporté par Ahmad dans son Musnad n°5635, Abû Dawûd dans ses Sunân n°5164.


Be the first to comment “Islam et Occident – L’Occident a-t-il aboli l’esclavage ?”