La calomnie, la médisance, l’hypocrisie, le pardon et la mixité

Il est des fléaux qu’il convient d’analyser, car ils sont mondiaux, et touchent également la communauté musulmane. Il s’agit de la calomnie, de la médisance, de l’hypocrisie et de la mixité sans limite qui causent de nombreuses dérives et injustices.

Il faut d’abord bien prêter attention aux sources douteuses qui répandent certaines informations ou rumeurs, comme l’enseigne le Qur’ân : « Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait » (Qur’ân 49, 6).

Il y a des gens pervers, dont l’intention et le but sont malveillants, peu importe le contenu de ce qu’ils diffusent (une calomnie, une vérité qui ne devait pas être dévoilée, ou une information qui ne concernait pas du tout la personne à qui l’information a été communiquée), et ce, dans le but de provoquer la fitna (tentation, trouble, désordre, tension, …). Face à ces personnes, la vigilance est de mise, car même si certaines informations peuvent être fondées, souvent, elles sont mélangées avec des omissions, des mensonges ou des citations hors-contextes. Et il suffit malheureusement de répéter ce qui a été dit, sans prudence ni clairvoyance, pour alimenter le mal et la fitna. Même pour les gens sincères, ils ne sont pas à l’abri des malentendus ou des mauvais renseignements que l’on leur donne.

Quant à la calomnie, surtout si elle vise des femmes dont le comportement est noble et tourné vers la chasteté, le Qur’ân condamne clairement une attitude, s’apparentant à un grand péché abominable : « Ceux qui lancent des accusations contre des femmes vertueuses, chastes [qui ne pensent même pas à commettre la turpitude] et croyantes sont maudits ici-bas comme dans l’au-delà ; et ils auront une énorme correction » (Qur’ân 24, 23). En effet, nuire volontairement à la réputation d’une femme chaste, en inventant des choses fausses sur elle (comme la fornication, l’adultère, etc.) possède des conséquences terribles, pouvant aller jusqu’au divorce, au suicide, au meurtre, aux tensions au sein de la famille, etc.

La calomnie est le fait d’inventer des mensonges sur le dos d’une personne qui en est innocente.

Allâh dit encore : « Et n’obéis à aucun grand jureur, méprisable, grand diffamateur, grand colporteur de médisance, grand pécheur, … » (Qur’ân 68, 10-12).

Plus triste encore est le fait que des femmes et des hommes fomentent ou colportent des médisances ou des calomnies sur des personnes du même sexe, y compris parfois leurs propres « ami(e)s » proclamées, par jalousie, envie ou complexe, afin de les nuire.

Pour la médisance, il s’agit de dévoiler des choses vraies (péchés, erreurs, défauts, …) d’une personne à d’autres personnes, afin d’en manifester les défauts et de nuire ainsi à son image. Mais parfois cela peut se faire inconsciemment, sans que le but soit de nuire à son image, mais juste pour informer une personne d’un fait, alors que ce n’est pas nécessaire et qu’il n’y avait pas de danger.

Allâh dit : « … et ne médisez pas les uns des autres … » (Qur’ân 49, 12).

Un hadîth prophétique nous rappelle que : « Votre sang, vos biens et votre honneur sont sacrés entre vous comme le sont ce jour, ce pays qui est le vôtre et ce mois. [Ô Allâh], ai-je bien transmis [le message] ? » (Hadîth rapporté par al-Bukharî et Muslim dans leur Sahîh).

Un autre hadîth définit la notion de « médisance » : « « Savez-vous en quoi consiste la médisance ? ». – Allâh et Son Envoyé le savent mieux que quiconque, répondit l’assistance. – « Elle consiste, dit le Prophète, à mentionner ton frère en des termes qui lui déplaisent ». – Quelqu’un lui demanda : « Et si mon frère est bien tel que je l’ai décrit, qu’en dis-tu ? ». « – Si ton frère est tel que tu l’as décrit, tu as médit de lui, lui répondit le Prophète, et s’il est différent de ce que tu en as dit, tu l’as calomnié » (Hadîth rapporté par At-Tirmidhî dans son Al Jamî’).

Parmi les conseils islamiques sur le sujet, citons les paroles prophétiques suivantes :

« Que celui qui croit en Allâh et au Jour du Jugement dise du bien [des gens] ou qu’il garde le silence ! » (Hadîth rapporté par al-Bukharî et Muslim dans leur Sahîh).

« Je demandai : Ô Envoyé d’Allah, qui donc est le meilleur musulman ? Il me répondit : Celui dont les musulmans n’ont à redouter ni la langue, ni la main » (Hadîth rapporté par al-Bukharî et Muslim dans leur Sahîh).

« Une des plus belles vertus islamiques consiste pour un homme à ne pas se mêler de ce qui ne le regarde pas » (Hadîth rapporté par At-Tirmidhî dans son Al Jamî’).

Il a été rapporté de l’imâm As-Shafi’î : « Si l’on veut parler, il faut réfléchir avant de le faire ; si l’on est convaincu de l’utilité de la parole, alors parlons ! Mais si l’on doute de l’utilité des mots, mieux vaut alors se taire, jusqu’à ce que la nécessité de la parole devienne évidente » Récit rapporté par An-Nawawî dans son « Kitâb al-’Adhkâr » – Livre des Invocations).

D’après Abû Sa’id Al Khudri (qu’Allâh l’agrée), le Prophète Muhammad (‘alayhî salât wa salâm) a dit : « Les grands péchés sont au nombre de 7 : l’association à Allâh (l’idolâtrie, le shirk), tuer une âme qu’Allâh a interdit sans droit, accuser de fornication la femme chaste, la fuite au moment du combat, manger l’usure, manger l’argent de l’orphelin et retourner à la vie de bédouin après la hijra (*) » (Hadîth rapporté par At-Tabarânî). * Les savants expliquent qu’il s’agit du bédouin qui est retourné vivre dans le désert avec les autres bédouins après avoir fait la hijra vers le Messager d’Allâh en étant musulman. Lorsque le combat aux côtés du Messager d’Allâh lui est devenu obligatoire (pour la défense de la communauté, agressée par des ennemis) il a tout laissé et est repartit vivre comme il le faisait avant. (Voir « Fayd Al Qadir » 1/54).

D’autres ahadiths mentionnent aussi d’autres grands péchés. Citons un dernier hadîth pour illustrer la gravité de ces péchés : « Allâh (l’Unique) vous a interdit de manquer d’égards envers vos mères, d’enterrer vos filles vivantes, de refuser (d’acquitter ce que vous devez), de demander (ce qui ne vous est pas dû). Allâh reprouve les commérages, les demandes excessives (NDT : ou les questions trop indiscrètes) et le gaspillage des biens » (Hadîth rapporté par Al Bukharî dans son Sahîh 5/2229 et 5630).

Avec les réseaux sociaux, la « folie du buzz », la course aux richesses et à la gloire, les calomnies se sont multipliées à une vitesse affolante. Des femmes accusent injustement d’autres femmes de certains maux, des femmes accusent injustement des hommes d’avoir commis des viols ou des agressions sexuelles, ou manipulent des personnes pour les agresser ou les tuer, alors que dans les faits ils étaient, soit totalement innocents, soit un peu dragueurs, soit avaient refusé leurs avances, soit étaient un peu lourds, soit avaient commis la fornication ou l’adultère mais avec consentement. D’un autre côté, il y a des hommes, qui, à cause du refus de certaines femmes, de fausses promesses émanant de certaines femmes manipulatrices, ou par jalousie ou vengeance, finissent par outrepasser les limites du convenable, et se mettent à les insulter, à les accuser de tous les maux ou à exagérer dans les reproches qui leurs sont faits, ou pire même, qui finissent par commettre des agressions sexuelles. Cela est causé par la présence futile, ainsi que par l’exposition de leurs vies privées, d’une personnalité consciemment idéalisée ou de leurs photos visant clairement à susciter le mystère et/ou le désir, et cela, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.


Concernant l’hypocrisie, grand péché bien connu en Islam, citons ce hadîth qui suffit pour en avoir une bonne définition (il s’agit de l’hypocrisie comportementale, et non pas de l’hypocrisie au sens religieux, c’est-à-dire des gens qui font vraiment semblant d’adhérer à l’Islam alors qu’ils n’y croient pas ou qu’ils détestent l’Islam) : « Les caractéristiques de l’hypocrite sont au nombre de trois : Quand il parle, il ment. Quand il promet il ne tient pas sa promesse et quand on lui fait confiance il trahit » (Hadîth rapporté par al-Bukharî et Muslim dans leur Sahîh).

Une personne qui ment en trahissant sciemment votre confiance, en ne cherchant pas votre bien, en mentant de façon inutile au point de manipuler sciemment vos sentiments, votre confiance ou votre honneur, est une personne hypocrite et dangereuse, qui ne fera pas d’efforts pour protéger votre intégrité et qui ne veut pas forcément votre bien. Nous ne parlons pas ici des gens bien intentionnés mais qui peuvent être maladroits, ou omettre certaines choses dans le but de ne pas blesser inutilement la personne, car il s’agit d’un autre cas.

Une personne qui fait beaucoup de promesses, mais qui ne les tient presque jamais, alors qu’elle était en mesure de le faire, et qu’aucun empêchement majeur n’existe, pour justifier le non-respect de ses promesses ou de ses engagements, ou pire encore, qui les viole sans regret et sans effort, est une personne dont il faut se méfier et s’éloigner, surtout quand l’honneur de plusieurs personnes, de l’argent, ou d’autres choses possédant des conséquences tragiques, sont en jeu.

Selon la pédagogie islamique, même lorsque l’on subit une injustice (ou que l’on pense à tort avoir subi une injustice), il ne faut pas tomber non plus soi-même dans la calomnie, la médisance et l’injustice, en alimentant la fitna, en impliquant d’autres personnes dans cette vengeance, et en semant la corruption au sein des familles, des amies ou des communautés, car cela peut vite dégénérer. En cas de différend, il est préférable de régler cela en privé, en jouant cartes sur table, et en tentant de réconcilier les différentes personnes impliquées dans le conflit jusqu’à ce que tous soient apaisés ou satisfaits des solutions et conditions évoquées.

Allâh dit dans le Qur’ân : « La bonne action et la mauvaise (action) ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur (le bien) ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n’est donné qu’à ceux qui endurent et il n’est donné qu’au possesseur d’une grâce infinie. Et si jamais le Diable t’incite (à agir autrement), alors cherche refuge auprès d’Allâh ; c’est Lui, vraiment l’Audient, l’Omniscient » (Qur’ân 41, 34-36).

Il est dit encore dans le Qur’ân : « Tout ce qui vous a été donné [comme bien] n’est que jouissance de la vie présente; mais ce qui est auprès d’Allâh est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur Seigneur, qui évitent [de commettre] les péchés les plus graves ainsi que les turpitudes, et qui pardonnent après s’être mis en colère, qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la Ṣalât, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons, et qui, atteints par l’injustice, ripostent. La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action [une peine nécessaire] identique. Mais quiconque pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allâh. Il n’aime point les injustes ! Quant à ceux qui ripostent après avoir été lésés, …ceux-là pas de voie (recours légal) contre eux ; Il n’y a de voie [de recours] que contre ceux qui lèsent les gens et commettent des abus, contrairement au droit, sur la terre : ceux-là auront une correction douloureuse. Et celui qui endure et pardonne, cela en vérité, fait partie des bonnes dispositions et de la résolution dans les affaires » (Qur’ân 42, 36-43).

Le Prophète Muhammad (‘alayhî salât wa salâm) a dit : « « Oh Abû Dharr voudrais-tu que je t’indique deux qualités dont l’acquisition est très aisée, mais qui pèseront lourd dans la balance ? ». Certes, oui, ô Messager d’Allâh. « Tâche donc d’avoir un bon comportement et d’observer le silence, par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, d’entre toutes les bonnes actions accomplies par les créatures, rien ne vaut ces deux qualités » » (Hadîth rapporté par Ibn Abî ad-Dûnya).

Le Prophète Muhammad (‘alayhî salât wa salâm) a dit : « Fait partie des nobles traits de caractère, le fait de pardonner à celui qui se montre injuste envers toi » (Hadîth rapporté par al-Bayhaqî dans « Al-Shu’ab », n°8077).

Un autre hadîth prophétique (qudsi, où c’est Allâh qui s’exprime en Son Nom) stipule : « Tu demandes la vengeance contre celui qui t’a opprimé, et celui que tu as opprimé fait de même contre toi. Si J’exauce ton imploration, J’exaucerai aussi la sienne » (Hadîth rapporté par Ad-Daylamî dans « al-Firdaws » n°4497).

Il a dit encore : « Est-il difficile pour l’un d’entre vous d’être comme Abû Damdam (qui disait chaque matin : « Ô Allâh ! Pour Toi, j’offre mon honneur à Tes créatures ») » (Hadîth rapporté par Abû Dawûd dans ses Sunan n°4886).

Ainsi que : « Ils n’aiment pas être humiliés, et quand ils ont pris le dessus, ils pardonnent » (hadîth rapporté dans le Sahîh d’al-Bukharî).

Yazid Ibn Aslam rapporte d’après son père que ‘Umar (qu’Allâh l’agrée) se rendit un jour à la mosquée où il trouva Mu’adh entrain de pleurer auprès de la tombe du Prophète (‘alayhî salât wa salâm). A la question : « Pourquoi pleures-tu ? ». Mu’adh répondit : « Des paroles que j’avais entendues du Prophète (‘alayhî salât wa salâm). Il a dit : « L’ostentation, dans sa forme la plus simple, est une (sorte d’) association à Allâh. Et quiconque se fait un ennemi des bien-aimés d’Allâh entre de fait en duel avec Allâh. Or, Allâh aime les bons, les pieux et ceux qui sont effacés (aiment rester en retrait) : dont on ne remarque point leur absence et sont méconnus pendant leur présence. Leurs cœurs sont des lanternes de guidée. Ils sortent de toute Fitna (tentation) ténébreuse » (Hadith rapporté par Ibn Mâjah, Al-Bayhaqi et Al-Hakim).

Il a été rapporté également du Prophète Muhammad (‘alayhî salât wa salâm), d’autres paroles, telles que :

« Le Prophète me demanda, en croisant les doigts : ‘’Comment te comporterais-tu, Abû Dharr ! si tu te trouvais avec la lie* de l’humanité ? – Que me suggères-tu, Envoyé d’Allâh ? – La patience, la patience, la patience, répéta-il. Soyez indulgents pour la nature des hommes, mais ne les suivez pas dans leurs (mauvaises) actions !’’» (Hadîth rapporté par al-Bayhaqî sous l’autorité d’Abû Dharr). * Il s’agit du rebut, ce qu’il y a de plus vil, de plus mauvais chez une personne ou un groupe de personne. On dit souvent par exemple « la lie du peuple ».

« C’est être magnanime avec celui qui t’agresse par stupidité, de pardonner à celui qui a été injuste à ton égard, de donner à celui qui t’a privé, de reprendre les rapports avec celui qui a rompu avec toi » (Hadîth rapporté par At-Tabarânî).

« Le compagnon ‘Abdallâh Ibn ‘Amr (qu’Allâh l’agrée) rapporte que :  « On a dit : « Ô Messager d’Allâh ! Quel est le meilleur des hommes ? ». Il a répondu : « Tout homme au cœur makhmûm, à la langue véridique ». On lui demanda alors : « L’homme à la langue véridique, d’accord nous le connaissons, mais que signifie au cœur makhmûm ? ». Il répondit : «C’est le cœur pur et pieux où il n’y a ni péché, ni injustice, ni ressentiment, ni jalousie » » (Hadîth rapporté par Ibn Mâjah dans ses Sunan).

« Il faut pratiquer la bienveillance et prendre garde à ne pas être violent ou indécent » (Hadîth rapporté par al-Bukharî, et cité par Tayeb Chouiref dans son ouvrage « Les enseignements spirituels du Prophète », vol. 1, p. 51, hadîth n°8).

« La meilleure foi est celle qui s’accompagne de patience et d’indulgence » (Hadîth rapporté par Ad-Daylamî, et cité par Tayeb Chouiref dans son ouvrage « Les enseignements spirituels du Prophète », vol. 1, p. 53, hadîth n°9).

Et lorsqu’un compagnon demanda au Prophète Muhammad (‘alayhî salât wa salâm) : « Quelle est la religion (ou voie) la plus aimée d’Allâh ? », le noble Envoyé d’Allâh répondit : « Le monothéisme primordial et indulgent » (Hadîth rapporté par Ahmad ibn Hanbal dans son Musnad).

Même si l’on connait les péchés et défauts avérés de certaines personnes qui nous ont clairement causées beaucoup de torts, – alors même que nos proches sont loin de se douter de toutes les injustices subies -, il faut endurer, et si des personnes nous demandent des informations privées sur la personne qui nous a fait du tort, il faut savoir dompter sa nafs, ne pas vouloir lui causer du tort, de ne pas mentir et ne pas l’insulter. Si malgré tout l’on ne souhaite pas en dire du bien, alors se contenter d’une invocation devrait suffire en guise de réponse « Ce n’est pas à moi de t’en informer là-dessus, mais qu’Allâh guide, pardonne, réforme et accorde une heureuse issue à cette personne ! », c’est là une excellente chose, même si cela est évidemment très difficile pour l’ego, mais celui qui parvient à réaliser ce degré de piété, s’en retrouvera bien libérer ! Et si l’on commet une faute ou que l’on tombe dans la médisance ou la calomnie, le repentir sincère doit être accompli, suivi d’une bonne action et d’une invocation en faveur de la personne innocente.

Cela doit nous pousser à ne plus accorder notre confiance « aveugle » en des personnes dont les mœurs ne sont pas des plus belles et pieuses, et qui agissent souvent de façon contradictoire entre les « beaux principes » qu’ils ou qu’elles affichent (ou prétendent se rattacher), et leurs actes au quotidien, qui sont souvent aux antipodes de leurs prétentions. En effet, c’est lorsque l’on accorde une grande confiance, des sentiments, de l’importance ou de l’amour à une personne, que l’âme explose ou suffoque en cas de trahison ou de forte déception. Or, le « cœur » de tout croyant ne devrait se rattacher qu’à Allâh, et chercher dans une moindre mesure, la compagnie des saints et des pieux.

S’il n’y a aucun impact négatif pour la communauté ou la société, comme les escroqueries avérées, les meurtres, les agressions sexuelles, l’honneur des gens qui est Sali publiquement, les calomnies répétées, les liens de parenté détruits, les manipulations sentimentales avérées qui se répètent également, ou d’autres choses du genre, il est préférable de taire cela et de régler les conflits en privé, sous peine de voir la situation dégénérée, et touchée négativement encore plus de personnes, et dont les dégâts seront encore plus désastreux.

Pour les hommes, si des femmes viennent se confier à eux afin de se plaindre, de rabaisser ou de calomnier d’autres femmes, même leurs « meilleures amies » ou les membres de leur famille, – ou d’accuser à tort certains frères de votre entourage -, il faut fuir et couper court à la discussion, car souvent elles ont des problèmes psychologiques (mais parfois c’est juste de la jalousie et de la méchanceté) et n’hésiteront pas à les impliquer dans des histoires bizarres qui leurs retomberont dessus un jour ou l’autre. Ces problèmes psychologiques et psychiques (liés à la nafs) sont continuellement alimentés avec les réseaux sociaux, et cela les pousse à mentir sans cesse puis à calomnier encore d’autres personnes. Au lieu d’alimenter leurs délires, – car elles ne cherchent de toute façon pas à se réformer ni de bons conseils -, couper court à la discussion permet de se préserver de bien des maux. Prendre du recul et imposer des distances n’est pas un luxe. Et cela vaut également pour les femmes qui ne devraient pas se laisser entrainer par des hommes qui leurs confieraient des choses intimes en privé ou qui passeraient leur temps à calomnier d’autres personnes.

Comme le dit Allâh dans le Qur’ân : « Il n’y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l’un d’eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, cherchant l’agrément d’Allâh, à celui-là Nous donnerons bientôt une récompense énorme » (Qur’ân 4, 114).

Ceci étant rappelé, il faut prendre garde aux relations mixtes, que ce soit lors de rassemblements réels, ou d’activités virtuelles (réseaux sociaux, applications de communications, etc.). En effet, c’est souvent lors d’assemblées mixtes, que les attachements, les convoitises, les désirs, la jalousie, l’envie, les enjeux idéologiques ou financiers, la colère et les polémiques, se manifestent, et se traduisent souvent en calomnie et en médisance. De même, dans ces assemblées, de nombreuses personnes (hommes et femmes) feignent d’être ce qu’ils ne sont pas. Il est ainsi courant que des disputes éclatent publiquement à cause des intrigues et calomnies proférées dans « l’ombre », où des femmes soi-disant amies, vont voir d’autres personnes, afin de se rabaisser mutuellement, de trahir certains secrets, de mentir à des personnes sur leur « amie » ou sur « telle femme », souvent en jouant sur la naïveté et le manque de vigilance des personnes auprès de qui elles confient ces choses. Et quand ces activités accaparent trop de temps, et dévient souvent vers la futilité ou la mixité (ou pire même, la promiscuité), la psychologie humaine s’altère graduellement pour succomber aux bassesses de la nafs (l’ego) sans que l’on s’en rende forcément compte, et ce, même quand on prétexte y participer pour la « bonne cause » ou des choses louables (rappels religieux, échanges intellectuels en tous genres, causes humanitaires, etc.). L’action pieuse doit se dérouler essentiellement dans la vie réelle, au contact des gens, et non pas dans les milieux mixtes (hommes et femmes) où l’intention est souvent tournée vers l’attirance sexuelle, l’ostentation et la recherche d’une certaine notoriété.

Il est vrai aussi que, souvent, l’intention première de nombreuses personnes était noble et bienveillante, mais avec le temps, l’influence de l’ambiance (qui tourne vite aux vices en tous genres) et les interactions répétées, il devient vraiment facile de se laisser entrainer par et dans les vices des autres, jusqu’à s’y noyer quand on ne sait plus prendre de recul et de distance avec tout cela.

Que ce soit pour les hommes comme pour les femmes, il faut éviter les contacts réguliers avec le sexe opposé en dehors du cadre du mariage et de la famille. Quand les contacts sont professionnels et se déroulent dans un endroit public et de façon irrégulière, cela est toléré, surtout s’il y a une nécessité. Mais lorsque les discussions deviennent trop privées, intimes ou répétées, où l’attachement opère très rapidement (lorsqu’il est possible d’interagir et de « voir » ce que font telles ou telles personnes), les malheurs ne tardent pas à arriver, et les gens s’embarquent mutuellement dans des histoires affolantes, avec des accusations et des trahisons qui partent de et dans tous les côtés. L’hypocrisie, la malveillance et les manipulations opérées par beaucoup de personnes (et dont les « manigances » les plus élaborées viennent souvent des femmes aux apparences trompeuses, prétextant souvent de « bonnes intentions », « de bonnes causes », et en usant de belles paroles trompeuses) ne se remarquent pas souvent de prime abord, et ce n’est qu’avec le temps que des contradictions, des preuves et des témoignages, permettent d’y voir plus clair. Donc s’il devient clair que des ambiances et affaires malsaines apparaissent, et que cela pousse à mener des investigations malsaines sur des individus, à former des clans et des camps, à colporter des ragots ou des calomnies, il ne faut guère rester dans cette situation, et il faut refuser, – quitte à s’éloigner de ces personnes -, de participer dans leurs péchés. Allâh dit en effet : « Et entraidez-vous dans la vertu et dans la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché ni dans la transgression (et la haine). Prenez (donc) pieusement garde à Allâh » (Qur’ân 5, 2).

Puisse Allâh nous éloigner de tout mal et de la perversion, nous rapprocher de Lui par la sagesse et la piété, nous guider sur la Voie droite, faire naitre l’amour, la confiance et le respect entre nous tous !


1 thought on “La calomnie, la médisance, l’hypocrisie, le pardon et la mixité

  1. :

    Salam aleykoum ,
    Je suis très content d’avoir découvert cette page Web.
    BarakAllahou fikoum pour vos rappels et réflexions très intéressantes.

    Fraternellement

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