Le poète, chroniqueur, historien, grammairien, exégète du Qur’ân et connaisseur du Hadith et de la Sirah prophétique, et théologien musulman d’origine persane Ferdawsî (vers 329 H/940 – 411 H/1020), qui est l’une des grandes fiertés de la civilisation perse, même chez les Iraniens dégénérés islamophobes, a, de par son oeuvre, revivifier la langue persane et redonner un nouveau souffle à la littérature, tout en étant lui-même un pieux musulman, élément important mais souvent passé sous silence (ou ignoré) par les suprémacistes iraniens sionistes.
Dans l’introduction de son chef-d’œuvre, le Shâhnâmeh (Le Livre des Rois), Ferdawsi inclut des sections traditionnelles de louanges, à l’égard d’Allâh, de Son Prophète Muhammad (ﷺ), de sa sainte famille (les Ahl ul Bayt) et des Sahâba . Bien qu’il soit historiquement reconnu comme le « sauveur » de la langue persane, il parlait aussi l’arabe et exprimait avec force sa dévotion envers Allâh, le Prophète (ﷺ) et l’Islam.
Il écrit ainsi dans son Shahnamêh concernant Allâh :
« Au nom du Maître de l’âme et de la sagesse,
Au-dessus de qui la pensée ne saurait s’élever.
Le Maître du nom, le Maître de la place,
Le Maître qui donne notre subsistance et qui guide.
Le Maître du firmament et des étoiles qui tournent, Qui illumine la lune, le soleil et Vénus ».
Sur le Prophète Muhammad (ﷺ) il dit :
« Si tu veux que tes yeux ne souffrent pas du mal,
Et que tu ne trouves pas le chemin de l’Enfer,
Fixe ton cœur avec droiture sur la foi du Prophète,
Et cherche la clarté dans la Loi (Sharî’ah) de ce Maître du monde ».
Sur les Ahl ul Bayt et leurs partisans parmi les Sahâba il dit :
« Regarde ce monde comme une mer agitée, soulevée par des vagues et des tempêtes. 60 navires y naviguent, tous voiles dehors… Au milieu d’eux se trouve un navire resplendissant comme le bras de l’univers, orné comme l’œil du coq. Le Prophète s’y tient avec ‘Alî, sa sainte famille et ses Compagnons. Si tu veux atteindre le salut éternel, monte à bord de ce navire ».
Face aux intrigues politiques de son temps et des rivalités, il fut accusé à tort par certains au point où le Sultan Mahmud le menaça, mais il leur rétorqua :
« Même si le roi ordonne qu’on me jette aux pieds des éléphants, que mon corps soit mis en pièces et que le sang coule de ma tête comme un fleuve, je ne dévierai jamais de la voie droite du Prophète (…). Mon cœur bat pour le Messager d’Allâh (…), et si je meurs ainsi, que la poussière de mon tombeau en témoigne ! ».
Sur le Qur’ân et la Sagesse prophétique il dit : « Si tu veux que ton âme trouve le salut et la clarté, attache ton cœur aux commandements du Livre (Qur’ân).
C’est là que réside la foi pure. Cherche la lumière dans les lois de ce Maître du monde (le Prophète), car la Parole descendue est le chemin de la vérité (…). Les paroles du Livre Sacré et les enseignements du Prophète sont une mer de sagesse. Si tu as peur de la tempête de ce monde, regarde le navire où se tiennent le Messager et ‘Alî. C’est le navire de la Vérité, bâti sur les décrets du Très-Haut. Celui qui s’en détourne se noie, celui qui y monte est sauvé ».
Lui-même précisait que son chef d’œuvre était parsemé d’allusions symboliques, spirituelles et allégoriques, et qu’il ne fallait pas tout prendre selon le sens apparent, récusant toute approche purement littéraliste, invitant ainsi le lecteur à une approche théologique et symbolique de son oeuvre :
« Ce livre n’est qu’un jardin de sagesse ;
Si tu le regardes avec les yeux de la raison, tu y verras des fruits (…). Tu ne dois pas considérer ce livre comme un simple récit de guerre ;
Car sous cette écorce se trouve le noyau de la vérité (…). Tout ce que je dis n’est qu’un voile ;
Derrière ce voile se tient le visage de la sagesse (…). Si tu cherches dans ce livre le récit des rois, tu n’y trouveras que poussière ; Mais si tu y cherches le miroir du destin, tu y verras ton propre visage ».
En persan : « In bostan-e hikmat ast o andarou / Ze bar-e honar bar giranad sarou (…) ».
« Mabash bar in nameh bar dastan / Ke jowz ast o bar-e to, maqsood-e an ».
« Hame goft-e man, pardeh ast o neqab / Daroun-e o, ruy-e danesh o ab ».
« Ze goftar-e man, chon ze bar, bar giran ».
Et enfin, sur son œuvre pour revivifier la langue persane :
« J’ai souffert pendant 30 ans pour écrire ce livre, et par ce persan, j’ai redonné vie à l’Iran. Si le roi n’apprécie pas mon œuvre, le Créateur du monde, Lui, saura m’accorder Sa grâce et Sa bénédiction ».
