La première communauté chrétienne qui a suivi Jésus ainsi que son frère Jacques le Juste – Paix sur eux -, ils n’adoraient que Dieu le Père (c’est-à-dire le Créateur absolu et éternel), ne considérant Jésus que comme Prophète et Messie, suivant la Shari’ah (Loi divine) de leur temps, ne mangeant pas de porc, ne buvant pas d’alcool, faisant leurs ablutions avant de prier (avec la station de la prosternation face contre terre), les garçons se faisaient circoncire, mangeant halal (viande autorisée abattue de façon traditionnelle par la saignée).
En effet, après le départ de Jésus, la toute première communauté chrétienne de Jérusalem n’était pas dirigée par Paul de Tarse ‘qui n’avait jamais connu Jésus de son vivant), mais par Jacques le Juste, textuellement décrit dans les sources comme le frère de Jésus. Ce groupe s’est réuni autour du Temple de Jérusalem. Pour eux, l’enseignement de Jésus ne venait pas abolir le judaïsme, mais l’accomplir (tout en récusant les innovations blâmables qui s’y étaient rajoutées au fil du temps).
Pour ces premiers fidèles, Jésus n’était absolument pas Dieu le Fils, ni une personne de la Trinité (une notion théologique qui n’apparaîtra que plusieurs générations plus tard avec les conciles romains). Ils adoraient exclusivement Dieu le Père (qui était le Dieu d’Abraham) et considéraient Jésus comme le Messie (l’Oint) et comme le plus grand des Prophètes, mais un être purement humain, choisi par Dieu (Allâh) pour sa justice parfaite.
Ce groupe, après avoir eu connaissance du message trompeur propagé par Paul de Tarse (qui n’était pas un des apôtres directs de Jésus), s’opposait radicalement à Paul de Tarse, qui le considérait comme un apostat et un hérétique pour avoir dispensé les païens de la Loi de Moïse. Les Chrétiens de l’Église de Jérusalem pratiquaient obligatoirement la circoncision pour les garçons, suivaient les règles alimentaires strictes (Cashût/Halal) avec l’interdiction absolue de manger du porc ou des animaux non saignés. Ils s’abstenaient aussi de consommer du vin et de l’alcool (plusieurs sources décrivent Jacques le Juste comme ayant fait vœu de naziréat, refusant toute boisson fermentée).
Les rites de prière et d’ablutions était aussi similaire à ce que les Musulmans suivent aujourd’hui fidèle à la tradition abrahamique et christique.
La piété de ces premiers chrétiens était calquée sur le modèle sémitique et prophétique en pratiquant des ablutions rituelles majeures et mineures par immersion ou lavage à l’eau avant de prier. Leur prière, calquée sur les offices du Temple et de la tradition des prophètes bibliques, intégrait la prosternation face contre terre, un geste d’adoration universel que l’on retrouve également décrit dans les Évangiles lorsque Jésus prie au jardin de Gethsémané.
Après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C., cette Église originelle s’est dispersée vers la Syrie et la Transjordanie. Elle a progressivement été marginalisée, puis déclarée « hérétique » par l’Église romaine triomphante (le courant pagano-chrétien de Paul), qui a romanisé la foi chrétienne en y introduisant les concepts de nature divine de Jésus, la non-obligation de la circoncision, la permission de manger du porc, le rejet ou l’affaiblissement de la Loi divine, et pire même, s’opposer catégoriquement au premier commandement de la Bible et de Jésus : n’adorer que Dieu (le Père).
Pour les Ébionites (certains d’entre eux ont pu, après la propagation des hérésies pauliniennes, se radicaliser dans leurs oppositions), qui formaient un groupe chrétien de la première génération durant le premier siècle, Jésus n’était pas le Fils de Dieu préexistant. Il était un être humain, le fils biologique de Marie et de Joseph, considérant qu’il avait été choisi par Dieu pour être le Messie en raison de sa justice exemplaire et de son observance stricte de la Loi de Moïse. Ils enseignaient que Dieu l’avait « adopté » comme Fils lors de son baptême par Jean le Baptiste et maintenaient une fidélité stricte à la Loi mosaïque (circoncision, interdictions alimentaires, sabbat, etc.), affirmant que celle-ci demeurait pleinement obligatoire pour le salut. Conséquence logique de leur attachement à la Loi, ils rejetaient catégoriquement les épîtres de Paul de Tarse, qu’ils qualifiaient d’apostat de la Loi. Jacques le Juste, historiquement appelé le « frère de Jésus » (Ya’akov HaTzadik) n’affirmait pas non plus la divinité du Christ alors qu’il était à la tête de la Communauté des Nazoréens (ou Église de Jérusalem), qui est la matrice directe dont sont issus les Ébionites.
Après le départ de Jésus, Jacques est devenu le chef incontesté de la communauté des premiers disciples à Jérusalem, une autorité pourtant confirmée par l’apôtre Paul dans son Épître aux Galates (où il le qualifie de « colonne » de l’Église) et par l’historien juif Flavius Josèphe.
Sous sa direction, ce groupe initial (parfois appelé l’Église primitive) continuait de pratiquer une dévotion juive stricte : ils priaient au Temple, respectaient la Torah, pratiquaient la circoncision et se considéraient comme le « parti des pauvres » (Ebyonim).
Jacques a été martyrisé (précipité du haut du Temple puis lapidé) à Jérusalem en l’an 62 de notre ère.
Après sa mort et la destruction de Jérusalem par les Romains en l’an 70, la communauté s’est enfuie de l’autre côté du Jourdain (à Pella) et c’est à partir de cette rupture géopolitique et théologique que le mouvement originel s’est scindé.
Les Ébionites sont apparus dans ce sillage comme les héritiers radicaux de la théologie de Jacques, poussant poussé à l’extrême deux des positions qu’il défendait : l’attachement absolu à la Loi de Moïse et le rejet de l’ouverture païenne de Paul. Ils ont alors formalisé le reniement de la divinité de Jésus, affirmant qu’il n’était qu’un prophète humain ainsi que le Messie.
Un grand nombre d’historiens de l’Antiquité et des spécialistes du Christianisme primitif s’accorde pour affirmer que, pour Jacques, Jésus était le Messie de Dieu, mais il n’était pas Dieu. Dans la communauté judéo-chrétienne primitive de Jérusalem dirigée par Jacques, la vision de Jésus s’inscrivait strictement dans le cadre du monothéisme juif traditionnel du Ier siècle, qui considérait comme un blasphème ou une impossibilité absolue l’idée qu’un homme puisse être l’égal ou l’incarnation de Dieu le Père (YHWH).
Voici comment se structurait la théologie de Jacques et des siens à l’égard de Jésus :
- Un Messie selon les prophéties juives
Pour Jacques, Jésus était le Messie promis (Mashiach), c’est-à-dire l’Oint de Dieu, un être humain descendant de la lignée du roi David choisi pour accomplir la rédemption d’Israël. Après la crucifixion, Jacques et les premiers disciples ont affirmé que Dieu avait ressuscité Jésus et l’avait élevé à Sa droite au ciel (un statut d’exaltation divine), d’où il reviendrait pour instaurer le Royaume de Dieu.
- Le titre de « Fils de Dieu » au sens messianique
Si les premiers judéo-chrétiens appelaient parfois Jésus « Fils de Dieu », ce titre n’avait pas du tout le sens théologique qu’il a pris plus tard dans les conciles de l’Église (l’idée qu’il partage la même nature ou substance que Dieu). Dans le judaïsme du Second Temple, « Fils de Dieu » était un titre purement honorifique et politique appliqué au Roi d’Israël (comme dans les Psaumes : « Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui »). C’était un synonyme de Messie, désignant une relation d’adoption spirituelle privilégiée par Dieu, et non une identité divine intrinsèque.
- La divergence avec Paul de Tarse
C’est précisément sur la nature de Jésus et sur l’obligation de suivre la Loi de Moïse qu’est née la fracture au sein du Christianisme naissant. Alors que Jacques et l’Église de Jérusalem continuaient de prier au Temple en tant que Juifs stricts, l’apôtre Paul de Tarse a commencé à prêcher auprès des païens (les non-Juifs). Pour faciliter leur conversion, Paul a dispensé les nouveaux croyants de la Torah (circoncision, alimentation) et a commencé à développer une christologie païenne, préfigurant l’idée de la croyance en la divinité préexistante du Christ.
Jacques est resté fidèle au cadre juif : Jésus était le Serviteur juste et le Messie de Dieu. Ce sont les Ébionites qui, après le martyre de Jacques en 62 de notre ère, ont préservé et radicalisé cet héritage en refusant catégoriquement de suivre l’évolution théologique imposée par Paul, restant ainsi le dernier rempart historique de ce messianisme purement humain ».
L’Épître de Jacques ainsi que le témoignage historique de Flavius Josèphe, sont 2 sources majeures pour comprendre qui était le frère de Jésus et sa théologie.
- L’Épître de Jacques : Un texte sans divinisation de Jésus
L’Épître de Jacques, incluse dans le Nouveau Testament, est considérée par les historiens comme le texte le plus profondément « juif » et le moins théologique du canon chrétien. Si l’on cherche des traces d’une doctrine affirmant que Jésus est Dieu, le texte est frappant par son silence absolu.
- Le monothéisme juif strict (Le Shema) : Jacques réaffirme le cœur du judaïsme classique. Il écrit : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent » (Jacques 2, 19). Pour lui, Dieu est unique, sans partage ni trinité. Aussi, il y a une confusion chez les Chrétiens tardifs, et qui perdure jusqu’à nos jours. En français ou en anglais, le terme « Seigneur » ou « Lord » qui peut potentiellement se référer aussi bien à Dieu seul qu’aux humains que l’on admire ou qui exerce une influence importante dans les sociétés humaines (comme les rois, les prêtres, etc.). Or, dans les langues sémitiques, comme l’arabe par exemple, le terme « Sayyid » (Adôn en hébreu ancien, Mar, Rabbî ou Rabbûnî en araméen, Didaskalos en grec ancien) qui signifie maître, guide, seigneur, chef, etc. au sens humain se conformant à la Volonté divine et rapproché de Lui peut s’appliquer à Allâh comme aux Prophètes ou aux maitres spirituels par exemple, contrairement au terme « Rabb » (Adonaï en hébreu ancien, Mar-Ya en araméen ou ho Kyrios en grec ancien) qui signifie Seigneur au sens Divin qui ne s’applique qu’à Dieul seul, et jamais aux créatures, fussent-ils des Prophètes ou des Anges.
- La place de Jésus : Jésus n’est mentionné que 2 fois dans toute l’épître (Jacques 1,1 et 2, 1). Il est qualifié de « Serviteur de Dieu ». Il n’est jamais question de préexistence, d’incarnation divine ou de sacrifice rédempteur pour les péchés. Jésus est présenté comme le modèle du juste accompli et le Messie attendu.
- L’opposition frontale à Paul de Tarse : C’est le point central de l’épître. Alors que Paul enseigne dans ses lettres que l’homme est sauvé « par la foi seule, sans les œuvres de la Loi », Jacques consacre un chapitre entier à le contredire directement : « Il en est de même de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même » (Jacques 2, 17). Pour Jacques, la fidélité aux commandements de la Torah (les œuvres) reste indispensable au salut, du moins sur le plan théologique et exotérique, ce qui correspond exactement à la doctrine que défendront les Ébionites.
- Le témoignage de Flavius Josèphe : La mort de Jacques (62 de notre ère)
Le célèbre historien juif du Ier siècle, Flavius Josèphe, qui n’était pas chrétien, fournit dans son œuvre le témoignage historique profane le plus précieux et le plus ancien sur le martyre de Jacques à Jérusalem. Il confirme son statut exceptionnel au sein de la société juive de l’époque.
- Le récit historique : Profitant de la mort du procurateur romain Festus et avant l’arrivée de son successeur Albinus, le grand prêtre sadducéen Ananie (Anan ben Anan) convoque illégalement le Sanhédrin (le tribunal juif).
- La citation exacte de Flavius Josèphe dans Antiquités judaïques (Livre XX, §200 ; rédigé vers 93-94 de notre ère) : « Ananie pensa qu’il avait une occasion favorable […]. Il convoqua le Sanhédrin en jugement, y conduisit le frère de Jésus appelé le Christ — nommé Jacques — et quelques autres ; il les accusa d’avoir transgressé la Loi et les livra pour être lapidés ».
- L’indignation des Juifs pieux : Ce que raconte Josèphe juste après est capital. L’exécution de Jacques provoque la colère des habitants les plus pieux et les plus stricts observateurs de la Loi à Jérusalem. Ces derniers protestent secrètement auprès du nouveau gouverneur romain et du roi Agrippa II contre l’injustice d’Ananie, ce qui entraînera la destitution immédiate du grand prêtre.
L’histoire et les textes montrent que Jacques était une figure hautement respectée à Jérusalem pour sa piété orthodoxe. Son épître confirme qu’il n’enseignait pas la divinité de son frère, et Flavius Josèphe valide qu’il est mort en tant que croyant se conformant à la Loi, exécuté lors d’un complot politique par l’aristocratie du Temple. C’est cette mémoire d’un Messie humain et d’un respect absolu de la Loi que les Ébionites ont voulu sauvegarder après la destruction de Jérusalem.
C’est justement Paul, qui à leurs yeux, dans sa volonté d’égarer les disciples de Jésus, ou plutôt ceux qui viendront après, qui incarnait une forme de mentalité païenne de l’époque, afin qu’ils ne soient plus dépositaires de la vérité monothéiste et christique, en y introduisant de nombreuses notions païennes et des cultes idolâtriques. Paul n’était pas un apôtre puisqu’il n’était pas un Compagnon de Jésus et ne l’avait jamais rencontré de son vivant.
Enfin, les autres apôtres n’admettaient pas non plus la divinité du Christ, ce n’est qu’une interprétation tardive, et le Christ lui-même avait coupé court en dissipant les ambiguïtés – il faut adorer le Père/Eternel seul (Dieu/Allâh/Yahvé) et non pas le Fils (qui n’est ni le Tout-Miséricordieux ni l’Omniscient ni le Créateur, et donc pas Dieu). Les apôtres adoraient donc Dieu le Père tout comme les Musulmans le font aussi, à l’instar des premiers Chrétiens qui suivaient aussi l’exemple de Jacques le Juste.
Cette scission des premiers Chrétiens (les partisans de Jacques le Juste, désigné comme héritier légitime du Christ par les disciples de Jésus vs les partisans de Paul), ressemble quelque peu à la scission entre les Sunnites des premiers temps (qui restaient fidèles au Prophète Muhammad (ﷺ) et à son Message originel), et les Shiites dogmatiques qui sont tardifs (apparus après la mort de l’imâm ‘Alî) qui ont suivi des personnalités (y compris juives comme ‘Abdullâh Ibn Saba) pour codifier leur propre version de la Religion, tout en se réclamant faussement des Ahl ul Bayt (‘Alî et Fatima ainsi que leur pieuse descendance) tout en y introduisant des croyances étrangères et parfois même teintées d’idolâtrie subtile, alors que les Ahl ul Bayt eux-mêmes suivaient le Tawhîd, se conformaient à la Sunnah prophétique, et respectaient aussi bien les épouses du Prophète que ses proches Compagnons puis Califes bien-guidés (Abû Bakr, ‘Umar Ibn Al-Khattâb et ‘Uthmân). Certains Shiites tardifs ont même été encore plus loin, en divinisant ‘Alî tout comme l’ont fait les adeptes de Paul avec Jésus (Paix sur lui). Mais les 2 différences fondamentales entre la scission entre Chrétiens et la scission entre Musulmans résident dans le fait que la majorité des Chrétiens ont choisi Paul et son opposition aux enseignements fondamentaux du Christ, tandis que les Musulmans ont choisi en majorité de rester fidèle aux enseignements authentifiés et fondamentaux du Prophète (ﷺ), là où seulement la minorité (les Shiites et leurs différentes tendances) s’est éloignée de la Tradition prophétique, bien qu’ils en aient gardé plusieurs éléments théologiques, rituels et moraux malgré tout (comme les piliers de l’islam et de la foi, les grands préceptes moraux, l’interdiction des grands péchés), restant donc tout même moins déviants à l’égard à la Loi divine que le sont les Chrétiens qui ont suivi Paul (ou certaines lettres non-authentifiées qui lui ont été attribuées). Cependant, dans les corpus sunnites comme shiites, certains récits issus des Juifs, des Zoroastriens et des Chrétiens, faussement convertis à l’Islâm ou non, ont fini par être introduits en les imputant à tort (par tromperie ou par erreur) au Prophète Muhammad (ﷺ) ou à certains Compagnons. On peut citer les récits transmis par le Sahâbi ‘Abdullah ibn Salâm ou les tabi’ins Ka’b al-Ahbâr, Wahb Ibn Munabbih et d’autres du côté juif. Et pour les récits chrétiens, ceux transmis par l’ancien moine chrétien Tamîm al-Dârî (m. 40 H/661) converti à l’Islam vers l’an 9 H, et le savant musulman Ibn Jurayj (m. 150 H/767) qui rapportait aussi des récits juifs et chrétiens, qu’il distinguait des paroles prophétiques, mais ceux qui ont rapporté de lui n’ont pas toujours fait la distinction. L’imâm Ibn al-Mibrad rapportait dans Bahr al-Dam fî man takallama fîhi al-Imâm Ahmad bi-jalal aw ta’dîl cette parole de l’imâm Ahmad à son sujet : « Quand Ibn Jurayj dit : « Un tel a dit » (Qâla fulân) ou « On m’a rapporté » (Ukhbirtu), il apporte des récits rejetables (Manâkîr). Mais lorsqu’il dit : « Il m’a rapporté en direct » (Akhbaranî) ou « J’ai entendu » (Sami’tu), cela te suffit (pour les accepter) ». De même pour l’imâm Yahya Ibn Sa’îd al-Qattân comme le rapporte l’imâm Al-Mizzî dans Tahdhib al-Kamâl fi asmâ’ al-rijâl : « Ibn Jurayj était véridique (Sadûq). S’il dit « Il m’a narré » (Haddathanî), c’est une audition directe. S’il dit « Il m’a rapporté » (Akhbaranî), c’est une lecture. Mais s’il dit « Il a dit » (Qâla), c’est semblable au vent (c’est-à-dire que cela n’a aucune valeur) ».
Ce qu’il transmettait par témoignage ou audition de manière directe, cela était accepté, mais s’il y avait un intermédiaire ou une personne peu fiable qui lui avait transmis un récit, alors cela n’était pas accepté avant qu’il y ait des confirmations indépendantes par d’autres voies.
Il faut donc nuancer le rejet systémique de la part de certains orientalistes et réformistes, car ces figures n’étaient pas nécessairement des menteurs, mais ils pouvaient citer des récits issus des Gens du Livre, que des disciples ou rapporteurs ont cru à tort comme étant des paroles du Prophète Muhammad (ﷺ) ou de ses proches Sahâba, ce qui n’était pas le cas. C’est pour cela que le Qur’ân comme le Prophète (ﷺ) ont dit de ne pas rejeter ou accepter en soi tout ce que pouvaient dire les Gens du Livre, les philosophes ou les simples conteurs, mais de les rejeter seulement en cas d’erreurs manifestes (contradiction flagrante avec le Qur’ân, l’intellect, l’expérience, la sagesse universelle, l’observation, l’histoire, etc.), de les accepter s’ils étaient en phase avec ce qui était certain et confirmé (par le Qur’ân, l’histoire, la médecine, l’expérience – spirituelle, scientifique, psychologique ou autre -, l’intellect, etc.) et de suspendre son jugement en cas de doute (impossible à confirmer ou à réfuter de manière convaincante ou certaine). Ces récits douteux ou apocryphes, par ailleurs, se caractérisent par leurs chaines rares ou uniques (contrairement aux récits dont les chaines sont nombreuses et indépendantes les unes des autres), et par des énoncés souvent contradictoires avec le Qur’ân ou la sagesse universelle, notamment ce que l’Islam réfute catégoriquement comme l’anthropomorphisme, l’orgueil, l’injustice, le racisme, la misogynie, la cruauté, etc. Par principe donc, selon l’Islam, il faut soit les interpréter de façon métaphorique ou allégorique dont le sens peut se conformer aux enseignements islamiques, soit les rejeter si aucun sens possible (même après inteprétation et contextualisation) n’est acceptable du point de vue qurânique, prophétique, intellectuel, rationnel, moral, éthique, historique, scientifique ou spirituel.
Ensuite, parmi ce qui distingue aussi les textes fondamentaux chrétiens comme la Bible, avec ceux de l’Islam, c’est que le Qur’ân tout comme la Sunnah ont bien été préservés par voie orale comme écrite, et ce dès les premiers temps de l’Islam avec une traçabilité historique, là où les Chrétiens ont perdu une partie des paroles du Christ et n’ont plus accès à la totalité de l’Évangile de Jésus, sachant que la Bible actuelle n’est pas entièrement préservée et reste une reconstruction tardive (sans manuscrits existants des 50 premières années de la Mission christique). En Islam, les sources sont aussi mieus classifiées et plus claires, puisque le Qur’ân ne contient que la Parole divine, tandis que la Sunnah (parmi ce qui est authentifié, et donc conforme au Qur’ân et à la Sagesse universelle et à l’éthique selon le dire prophétique) relève des paroles et actes prophétiques, et ensuite il y a la parole des Sahâba et enfin l’interprétation des juristes et des théologiens, et c’est cette hiérarchie que le Qur’ân demande de respecter (faire primer la Révélation qurânique, ensuite la tradition prophétique conforme au Qur’ân, puis de se référer à l’intellect, à la sagesse universelle, aux savants et à ceux qui détiennent l’autorité) en cas de divergences ou de doutes. Or, dans la Bible, tout a été mélangé sans que cela ne soit bien indiqué ; on y trouve la Parole divine, la parole du Christ, celle de ses apôtres, mais aussi celle de certains scribes ou copistes, d’où les expressions étranges et remaniées, les contradictions numériques ou historiques, certains passages violents ne s’accordant pas avec la Justice divine et Sa Miséricorde, ou encore des actes indignes attribués à plusieurs grands Prophètes, etc.
L’Islam qui se définit comme le juste milieu et une voie universelle comporte encore tous les aspects de la Tradition sacrée, à savoir la Loi divine (Shar’iah), avec ses principes et ses finalités – à distinguer du fiqh/droit musulman qui lui est le fruit d’une succession d’interprétations humaines et culturelles aux diverses sensibilités et méthodes dont une partie n’a rien d’universel, d’utile, d’obligatoire ou de sacralisable -, une langue sacrée (l’arabe qurânique), une Voie spirituelle opérative (avec le Tasawwuf), un système politique cohérent qui peut prendre différentes formes temporelles (califat, sultanat, émirat, …), une Révélation totalement préservée dans ses Textes et ses modes de lecture (avec les principes et objectifs herméneutiques) au sein du Qur’ân, et des milliers de paroles prophétiques bien authentifiées et transmises (dont une centaine de prophéties qui ont toutes été accomplies, que ce soit sur les évènements historiques majeurs, la découverte du pétrole et des réserves d’or, la technologie moderne comme les voitures, trains, avions, smartphones, écouteurs, téléviseurs, satellites, etc., le dérèglement climatique, des phénomènes cosmiques, sur le devenir humain par la psychologie, la sociologie et la démographie, le capitalisme et le mondialisme, la violence aveugle qui touchera les jeunes, les grandes épreuves de la Ummah musulmane, etc.), en plus de nombreuses paroles sur la médecine prophétique (confirmée par la science moderne), l’éthique, la morale, la spiritualité, l’intellectualité, la psychologie, l’éducation, etc. L’Islam, sans être un plagiat ou une imitation artificielle du Message prophétique biblique, – de par les preuves du caractère prophétique de Sayyidûna Muhammad (ﷺ), de la structure unique du Qur’ân et de ses fondations solides et cohérentes ayant donné une toute nouvelle civilisation (là où les mouvements syncrétistes ne fondent rien d’original ou de solide sur le plan civilisationnel, et disparaissent très rapidement) ainsi que les prophéties bibliques (comme la Promesse divine concernant les descendants d’Ismâ’îl qui seront bénis et nombreux (1)) et christiques (la venue du Paraclet et de la synthèse et complétude du Message divin, car la communauté de Jésus ne pouvait pas encore tout supporter du Message divin (2)) sur l’annonce du Prophète Muhammad (ﷺ) -, est totalement conforme aux enseignements prophétiques des Prophètes précédents, tout en reconnaissant la double fonction christique et eschatologique du Messie (Jésus) lors de son retour sur Terre à la fin des temps. Quant au Prophète Muhammad (ﷺ), il jouit d’une double fonction, celle de la Prophétie légiférante (comme celle du Prophète Mûsâ/Moïse) et de la Sainteté universelle du Christ, car il était à la fois un maître spirituel – son héritage a fait émerger d’ailleurs des milliers de Saints – parmi les plus illustres de l’Humanité (3), un chef d’État et un Envoyé venu avec une Législation, devant guider toute une communauté sur les plans scientifiques, politiques, économiques, sociaux, juridiques, spirituels, éthiques et théologiques, là où la fonction du Christ était de guider essentiellement les brebis égarés du peuple israélite comme le dit la Bible, sur les plans théologiques, éthiques et spirituels, tout en se conformant à la Loi Mosaïque de l’époque. Le Prophète Muhammad (ﷺ) qui est le Sceau de la Prophétie -, agissait comme Jésus durant la période mecquoise (fonction uniquement spirituelle et morale), puis, tout en gardant l’esprit de la Sainteté comme idéal à atteindre, il devait aussi incarner la fonction politique, juridique et sociale en tant que Chef des armées et Chef politique à Médine, sous son propre État, fonction que n’avait pas occupé le Christ de son vivant.
C’est aussi pour ça que dans une prophétie authentifiée dans la Bible, Dieu fit la Promesse à Abraham (le Prophète Ibrâhîm) qu’Il bénira le moment venu la descendance de Sayyidûna Ismâ’il, à savoir les Arabes et non-Arabes qui suivront fidèlement Sayyidûna Muhammad, et en effet, Allâh leur donna le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle pendant plus de 1000 ans tout au long du Moyen-âge, là où au même moment historique, le monde chrétien comme la communauté juive, étaient dans une période de décadence, si ce n’ est ceux qui parmi les Chrétiens et les Juifs, vivaient dignement en Terres d’Islâm, profitant ainsi malgré tout des Bénédictions divines accordées à la civilisation musulmane, se trouvant donc dans une situation bien meilleure que les Chrétiens et Juifs sous l’empire byzantin comme l’attesteront d’éminentes figures juives et chrétiennes à l’instar du Patriarche de l’Église nestorienne (Église de l’Orient) Ichoyahb III de Adiabène (m. en 659), de l’Évêque copte (miaphysite) d’Égypte Jean de Nikiou (m. vers 700), du Patriarche de l’Église syriaque orthodoxe (jacobite) d’Antioche Michel le Syrien (m. 1199), du médecin, philosophe et Maphrien (haut dignitaire) de l’Église syriaque orthodoxe Bar Hebraeus aussi appelé Ibn al-Ibrî (m. 1286), de l’auteur juif de l’Apocalypse de Rabbi Shimon bar Yohaï du 8e siècle, de l’exégète et grand érudit juif Karaïte Salmon ben Jeroham (m. 960), de l’érudit et chroniqueur juif Ahimaaz ben Paltiel (m. 1060), du géographe, chroniqueur et commerçant juif Benjamin de Tudèle (m. 1173), de même que les textes de la Guénizah du Caire (entre le 10e et le 11e siècle) qui sont un vaste ensemble de correspondances et de lettres privées rédigées en judéo-arabe par les marchands et érudits juifs de l’espace méditerranéen décrivant les terres musulmanes comme un refuge stable, sûr et tolérant pour les Juifs (comme pour les Chrétiens d’ailleurs).
Plusieurs historiens non-musulmans qui se sont penchés sur l’Islam et le Christianisme primitif, sans parler de plagiat ou d’imitation fabriquée, ont noté les parallèles entre la vision religieuse de la communauté chrétienne de Jérusalem sous Jacques le Juste (le frère du Christ) et leur mode de vie, avec l’Islam du Prophète Muhammad (ﷺ), ce qui pourrait expliquer pourquoi autant de Chrétiens en Afrique du Nord, au Shâm, en Égypte et dans la péninsule Arabique se sont convertis massivement à l’Islam alors qu’ils n’y étaient nullement contraints, et ce qui permet de comprendre aussi pourquoi, même les Chrétiens qui gardaient leur religion au lieu d’embrasser l’Islam, louaient malgré tout les Musulmans face aux persécutions et violences du pouvoir byzantin qui opprimait toutes les autres églises jugées hérétiques (alors qu’elles étaient moins éloignées du Message du Christ que ne l’était l’église byzantine), au point d’imposer parfois une conversion forcée sur les autres courants chrétiens, là où les Musulmans les laissaient pratiquer leur culte en paix sans s’ingérer dans leurs affaires religieuses, sans les taxer lourdement et sans s’emparer de leurs biens ou de leurs églises. Les historiens Robert Hoyland dans Arabia and the Arabs: From the Bronze Age to the Coming of Islam (2001), Guy Stroumsa dans The Making of the Abrahamic Religions in Late Antiquity (2015), Holger Zellentin dans The Qur’an’s Legal Culture: The Didascalia Apostolorum and Biblical Law (2013), Shlomo Pines dans The Jewish Christians of the Early Centuries of Christianity According to a New Source (1966), François Déroche dans Le Coran, initiation à l’étude du livre sacré (2020) et d’autres, montrent en effet que des textes anciens préservés par le théologien ‘Abd al-Jabbâr indiquent qu’il existait une convergence organique entre les revendications des derniers judéo-chrétiens et la théologie islamique : refus de la Trinité, maintien de la Loi de Moïse (la Shari’ah de Jacques), rejet de Paul de Tarse, etc. l’Islam devenant alors une purification, une confirmation et une synthèse des vérités antérieures face aux déviations humaines qui se sont accumulées au fil du temps, l’Islam servant ainsi de conservatoire et de prolongement historique à cette vision monothéiste primitive qui avait été déclarée tardivement hérétique par l’Église romaine (qui était elle-même teintée de paganisme, et dont la conduite politique et morale était souvent aux antipodes des enseignements christiques). Certains ont également fait les parallèles rigoureux entre la Didascalie des apôtres (un texte chrétien primitif de tradition légaliste proche de Jacques) et les lois du Qur’ân, notant que le Qur’ân s’adressait dans l’immédiat à une audience qui pratiquait déjà ces rituels (ablutions, interdits alimentaires du porc et du sang, moralité stricte), qui rappelait alors la continuité et la confirmation des lois antérieures (qui étaient maintenues et toujours actuelles) préexistantes. L’Islam, pour plusieurs historiens et érudits, a constitué un mouvement de recalibrage et de synthèse universelle (d’où l’inanité et l’impossibilité des thèses qui évoquent de simples plagiats et bricolages superficiels, réactivant et purifiant des structures religieuses étouffées ou combattues par l’Empire byzantin — le monothéisme prophétique pur et la centralité de la Loi — qui étaient précisément celles du mouvement de Jacques, offrant ainsi une alternative puissante à la théologie païenne de Rome. En 1949, l’historien des religions Hans-Joachim Schoeps dans son ouvrage Theologie und Geschichte des Judenchristentums (Théologie et histoire du judéo-christianisme), expliquait que la théologie ébionite — qui considérait Jésus comme le Messie humain prophétisé par Moïse, rejetait la doctrine païenne de la Trinité, et exigeait la stricte application de la Loi — a trouvé dans la prédication du Prophète Muhammad au 7e siècle son héritier direct et universel, permettant à ces doctrines (un retour pur à la Tradition primordiale et à ce qu’enseignait le Christ) de se propager à l’échelle mondiale.
Une émission sur le sujet, diffusée en octobre 2026 développait aussi ces questions en citant d’autres sources, avec 2 spécialistes des religions comparées à savoir le Dr. Hamza Andreas Tzortzis et le chercheur Paul Williams (4).
https://www.youtube.com/watch?v=InZmz-MilFs
On voit donc que les premiers Musulmans et ceux qui les suivent encore en grand nombre aujourd’hui, étaient semblables aux premiers Chrétiens qui suivaient à la fois le Christ et son héritier spirituel Jacques le Juste dans leurs enseignements fondamentaux et originels.
Notes :
(1) Genèse 17/18-20 : « Abraham dit à Dieu : “Oh ! qu’Ismaël vive devant ta face !”
Dieu dit : “[…] À l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini ; il engendrera 12 princes, et je ferai de lui une grande nation” » ; l’Ange à Agar au désert (Genèse 16/10-11) : « L’ange de l’Éternel lui dit : “Je multiplierai tellement ta postérité, qu’on ne pourra la compter, tant elle sera nombreuse.” L’ange de l’Éternel lui dit : “Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël ; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction » ; Genèse 21/17-18 : « Dieu entendit la voix de l’enfant ; et l’ange de Dieu appela du ciel Agar, et lui dit : “Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant dans le lieu où il est. Lève-toi, prends l’enfant, saisis-le de ta main ; car je ferai de lui une grande nation” ». D’autres passages de la Torah le mentionnent aussi comme dans Deutéronome 18/18 : « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai », cela signifie qu’il s’agira d’un Prophète issue de la lignée ismaélite et non pas israélite, qui aura aussi une fonction similaire à celle de Mûsâ/Moïse, ce qui ne correspond pas au Christ. Dans ses dernières bénédictions, Moïse/Mûsâ décrit la manifestation de la Lumière divine à travers la géographie prophétique dans le Deutéronome 33/2 : « L’Éternel est venu de Sinaï, Il s’est levé pour eux de Séir, Il a resplendi de la montagne de Paran, et il est sorti du milieu des saintes myriades : Il leur a apporté de sa main droite le feu de la loi ». Les géographes et historiens qui ont tenté d’identifier la localisation de ces 3 régions les ont associé aux 3 grandes révélations abrahamiques : le Sinaï fait référence à Mûsâ/Moïse, Séir (la région de Judée) fait référence à Jésus, et la montagne de Paran (Faran) désigne le désert de la Mecque, lieu de résidence historique d’Ismaël selon la Genèse (21, 21). Les « saintes myriades » (les 10 000 saints) évoquent aussi le nombre exact de Compagnons (10 000 hommes) qui accompagnaient le Prophète Muhammad (ﷺ) lors de la conquête pacifique de la Mecque et qui marquera le début de la propagation fulgurante de l’Islam dans le monde hors de la péninsule arabique. La vision du cavalier sur un chameau dans Isaïe 21/7 où le prophète Isaïe annonce des visions concernant les chutes des empires oppresseurs de Babylone : « Elle vit de la cavalerie, des cavaliers deux à deux, des cavaliers sur des ânes, des cavaliers sur des chameaux ; et elle était attentive, très attentive ». La tradition identifie les deux grandes figures prophétiques libératrices de l’Orient post-exilique : le cavalier sur l’âne représente de manière universelle Jésus (faisant son entrée à Jérusalem sur un ânon), tandis que le cavalier sur le chameau représente Muhammad, la monture par excellence des prophètes d’Arabie.
Le Serviteur loué dans les îles dans Isaïe 42/1-12, chapitre décrivant l’avènement d’un serviteur de Dieu universel qui apportera la justice aux nations : « Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. […] Que le désert et ses villes élèvent la voix ! Que les villages habités par Kédar chantent ! Que les habitants des rochers tressaillent de joie ! ». Ce serviteur est décrit comme un législateur victorieux issu des contrées arides, et le texte mentionne explicitement les descendants de Kédar (le deuxième fils d’Ismaël), ancêtre direct des Arabes de la Mecque et de la tribu des Quraysh, dont est issu le Prophète Muhammad (ﷺ).
(2) Jean 16, 7-14 : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement (…). J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera ». Ce passage ne peut logiquement pas se référer à l’Esprit Saint entendu dans la théologie chrétienne tardive, car la description concerne ici un autre Paraclet/Consolateur (donc il y en a eu plusieurs), qui sera un homme incarné, mais bien inspiré et guidé par la Révélation divine (Wahî) – par l’intermédiaire de l’Ange Jibrîl/Gabriel – et l’inspiration divine (ilhâm) qui peut être entendu comme un esprit saint et purifié. Le Prophète Muhammad (ﷺ) correspond parfaitement à cette description ; il répète et transmet ce que Lui a révélé Dieu par l’Ange Jibrîl, il reconnaitra la gloire et la fonction du Christ (en la personne de Jésus), il annoncera tous les troubles liés à la fin des temps, insistera sur le Tawhid (Unité divine pure) et la Justice, et avertira l’Humanité contre les péchés, tout en rappelant les enseignements du Christ et sans s’accaparer son titre spécifique de Messie et de Christ.
(3) A titre d’exemples mentionnons, en plus de l’élite des Sahâba et des Ahl ul Bayt de l’entourage prophétique, ceux qui sont venus après eux comme ‘Alî Zayn ul ‘Abidîn, Uways al-Qarnî, Muhammad Ibn Sirîn, Abû Hanifa, ‘Abdullâh Ibn Al-Mubarâk, Sufyân At-Thawrî, Hassân al-Basrî, ‘Abdullâh Sahl al-Tustarî, Al-Junayd, Al-Hakîm At-Tirmidhî, Abû Bakr As-Shiblî, Dhûl- Nûn al-Misrî, Dawûd Al-Tâ’î, Rabi’a al-Adawiyyâ, Abû Yâzid al-Bistâmî, Fudayl Ibn ‘Iyyâd, Ibrâhîm Ibn Adhâm et d’autres parmi les Salafs, puis leurs successeurs comme As-Sulâmî, Al-Qushayrî, Abû Al-Hassân Al-Kharaqânî, Al-Hujwirî, Abû Hâmid Al-Ghazâlî et son frère Ahmad, ‘Abd al-Qâdîr Al-Jilânî, Ahmad Ar-Rifâ’î, Ibn ‘Arabî, Jalâl ud-Dîn Rûmî, Shams at-Tabrizî, Farid ud-Dîn Attâr, Hafez, Shirazi, Sanâ’î, Sâdi, Nizâmî, Najm ud-Dîn Kubrâ, Sadr ud-Dîn Al-Qunâwî, Al-Qashânî, Ahmad Ibn Atâ’Llâh as-Sakandarî, Zakariyya Al-Ansârî, Jâmi’, Ismâ’îl Haqqî Bursevi, Ahmad Ibn ‘Ajiba, l’émir ‘Abd al-Qâdir, le Shaykh Ahmad Al-‘Alawî, Shaykh Belkacem Belkhiri de Tunisie, Shaykh Abû al Asfâr d’Afghanistan, Shaykh Rajâb Dîb du Shâm, et tous les autres aussi du Yémen, d’Irak, du Sénégal, du Mali, du Maroc, d’Algérie, d’Indonésie, de Turquie, du Pakistan, d’Iran, etc.
(4) « The Discovery That Could Rewrite Christian History (ft. Paul Williams) », Blogging Theology et Dr. Hamza Andreas Tzortzis, 19 octobre 2026 :
https://www.youtube.com/watch?v=InZmz-MilFs
