Quand une femme du nom de Umm Ma’bad décrivait le portrait physique et spirituel du Prophète (ﷺ)

Une anecdote historique merveilleuse au sujet du Prophète Muhammad (ﷺ) relatée par Umm Ma’bad (`Âtikah bint Khâlid), une femme bédouine qui se convertira à l’Islam après l’avoir rencontrée en compagnie d’Abû Bakr dans le désert lors de leur émigration (Hégire) de La Mecque vers Médine en 622. C’était une période difficile de sécheresse, et cette femme n’avait qu’une brebis maigre qui ne produisait presque plus de lait. Le Prophète (ﷺ) demanda s’il pouvait la traire afin d’en récolter le lait malgré tout, et elle accepta. Il prononça alors le Nom d’Allâh, et par Sa Grâce, la brebis se porta mieux et il put bénéficier d’une quantité suffisante pour nourrir la femme bédouine, les autres personnes qui l’accompagnaient et lui-même en dernier lieu. Après les remerciements, ils échangèrent quelques paroles avant de reprendre leur route. Après leur départ, la femme bédouine raconta à son mari (qui était absent lors du passage du Prophète) ce qu’elle avait vu et vécu, et après lui avoir expliqué le miracle concernant leur brebis auquel elle avait assisté, elle lui dit :
« J’ai vu un homme d’une clarté éclatante, au visage lumineux et aux manières nobles. Sa stature n’était gâchée par aucune corpulence, et son cou n’était pas trop fin.
Il est d’une beauté remarquable et d’une proportion parfaite. Ses yeux sont grands et d’un noir intense, ses cils sont longs, et sa voix est naturellement mélodieuse. Son cou est long, sa barbe est dense et noire. Ses sourcils sont arqués, fins et joints de manière subtile.
Lorsqu’il se tait, il est enveloppé de majesté et de dignité. Lorsqu’il parle, il est entouré de splendeur et d’éloquence. Ses paroles sont douces, claires et précises, comme des perles qui se détachent d’un collier ; son discours n’est ni trop court ni superflu.
De loin, c’est l’homme le plus beau et le plus majestueux ; de près, c’est le plus doux et le plus agréable. Il est d’une stature moyenne, ni trop grand pour paraître disproportionné, ni trop court pour être méprisé. Il est comme une branche fraîchement coupée entre deux autres branches (Abû Bakr et leur guide) : il est le plus éclatant des trois et le mieux proportionné.
Il a des compagnons qui l’entourent avec un profond respect. S’il parle, ils écoutent attentivement ses paroles ; s’il ordonne, ils s’empressent d’exécuter ses ordres. Il est servi et honoré, il ne fronce pas les sourcils et ne rabaisse personne »
.
Après avoir écouté son épouse relater ce qu’elle avait vu, son mari Abû Ma’bad lui répondit : « Par Allâh ! C’est assurément l’homme de Quraysh (considéré comme Prophète et comme Sage) dont on nous a parlé au sujet de son affaire à La Mecque ! J’ai la ferme intention de l’accompagner, et je le ferai certainement si j’en trouve le moyen ». Ils embrasseront alors l’Islam.

Cette anecdote historique a été rapportée par de multiples voies concordantes qui en font un récit certain et mutawatir (notoire, établi, confirmé) dans le sens en raison des nombreuses chaines indépendantes qui se renforcent mutuellement, cf. Ibn Sa’d dans Tabâqât al-Kubrâ 1/230-232, Al-Bayhaqî dans Dala’il al-Nubuwwah 2/490-494, Ahmad dans son Kitâb Az-Zûhd n°174, Al-Hakim dans Al-Mustadrak n°4224 – sahîh et validé aussi par Ad-Dhahâbî -, At-Tabarânî dans Al-Mu’jam al-Kabîr n°3605 – hassân selon une chaine et sahîh selon une autre d’après Al-Haythami dans Majmâ’ az-Zawâ’îd, Al-Baghawî dans Sharh as-Sunnah 13/264 n°3676,  Ibn Kathîr dans Al-Bidâya wa an-Nihâya 3/190, Ibn Hishâm et Ibn Ishâq dans leur Sîrah an-Nabawiyya et d’autres.

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